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[Élections Québec 2022] « Je veux vivre dans un Québec représentatif de qui nous sommes »

À 19 ans, Lina Yunes défendra les couleurs du Parti libéral du Québec (PLQ) dans la circonscription de Chambly aux élections du 3 octobre prochain.

Une jeune femme devant une pancarte électorale.

À 19 ans, Lina Yunes est candidate du Parti libéral du Québec dans la circonscription de Chambly aux élections provinciales du 3 octobre prochain.

Photo : Radio Canada International / Samir Bendjafer

Samir Bendjafer

« Naturellement, c’est [la cheffe libérale] Dominique Anglade qui a remporté le débat [du jeudi 22 septembre dernier] », répond Lina Yunes quand Radio Canada International (RCI) lui demande son avis sur le débat entre les chefs des principaux partis politiques au Québec, qui a eu lieu en pleine campagne électorale.

Il n’y a pas d’autre réponse. Elle [Dominique Anglade] a eu la chance de se démarquer […]. Elle s’est adressée à tous les Québécois, comme une première ministre. Les autres chefs semblaient parler à leurs militants, explique la jeune candidate de 19 ans qui représentera le Parti libéral du Québec (PLQ) dans la circonscription de Chambly.

Oui, je suis née au Québec [de parents palestiniens] et je veux aussi grandir au Québec. Et si je veux avoir un Québec à notre image, il faut commencer à s’impliquer en étant jeune. Je veux vivre dans un Québec qui est représentatif de qui nous sommes, affirme l’étudiante en sciences humaines au cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu [un établissement d'enseignement postsecondaire, NDLR] en entrevue avec Radio Canada International

Elle a passé la majeure partie de sa jeune vie sur la Rive-Sud de Montréal. Elle vit actuellement à Saint-Jean-sur-Richelieu, dans la circonscription de Chambly, qu’elle veut ravir au député sortant de la Coalition avenir Québec (CAQ) et ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

Elle affirme toutefois ne pas se sentir intimidée par ce dernier.

Je ne me fais pas impressionner [par le ministre]. Je me présente parce qu’il y a deux ans, j’étais dans son système d’éducation dont je connais la réalité. Et j’ai eu dans mon école secondaire des problèmes de ventilation (nouvelle fenêtre).
Une citation de Lina Yunes, candidate dans la circonscription de Chambly

Elle soutient être la meilleure candidate pour Chambly car les autres candidats n’ont pas nécessairement vécu dans le système du gouvernement Legault en matière d’éducation.

Deux pancartes électorales accrochées à un lampadaire.

Lina Yunes, candidate du PLQ dans Chambly, fera face, entre autres au député caquiste sortant et ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

Photo : Radio Canada International / Samir Bendjafer

Lors des dernières élections provinciales québécoises en 2018, Jean-François Roberge a remporté son siège à l’Assemblée nationale du Québec par 50,26 % des votes exprimés avec une majorité de 12 376 voix.

Le Parti libéral du Québec était arrivé en quatrième position avec 12,20 % de votes exprimés.

La plateforme de projections électorales Québec125 prévoit avec une forte probabilité la réélection du député sortant.

Il ne faut rien tenir pour acquis [pour le député sortant]. Les sondages ne sont pas représentatifs du jour du vote. Je mène ma campagne électorale, que ce soit sur les réseaux sociaux ou sur le terrain. Je parle avec les citoyens et j’assiste à tous les événements auxquels je peux participer, soutient Lina Yunes, qui s’organise pour concilier les études et la campagne électorale.

Son intérêt pour la politique active s’est matérialisé lors des dernières élections fédérales, en septembre 2021.

Elle avait organisé une série d’entrevues filmées pour les candidats dans sa circonscription à cette élection. Le cégep n’avait rien prévu. Je trouvais qu’il était important de le faire, parce que nous savons que les jeunes ne votent pas. Je me suis dit que peut-être en permettant à chaque candidat de s’exprimer et de publier ces entrevues sur les réseaux sociaux du cégep, ça pourrait ramener les étudiants vers la politique , ajoute la journaliste en herbe.

Elle a proposé l’idée à un de ses enseignants de science politique, qui lui a prodigué aide et conseils pour mener à bien son projet.

La jeune femme ne s’est pas arrêtée là. Sa série d’entretiens s’est transformée en un projet beaucoup plus large destiné aux étudiants-artistes du cégeps. Elle a réalisé des entretiens avec ces derniers pour les faire connaître.

Beaucoup de ces jeunes étudiants sont musiciens ou chanteurs et veulent réussir dans ce domaine, mais n’ont pas la chance de se mettre en valeur.

Le vote des jeunes

En 2018, près de la moitié des électeurs de moins de 35 ans n’ont pas voté. Les jeunes disent qu’ils ne votent pas parce que les politiciens ne s’intéressent pas à nous, soutient Lina Yunes.

Généralement, selon elle, les jeunes s’intéressent intensément à la politique ou s’en détournent complètement.

Dans son cas, elle a commencé à s’y intéresser en suivant les nouvelles sur Radio-Canada ou TVA Nouvelles [chaîne appartenant au groupe privé Québecor]. Et un de mes professeurs nous disait que "si vous ne vous intéressez pas à la politique, la politique va s’intéresser à vous'', affirme celle qui a voté dès qu’elle a eu 18 ans.

Lina Yunes mène aussi sa campagne dans la communauté étudiante de son cégep.

Je vais voir les jeunes dans la cafétéria [du cégep]. Je m’assois avec eux et je leur dis d’aller voter même s’ils ne veulent pas voter libéral. C’est notre avenir qui est en jeu.
Une citation de Lina Yunes, candidate dans la circonscription de Chambly

Les réactions des étudiants sont plutôt mitigées. Beaucoup me disent qu’ils ne s’y intéressent pas. Je leur propose de lire les différentes plateformes et de voir laquelle les intéresse et aller voter. Ils peuvent aussi utiliser la boussole électorale [de Radio-Canada] (nouvelle fenêtre).

Pour elle, la meilleure façon d’intéresser les jeunes est d’aller les chercher sur les réseaux sociaux.

Les jeunes sont sur TikTok et Instagram. Ils ne sont pas en train de lire le journal papier, lance la candidate du Parti libéral du Québec.

Cette dernière déplore que Québec solidaire (QS) prétend être le parti des jeunes. Ils oublient que le Parti libéral est le seul parti qui a une commission jeunesse qui détient 33 % des voix [au sein des organes du Parti libéral du Québec].

Une pancarte électorale accrochée à un lampadaire.

Sanae Chahad (à gauche) est candidate pour Climat Québec dans la circonscription de Chambly aux élections provinciales québécoises du 3 octobre prochain.

Photo : Radio Canada International / Samir Bendjafer

Économie et immigration

Son intérêt pour l’économie est derrière son allégeance pour le Parti libéral. Le parti libéral mise sur l’économie. Je m’y intéresse aussi. Quand je pense au Québec de demain, je veux être capable de vivre dans un Québec économiquement riche.

Selon un sondage en ligne du Réseau des carrefours jeunesse-emploi du Québec (RCJEQ) (nouvelle fenêtre), près de la moitié (48 %) des répondants estiment que la lutte contre les changements climatiques est un enjeu prioritaire en matière de développement durable.

L’enquête a été menée au printemps dernier auprès de 5000 Québécois âgés de 15 à 35 ans.

Nous avons le projet Éco qui nous permet de sauver l’environnement et stimuler l’économie du Québec. Les autres partis veulent seulement diminuer les gaz à effet de serre (GES), lance la jeune libérale, qui n’est pas la seule candidate d’origine immigrante dans la circonscription.

Climat Québec, un parti créé en 2021 par l’ancienne ministre québécoise des Ressources naturelles Martine Ouellet, présente Sanae Chahad, une candidate d’origine marocaine.

3,7 % des ménages de la circonscription de Chambly font partie d’une minorité visible. 28 % de ces ménages sont noirs, 20,9 % latino-américains et 19,2 % arabes.

Les gens issus de la diversité culturelle ont besoin de se faire entendre. Le parti libéral veut miser sur l’immigration car nous avons une pénurie de main-d’œuvre.
Une citation de Lina Yunes, candidate dans la circonscription de Chambly

Elle affirme que les déclarations du premier ministre sortant liant l’immigration à la violence (nouvelle fenêtre) sont fausses et discriminent toute une population. Je n’ai même pas besoin d’y répondre. Je suis québécoise issue de la diversité culturelle. Mes grands-parents ont immigré ici. C’est sûr que ces déclarations viennent me chercher.

Lors de son porte-à-porte, les citoyens lui parlent particulièrement de l’inflation qui les touche et lui demandent toujours son âge.

Un âge qui ne l’empêche pas d’affirmer que même si le résultat du 3 octobre pourrait ne pas lui être favorable, il ne peut s’agir d’un échec. Je suis en train de vivre une très belle expérience. J’ai 19 ans. Ce n’est pas tout le monde qui a la chance de vivre ça.

Ce reportage est le troisième d'une série dans laquelle Radio Canada International présentera des candidats d'origine maghrébine et arabe des principaux partis politiques du Québec pour les élections provinciales qui auront lieu le 3 octobre prochain.

Note : ce reportage est également disponible en arabe

Samir Bendjafer

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