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[Élections Québec 2022] Le travail à l’élection comme vecteur d’intégration

Des citoyens issus de la diversité ont postulé pour travailler lors du scrutin de ce lundi.

Un homme assis à côté d'une urne électorale.

Karim Hamoumi, assistant au recrutement à Élections Québec à Montréal.

Photo : Radio Canada International / Samir Bendjafer

Samir Bendjafer

Élections Québec était à la recherche de 50 000 personnes pour combler ses besoins en personnel électoral pour ce lundi, jour d’élection générale au Québec.

Depuis plusieurs semaines, des publicités sont apparues sur les réseaux sociaux, invitant les citoyens à donner un coup de main à la démocratie provinciale.

Cette campagne était encore visible il y a quelques jours.

Nous cherchons à combler environ 540 postes dans notre circonscription pour cette élection, avait lancé, en entrevue avec il y a deux semaines à Radio Canada International (RCI), Karim Hamoumi, assistant au recrutement du personnel électoral dans la circonscription montréalaise de Jeanne-Mance-Viger.

Pas moins de 42,9 % des ménages de cette dernière font partie d'une minorité visible (43,3 % sont arabes, 25,9 % noirs et 14,7 % latino-américains).

Rencontré dans les bureaux de la directrice ce scrutin de cette circonscription, ce citoyen canadien d’origine algérienne arrivé au Canada il y a six ans détaille les besoins : Nous avons besoin beaucoup plus de scrutateurs et de secrétaires que de Préposé à l'information et au maintien de l'ordre ou de membres à la table de vérification.

Des postes pour encadrer l'élection :

  • Membre de la table de vérification de l’identité des électeurs

Les membres de cette table vérifient l’identité des électrices et des électeurs qui n’ont pas en leur possession les pièces d’identité nécessaires pour établir leur identité.

  • Préposée ou préposé à l’information et au maintien de l’ordre (PRIMO)

Les Préposés à l'information et au maintien de l'ordre supervisent les opérations dans les lieux de vote, accueillent les électrices et les électeurs, les dirigent vers leur bureau de vote et veillent au bon déroulement des jours de vote.

  • Scrutatrice ou scrutateur

La scrutatrice ou le scrutateur dirige les activités du bureau de vote. Il veille à son aménagement et au bon déroulement du vote. Il s’adresse à l’électrice ou à l’électeur et lui remet son bulletin de vote. Il procède au dépouillement des votes et transmet les résultats.

  • Secrétaire

La ou le secrétaire du bureau de vote indique, sur la liste électorale, qu’une électrice ou un électeur a voté. Il assiste aussi la scrutatrice ou le scrutateur et il remplit le registre du scrutin lorsque des situations particulières se présentent.

(Source : Élections Québec)

Deux femmes assises à un bureau sur lequel est déposée une urne électorale.

Un bureau de vote dirigé par une scrutatrice assistée d'une secrétaire

Photo : Gracieuseté : Élections Québec

Ce personnel est recruté pour travailler dans 16 979 bureaux de vote répartis à travers 4169 lieux de vote, explique dans un courriel, Julie St-Arnaud Drolet, une porte-parole d’Élections Québec.

Les partis politiques représentés à l’Assemblée nationale du Québec ont le droit de recommander des personnes qui travailleront aux élections. Ils avaient jusqu’au 7 septembre pour faire leurs propositions.

À titre d’exemple, dans cette circonscription, comme le Parti libéral du Québec (PLQ) était arrivé en tête lors de l’élection de 2018, il a le choix de proposer des personnes pour travailler en tant que scrutateurs.

Le parti arrivé en deuxième position, la Coalition avenir Québec (CAQ), peut recommander des employés pour les postes de secrétaires.

Après avoir placé ces personnes, Élections Québec comble les postes restants en recourant au candidatures qu’elle reçoit par internet, au téléphone ou par personne.

90 % des candidatures pour travailler aux élections passent par Internet.
Une citation de Karim Hamoumi, assistant au recrutement à Élections Québec

Les jeunes

Cette année, Élections Québec a donné l'opportunité aux jeunes de 16 et 17 ans de travailler aux élections. C’est une nouveauté qui donne aux jeunes l’occasion de s’impliquer dans le processus électoral.

Pour Élections Québec, il s’agit d’une belle occasion de se familiariser de près avec le processus électoral avant d’obtenir son droit de vote. D’ailleurs, le jour des élections, plusieurs étudiants du Québec auront congé de cours en vertu de la Loi électorale.

Les aînés ainsi que les personnes à mobilité réduites sont aussi sollicités.

Expliquant le processus de recrutement, Karim Hamoumi, affirme qu'il cherche un profil particulier pour chaque poste.

Par exemple pour le poste de Préposé à l'information et au maintien de l'ordre, il cherche une personne qui a de l’expérience en élection. Pour d’autres postes, comme les membres de la table de vérification de l’identité des électeurs, les personnes sans expérience, comme les jeunes, sont acceptées.

Les demandes viennent de toutes les communautés composant la diversité de la circonscription ce qui fait aussi d’Élections Québec un vecteur d’intégration pour les immigrants dans la société québécoise.

Pour pouvoir travailler aux élections, il faut, entre autres, avoir 16 ans et plus, avoir la citoyenneté canadienne et avoir son domicile au Québec depuis au moins six mois.

[Dans le processus de recrutement], trois qualités sont importantes. Il s’agit de l’endurance car la journée du vote peut être très longue, la motivation et la neutralité.
Une citation de Karim Hamoumi, assistant au recrutement à Élections Québec

Ce dernier a déjà travaillé pour les élections fédérales et municipales. Il a aussi une expérience dans le travail électoral en Algérie.

À propos de la différence entre son expérience en Algérie avec celle au Québec, il explique qu’en Algérie, c’est proche du modèle français. Chaque candidat a son propre bulletin. L’électeur doit mettre le bulletin choisi dans une enveloppe.

[En Algérie], on pourrait éliminer la phase de mise dans l’enveloppe pour gagner du temps, propose Karim Hamoumi.

Une urne électorale sur un bureau avec des chaises vides.

Une salle de formation pour le personnel électoral chez Élections Québec à Montréal.

Photo : Radio Canada International / Samir Bendjafer

Une autre différence : au Québec, il faut cocher la case du candidat dans un bulletin qui contient les noms de tous les candidats et chaque bulletin a un numéro de série.

Ceci évite d’avoir sur le bureau de vote des différences dans le nombre de bulletins entre candidats ainsi qu’un suivi plus rigoureux lors du dépouillement.

[Au-delà de cet aspect technique] en Algérie, le jour du vote, il y a une tension dans les bureaux de vote qu’on ne voit pas ici au Québec. Certains continuent la campagne électorale dans les centres de vote. Et on devait intervenir pour mettre de l’ordre.

[Au Québec] on demande aussi au personnel électoral d’être neutre, y compris au niveau vestimentaire. Au Québec, chaque parti politique a une couleur propre à lui, explique Karim Hamoumi.

Les gens respectent généralement ces consigne. C’est plus facile de travailler aux élections au Québec.

Formation

Les personnes retenues suivent une formation en ligne dans le cas des scrutateurs, par exemple, ou en présentiel pour le PRIMO.

Si une personne a des problèmes d’accès à Internet, elle peut suivre la formation dans les locaux du directeur ou de la directrice du scrutin de la circonscription.

Cette formation est suivie d’un test qui détermine si la personne a bien acquis les informations nécessaire pour assurer le bon déroulement du vote.

La formation est rémunérée. Le salaire pour les différents postes varie de 15,68 $ à 21,19 $ l’heure.

Note : ce reportage est également disponible en arabe

Samir Bendjafer

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