1. Accueil
  2. Science
  3. Environnement

La situation se dégrade pour les oiseaux dans le monde

Gros plan sur la tête d'une harpie féroce (Harpia harpyja).

Au Brésil, l'habitat de la harpie féroce (Harpia harpyja) est menacé par l'exploitation forestière.

Photo : iStock

Agence France-Presse

La situation continue de se dégrader pour les oiseaux, signe d'une crise plus large du vivant : près de la moitié des espèces sont en déclin dans le monde et une sur huit est menacée d'extinction, sous la pression notamment de l'agriculture.

Dans un rapport de référence publié mercredi, l'ONG internationale BirdLife dresse un tableau profondément inquiétant sur l'état des populations d'oiseaux dans le monde.

Une espèce d'oiseau sur huit est menacée d'extinction, et l'état des populations d'oiseaux dans le monde continue de se détériorer : les espèces se rapprochent toujours plus rapidement de l'extinction, écrit BirdLife.

La majorité des espèces qui ne sont pas encore menacées sont pour leur part en déclin. Ainsi les populations de 49 % des espèces (soit 5412) sont en déclin, 38 % (4234) sont stables et seulement 6 % (659) sont à la hausse.

Ces chiffres montrent une accélération par rapport au dernier rapport publié il y a quatre ans. En 2018, environ 40 % des espèces apparaissaient en déclin.

La tendance est claire, c'est que ça continue à se dégrader malgré toutes les actions des États, les engagements, les promesses, souligne Cédric Marteau, directeur du pôle protection de la nature à la Ligue de protection des oiseaux (LPO) française.

Or, la santé des oiseaux est importante, car c'est aussi un bon indicateur de l'état de la nature en général, estiment les spécialistes. On a juste à regarder les oiseaux et on a une photographie assez exacte de la dégradation globale du vivant, explique Cédric Marteau.

Les déclins ne se limitent pas aux espèces rares et menacées. Les populations de certaines espèces communes et largement répandues connaissent aussi un déclin rapide, pointe aussi BirdLife.

Cette crise est causée par plusieurs facteurs, presque tous liés à l'activité humaine : agriculture, exploitation forestière, espèces exotiques envahissantes, chasse et changement climatique. La première menace est l'extension et l'intensification de l'agriculture : les oiseaux pâtissent de la perte de leurs habitats, de la toxicité des pesticides et de la diminution de la nourriture disponible.

On voit bien que malgré les promesses, malgré les engagements[…], les concentrations en produits chimiques utilisés dans nos plaines agricoles ou en viticultures sont toujours en augmentation, relève Cédric Marteau.

Ces produits tuent des oiseaux, mais agissent surtout indirectement en tuant ce dont se nourrissent les poussins.

Les pressions auxquelles les oiseaux, et plus largement la biodiversité, sont confrontés aujourd'hui sont plus importantes et plus diverses que jamais, souligne Patricia Zurita, directrice générale de BirdLife International, dans l'avant-propos du rapport.

Mais des solutions efficaces à ces problèmes existent, ajoute-t-elle à quelques semaines de la COP15, grand sommet de la biodiversité qui se tiendra sous l'égide de l'ONU en décembre à Montréal. BirdLife avance ainsi un certain nombre de propositions, de la restauration des habitats au renforcement des législations sur la protection des oiseaux.

Cette COP sera un moment crucial pour les oiseaux et toute la nature, alors que les 193 pays signataires se réuniront pour finaliser et adopter le cadre de la stratégie mondiale pour la biodiversité, soutient la LPO.

À la une