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La violence sexuelle, un « problème systémique » dans le hockey canadien, selon la ministre

Une femme parle.

Pascale St-Onge

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

RCI

La violence sexuelle et la masculinité toxique représentent des problèmes systémiques au sein du hockey canadien et Hockey Canada a échoué à y remédier, selon la ministre des Sports Pascale St-Onge.

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Les journalistes de CBC ont identifié au moins 15 dossiers d’agressions sexuelles présumées commises en groupe depuis 1989 au Canada et impliquant des joueurs de hockey junior. Ces cas ont été rapportés aux policiers et la moitié sont survenus au cours des 10 dernières années.

Au moins 50 joueurs ont été visés par des allégations et la moitié ont fait face à des accusations. Un seul a été condamné, mais à une infraction moins lourde, selon Fifth Estate.

Nous parlons ici de problèmes systémiques, a déclaré la ministre à CBC News jeudi.

Les histoires que nous lisons sont profondément dérangeantes et écœurantes.

Nous avons déjà entendu ces histoires. Ce n’est pas la première fois que nous parlons d’une culture toxique au hockey. Mais rien n’a été fait, ou rien de convaincant n’a été fait au cours des 10 dernières années. C’est un héritage terrible que nous voulons changer.
Une citation de Pascale St-Onge, ministre des Sports

Pascale St-Onge critique à nouveau Hockey Canada, soulignant que la fédération n’a pas le luxe d’attendre encore longtemps avant de faire des changements importants. Elle ajoute que la culture toxique dans le sport a été normalisée trop longtemps.

Beaucoup de joueurs sont devenus des adultes qui n’ont jamais été tenus responsables des gestes qu’ils ont commis, souligne la ministre. Mais il y a aussi tous ces gens en position d’autorité qui ont échoué toutes ces années.

Jusqu’à maintenant, ils n’en ont pas fait assez, c’est certain.

Plusieurs réclament un changement à la tête de Hockey Canada, dont la ministre St-Onge. La fédération est sur la sellette depuis mai dernier alors qu’elle a réglé une poursuite à l’amiable à propos d’une présumée agression sexuelle survenue en 2018 et impliquant huit joueurs qui étaient alors membres de l’équipe nationale junior.

Un homme est assis et retire ses lunettes.

Le président de Hockey Canada, Scott Smith

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

De nombreux parents de jeunes joueurs au pays ont été indignés d’apprendre qu’une partie des frais d’inscription était utilisée par Hockey Canada pour un fonds destiné à régler ce genre de dossier.

Pascale St-Onge a suspendu le financement de Hockey Canada en juin. Il s’agissait de la plus grande sanction à sa disposition. Des commanditaires ont aussi remis en question leur financement à Hockey Canada.

L’organisation devra se plier à plusieurs conditions pour revoir l’argent du fédéral. La ministre ne ferme pas la porte à l'idée d'imposer de nouvelles conditions lorsque l’audit financier et les autres enquêtes seront terminés.

Je me donne la flexibilité de décider quand le fédéral redonnera de l’argent [à Hockey Canada].

La fédération fait face à de nombreux problèmes, analyse Pascale St-Onge, alors que certains parents hésitent à inscrire à nouveau leurs enfants au hockey et que les associations provinciales menacent de ne pas payer leurs cotisations.

Ça peut prendre deux, trois, quatre ou cinq ans pour changer une culture, dit la ministre. Il doit y avoir un changement à 180 degrés et ça doit arriver maintenant.

La réaction de Hockey Canada

Dans un communiqué, Hockey Canada affirme qu'un changement de culture ne peut pas se produire en une nuit et qu’elle prend des actions immédiates pour éliminer les gestes inappropriés.

L’organisation ajoute qu'elle a fait du progrès concernant son plan (nouvelle fenêtre) qui vise à mettre fin à la culture toxique avec la création d’un mécanisme indépendant pour recevoir les plaintes, le déploiement des formations obligatoires pour les équipes nationales et la mise à jour de ses politiques et règlements.

Nous nous engageons à faire les changements nécessaires pour améliorer la culture du jeu au Canada en devenant un leader en matière de sport sécuritaire, a déclaré Hockey Canada dans son communiqué transmis à CBC jeudi.

La fédération encourage tous ceux qui auraient été victimes de mauvais traitements, de violences sexuelles ou de tout autre type d’abus à dénoncer la situation.

Hockey Canada souhaite aussi rappeler qu’elle a nommé un ancien juge de la Cour suprême pour mener une enquête externe sur sa gouvernance.

De retour à la Chambre des communes

La seule personne dans un poste de direction à avoir démissionné depuis le début de la controverse, Michael Brind’Amour, témoignera devant le comité du Patrimoine de la Chambre des communes le 4 octobre prochain.

Brind’Amour était le président du conseil d’administration de Hockey Canada, avant de démissionner en août dernier (nouvelle fenêtre) en affirmant qu'il n’est pas nécessaire d’attendre pour une nouvelle ère.

Sa remplaçante, Andrea Skinner, devra elle aussi témoigner le 4 octobre. Elle a été élue une première fois au conseil d’administration en novembre 2020. Elle était membre du comité de gestion des risques et présidente du comité des ressources humaines.

D'après un texte de CBC News

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