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Le Musée des beaux-arts du Canada met à l’honneur des artistes autochtones

Le tableau "Danseur de pow-wow" est accroché à un mur.

L'œuvre de Daphne Odjig, exposée au Musée des beaux-arts du Canada, s'intitule "Danseur de pow-wow".

Photo : BWALLACE

Mathilde Gautier
Mathilde Gautier

Le Musée des beaux-arts du Canada (Musée des beaux-arts du Canada) présente une nouvelle exposition composée de 75 œuvres de sa collection, datant du 17 e siècle à nos jours.

L'exposition Mouvement. L’expressivité du corps dans l’art rassemble 30 artistes canadiens et internationaux qui ont travaillé sur la question du corps et du mouvement.

Sept des trente artistes représentés sont autochtones ou inuit.

Les œuvres présentées couvrent une large variété de médiums. Sculpture, vidéo, photographie, peinture et gravure font partie des propositions artistiques.

Pour la nouvelle directrice générale par intérim du Musée des beaux-arts du Canada, Angela Cassie, cela démontre notre volonté de prendre des pas de l'avant dans ce parcours de réconciliation. Alors, une étape, c'est d'amplifier les voies des artistes et de leur donner une capacité de rejoindre des auditoires.

Angela Cassie, directrice par intérim du Musées des beaux-arts du Canada.

Angela Cassie, directrice par intérim du Musée des beaux-arts du Canada, salue la diversité de l'exposition "Mouvement. L'expressivité du corps dans l'art".

Photo : Dan Harper

On espère que cela permette à nos visiteurs d’être inspirés et de créer des moments de réflexion concernant leur propre parcours, vers des questions de justice et équité, conclut la directrice par intérim du Musée des beaux-arts du Canada .

Ces œuvres appartiennent à tous les Canadiens et Canadiennes… cela appartient à tout le monde.
Une citation de Angela Cassie, directrice par interim du Musées des beaux-arts du Canada

Des artistes interrogent le sens de l’objet en tant qu’œuvre d’art

Le mouvement est un geste qui évolue dans le temps et l’espace, qui mène à la question de la place des objets rituels dans un musée d’art. À quel moment un objet rituel pour une danse devient-il une œuvre d’art?

En regardant les œuvres, cela nous fait réfléchir à la façon dont les œuvres sont entrées dans la collection et le rôle du colonialisme dans la collection du musée, rapporte l’une des commissaires de l’exposition, et gestionnaire principale du rayonnement national au Musée des beaux-arts du Canada, Josée Drouin-Brisebois.

Josée Drouin-Brisebois, une des commissaires de l'exposition "Mouvement. L'expressivité du corps dans l'art."

Josée Drouin-Brisebois est une des commissaires de l'exposition "Mouvement. L'expressivité du corps dans l'art."

Photo : Musée des beaux-arts du Canada

Cette question de l’appropriation culturelle permet au Musée des beaux-arts du Canada de pousser un peu plus loin la réflexion et d’avancer sur le chemin de la réconciliation.

C'est une occasion de nous regarder d'une façon plus objective. Dans certains cas, les œuvres autochtones sous vitrines ont été conçues originalement pour être performées, pour faire partie de cérémonies, de rituels, explique Josée Drouin-Brisebois.

Les artistes contemporains autochtones participent à cette réflexion en mettant en scène ces objets rituels transformés en œuvre d’art par le fait d’être présentés dans une vitrine dans un musée d’art.

En faisant une juxtaposition entre ces œuvres-là avec un artiste, par exemple, qui est Autochtone, qui fait une performance dans l'espace, justement pour redonner vie à un de ces objets qui est maintenant montré d'une façon très différente… pour moi, c'est là qu'on fait un travail important de comprendre quel était le but original de ces créations, note Josée Drouin-Brisebois.

Le mouvement comme acte politique

L’exposition est organisée autour de quatre thématiques qui recoupent les représentations du corps humain par les artistes dans le temps : énergie et art, concept et mouvement, fusion et séparation, présence et absence.

Derrière cette idée du mouvement se cachent de nombreuses significations.

Pour moi, l'idée du mouvement, c'est aussi un mouvement politique, donc le mouvement comme mouvement dans l'espace… mais le mouvement aussi, comme quelque chose qui a rapport avec la société, les mouvements dans le temps, confie Josée Drouin-Brisebois.

Une des premières œuvres montrées dans l'exposition est une œuvre de l’artiste cri, Kent Monkman.

La vidéo Dance to Miss Chief de Kent Monkman se moque de la fascination allemande pour les peuples autochtones d’Amérique du Nord, en s’attaquant aux stéréotypes.

Image fixe tirée de "Dance to Miss Chief" par l'artiste Kent Monkman, 2010.

Image fixe tirée de "Dance to Miss Chief" par l'artiste Kent Monkman, 2010.

Photo : Kent Monkman

C'est une œuvre très entraînante parce qu'il y a de la musique, donc ça nous donne déjà le goût de danser dans l'espace, rapporte Josée Drouin-Brisebois.

Réfléchir à ce qu'on pense peut-être de certains types de danse et questionner cela, c’est déjà un pas en avant (...) c’est aussi une manière de critiquer avec humour quelque chose de très politique, conclut la co-commissaire Josée Drouin-Brisebois.

L'exposition Mouvement. L'expressivitée du corps dans l'art est ouverte au public jusqu'au 26 février 2023, à Ottawa. Des ressources en ligne sur l'exposition sont également disponibles sur le site Internet (nouvelle fenêtre) du Musée des beaux-arts du Canada.

Mathilde Gautier
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