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Des fonctionnaires noirs déposent une plainte contre Ottawa à l’ONU

Justin Trudeau.

Le groupe de fonctionnaires noirs dit que la décision de porter la question devant l'organisme international des droits de l'homme est due au fait que le gouvernement fédéral crée délibérément des retards dans le processus judiciaire.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

RCI

Un groupe de fonctionnaires fédéraux noirs dépose une plainte auprès de la Commission des droits de l'homme des Nations unies, accusant le gouvernement canadien de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et d'intolérance.

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, et Amnistie internationale Canada appuient ce plus récent recours des fonctionnaires noirs, qui avaient déjà déposé en 2020 une requête en action collective contre le gouvernement fédéral. Ils dénonçaient dans cette requête une discrimination systémique dans la façon dont le gouvernement embauche de nouveaux fonctionnaires et accorde des promotions.

Il est devenu clair que le gouvernement fédéral n'agit pas de bonne foi sur la question, a déclaré Nicholas Marcus Thompson, directeur de l'organisme Recours collectif noir, à l'origine de la poursuite. La raison pour laquelle nous soulevons ce problème est que le Canada continue de se traîner les pieds, d'utiliser ses vastes ressources pour refuser aux travailleurs noirs la chance d'en débattre devant les tribunaux, a-t-il déclaré.

Les Canadiens noirs vont attendre très longtemps pour obtenir justice au Canada, alors nous nous sommes tournés vers la communauté internationale pour tenir le Canada responsable de ses obligations internationales.
Une citation de Nicholas Marcus Thompson, directeur de l'organisme Recours collectif noir

Mona Fortier, présidente du Conseil du Trésor, doit rencontrer M. Thompson cette semaine. Dans une déclaration écrite, elle a reconnu que beaucoup trop de Canadiens noirs sont encore victimes de discrimination et de haine.

Le gouvernement s'emploie activement à remédier aux méfaits et à créer une fonction publique diversifiée et inclusive, exempte de harcèlement et de discrimination, a-t-elle soutenu. Nous avons adopté des lois, créé des programmes de soutien et de développement et publié des données ventilées, mais nous savons qu'il reste encore beaucoup à faire.

Des dommages-intérêts

Dans la demande pour obtenir de la Cour fédérale l'autorisation d'intenter une action collective, le groupe allègue que quelque 30 000 fonctionnaires noirs ont perdu depuis les années 1970 des occasions et des avantages accordés à d'autres en fonction de leur identité de groupe.

Le groupe réclamerait des dommages-intérêts afin d'indemniser les fonctionnaires noirs pour les difficultés mentales et économiques auxquelles ils ont fait face. Les plaignants demandent également un plan pour enfin diversifier la main-d'œuvre fédérale et éliminer les obstacles que même les lois sur l'équité en matière d'emploi n'ont pas été en mesure de supprimer jusqu'ici.

MM. Singh et Thompson, notamment, affirment que le gouvernement fédéral se traîne délibérément les pieds devant les tribunaux. Ce gouvernement libéral continue de dire une chose aux Canadiens noirs, puis d'en faire une autre en fin de compte, a déclaré M. Singh.

Mme Fortier, de son côté, assure qu'Ottawa respectera le calendrier de la Cour fédérale dans ce dossier.

Ketty Nivyabandi, secrétaire générale d'Amnistie internationale Canada, estime qu'en ne s'attaquant pas au racisme systémique, Ottawa viole ses engagements internationaux en matière de droits de la personne, y compris le droit à la non-discrimination.

En vertu du droit international, le Canada a l'obligation positive de lutter contre la discrimination, dit-elle. Cela signifie qu'il doit prendre des mesures spéciales et concrètes pour éliminer la discrimination en matière d'emploi.

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