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La Vérif : les propos de Jean Boulet sur l’immigration sont-ils exacts?

Jean Boulet en conférence de presse.

Le candidat caquiste et ministre sortant de l'Immigration Jean Boulet s'est dit « désolé » d'avoir mal exprimé [sa] pensée.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Nahila Bendali

Le candidat caquiste et ministre de l’Immigration sortant Jean Boulet s’est excusé pour ses propos au sujet de l’immigration qu’il a tenus lors d’un débat entre des candidats de Trois-Rivières la semaine dernière. Il avait alors affirmé que « 80 % des immigrants s'en vont à Montréal, ne travaillent pas, ne parlent pas français ou n'adhèrent pas aux valeurs de la société québécoise ». Mais qu’en est-il vraiment?

La déclaration de Jean Boulet au sujet de la proportion des immigrants qui s’établissent à Montréal mérite des nuances.

En 2020-2021, 65 % des immigrants se sont installés dans l'île de Montréal, selon l’Institut de la statistique du Québec

Mais quand on compte la région métropolitaine, qui inclut Laval et l'agglomération de Longueuil, cette proportion passe à 77 %.

Depuis 20 ans, la proportion d'immigrants qui s'installent dans la métropole diminue, mais elle augmente dans les banlieues et dans le reste du Québec.

Langue parlée et emploi

Jean Boulet a aussi affirmé que les immigrants à Montréal ne travaillent pas et ne parlent pas français.

C’est faux dans les deux cas.

Dans le Grand Montréal, 77 % des immigrants ont une connaissance du français, selon les dernières données disponibles tirées du recensement de 2016 de Statistique Canada.

La proportion augmente à 89 % dans le reste du Québec (lorsqu’on exclut la région métropolitaine de recensement de Montréal).

Et puis, la population immigrante du Grand Montréal a un taux d’emploi supérieur aux personnes nées au pays.

Le taux d’emploi représente le nombre de personnes qui ont un emploi exprimé en pourcentage de la population âgée de 15 ans et plus.

En août dernier, 65,2 % des immigrants occupaient un emploi, contre 63,7 % pour le reste de la population.

La réalité est similaire à l’échelle de la province. Les immigrants ont un taux d’emploi légèrement plus élevé que la population née au pays, ce qui s'explique notamment par le fait que les immigrants sont en moyenne plus jeunes que la population née au Canada.

En ce moment au Québec, près d'un emploi sur cinq est occupé par un immigrant, ce qui est supérieur à leur poids démographique dans la province.

Valeurs de la société québécoise

Jean Boulet a aussi affirmé que les immigrants n’adhèrent pas aux valeurs de la société québécoise.

Il est difficile d’avoir des indicateurs clairs sur cette déclaration. Toutefois, depuis 2020, les immigrants sélectionnés par le Québec doivent se soumettre à un test des valeurs québécoises.

Cet exercice consiste à répondre à une vingtaine de questions sur des sujets comme le fonctionnement des institutions démocratiques dans la province, l’égalité entre les sexes ou la laïcité.

Le taux de réussite à ce test dès la première tentative est de 99,44 % en 2021, selon les données du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration du Québec.

Avec la collaboration d'Olivier Bachand et de Nathalie Lemieux

Nahila Bendali

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