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Des centaines de personnes marchent pour changer le nom de Sir-John-A.-Macdonald à Ottawa

Près de 200 personnes marchent sur la promenade à Ottawa.

Un peu avant 9 h, déjà près de 200 personnes étaient présentes, majoritairement habillées en orange.

Photo : Radio-Canada / Stéphane Leclerc

RCI

Des centaines de personnes ont participé à une marche vendredi matin, à Ottawa, organisée dans le cadre de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. Les participants réclamaient le changement de nom de la promenade Sir-John-A.-Macdonald.

C’est dans une ambiance de recueillement qu'un grand nombre de personnes, qui avaient revêtu un chandail orange, ont participé à la marche pour promouvoir la campagne Reconnaître la vérité.

Elles ont répondu à l’invitation lancée par Albert Dumont, le conseiller spirituel de la nation algonquine.

Cette marche, qui s'est déroulée sur la promenade Sir-John-A.-Macdonald, est une initiative de celui qui est aussi artiste et militant.

Albert Dumont a invité les membres du public à marcher avec lui avec optimisme et confiance en se disant que la Commission de la capitale nationale [CCN]] changera le nom de la promenade Sir-John-A.-Macdonald pour celui de promenade Kichi Zibi. Kichi Zibi est le premier nom de la rivière des Outaouais.

Des gens marchent sur la promenade Sir-John-A.-Macdonald.

La promenade est gérée par la CCN, une société d'État qui gère de nombreuses routes, chemins, parcs et autres espaces à Ottawa et à Gatineau.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Aujourd'hui, c’est la promenade "Chaque enfant compte"

Mégaphone à la main, Albert Dumont a guidé les marcheurs sur la promenade Sir-John-A.-Macdonald, dont le nom avait été caché pour l’occasion.

Les participants avaient recouvert d’une couverture orange le panneau de signalisation qui affiche le nom de l’ancien premier ministre canadien.

Des membres du public écoutent un discours devant une affiche orange sur laquelle il est écrit « chaque enfant compte ».

Une marche à l'occasion de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation s'est déroulée sur la promenade Sir-John-A.-Macdonald, afin de réclamer le changement de nom de cette artère d'Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Nous sommes ici à cause de John A. Macdonald, a rappelé à la foule le conseiller spirituel.

Albert Dumont a ajouté : Aujourd'hui, c’est la promenade "Chaque enfant compte".

John A. Macdonald a commis un génocide. Il a voulu effacer des gens de cette terre. Vous n’avez qu’à penser aux milliers d’enfants morts dans les écoles. Le premier ministre le savait.
Une citation de Albert Dumont, le conseiller spirituel de la nation algonquine

Le résident de la communauté de Kitigan Zibi a insisté dans son discours : Juste parce que c’est dans le passé, ne signifie pas que nous devons oublier. Et ce n’est pas parce que c’est du passé que tout est réglé.

Il a tenu à souligner que les derniers pensionnats pour Autochtones ont fermé leurs portes en 1996, ce qui est récent dans l'histoire.

Une femme parle au micro. Des centaines de personnes l'écoutent.

Les gens présents ont pu assister à quelques prises de parole.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Pressions pour renommer la promenade Sir-John-A.-Macdonald

Les marcheurs étaient invités à signer des cartes postales, qui seront envoyées à la Commission de la capitale nationale pour faire pression en faveur d’un changement de nom.

Une carte postale sur laquelle il est écrit « Chaque enfant compte ».

Le public d'une marche était invité à signer une carte postale destinée à la CCN, afin de réclamer le changement de nom de la promenade Sir-John-A.-Macdonald à Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

C’est aussi l’objectif d’Hélène Simon, membre du comité organisateur de l’événement, bénévole et avocate en droit des réfugiés et immigration dans une clinique communautaire. Cette marche, dit-elle, vise à commémorer les survivants des pensionnats [pour] Autochtones et les enfants qui n’ont pas survécu. On veut aussi faire pression sur la Commission de la capitale nationale pour changer le nom de la promenade, pour qu’on ne voie plus le nom de Sir-John-A.-Macdonald.

Ceux qui ont été affectés d’une manière ou d’une autre par les pensionnats pour Autochtones, quand ils voient le nom sur cette promenade, ils sont blessés encore une fois, parce ce que ça perpétue les impacts négatifs.
Une citation de Hélène Simon, membre du comité organisateur

La marche a attiré des Autochtones, mais aussi des allochtones. Magdelene Carson est une non-Autochtone. Pancarte à la main pour réclamer que soit renommée la promenade Sir-John-A.-Macdonald, elle déclare : Je me sens proche. [Les pensionnats pour Autochtones] ça fait partie de mon histoire. Ça doit être corrigé.

Même discours chez Mariann Dennis, une autre marcheuse. Elle trouvait important de participer à l’événement avec ses enfants, parce que tous doivent apprendre notre histoire et mieux faire la réconciliation.

Des conseillers municipaux et des citoyens d’Ottawa ont réclamé il y a un an le changement de nom (nouvelle fenêtre) de cette artère de la ville, mais il demeure inchangé.

Avec les informations de Christian Milette et d'Emmanuelle Poisson

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