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Jusqu’à 1400 enseignants manquent à l’appel à quelques jours de la rentrée

Les acteurs du milieu scolaire soutiennent que le nombre d’enseignants manquants est sous-évalué par le ministère de l’Éducation.

Une enseignante en classe avec ses élèves dans une école primaire.

Syndicats et associations du réseau scolaire plaident pour une valorisation de la profession d’enseignant.

Photo : iStock / Wavebreakmedia

RCI

La rentrée scolaire s’annonce complexe pour bien des parents et les responsables des écoles. Quelque 1400 enseignants doivent être embauchés partout à travers le Québec.

Le ministère de l’Éducation fait état de 700 enseignants à recruter pour la prochaine rentrée, mais les responsables des établissements scolaires sur le terrain incluent dans leur décompte les postes à temps partiel à pourvoir, ce qui fait doubler le nombre d’enseignants à embaucher dans les écoles primaires et secondaires.

Ils demandent au gouvernement d’être proactif pour faire face à ce défi afin d’attirer plus de monde dans ce secteur.

Cela passe par une valorisation de la profession d’enseignant, notamment en améliorant les conditions d’emploi. La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et ses fédérations du réseau scolaire plaident, elles aussi, pour de meilleures conditions de travail pour contrer la pénurie.

Carl Ouellet.

Carl Ouellet, président de l’AQPDE

Photo : Radio-Canada

L’Association québécoise du personnel de direction des écoles (AQPDE) s’attend à des répercussions sur les services offerts aux élèves.

Au primaire, on remarque qu’il y a beaucoup de tâches qui ne sont pas distribuées en anglais et en musique. Au secondaire, on a des problèmes de recrutement en mathématiques et en adaptation scolaire.
Une citation de Carl Ouellet, président de l’Association québécoise du personnel de direction des écoles

Ce manque d’enseignants ne sera pas sans conséquence sur la gestion des écoles. Le ministère de l’Éducation reconnaît qu’il en résultera de l’instabilité. On verra, par exemple, beaucoup de roulement entre les enseignants dans une même classe, un véritable casse-tête logistique.

On verra aussi de nombreux enseignants non légalement qualifiés devant les élèves dans les prochaines semaines.

Les directions d’écoles auront besoin d’un coup de main externe pour superviser ce personnel pour s’assurer qu’on a des gens compétents devant nos élèves, souligne Nicolas Prévost, président de la Fédération québécoise des directions d'établissements d'enseignement (FQDE).

Nicolas Prévost.

Nicolas Prévost, président de la FQDE

Photo : Radio-Canada

Les élèves en difficulté seront également touchés. Plusieurs des services qui leur sont destinés, comme l’adaptation scolaire, devront être suspendus.

On avait prévu des services en orthopédagogie pour des élèves et on devra peut-être malheureusement ne pas donner ce service.
Une citation de Nicolas Prévost, président de la Fédération québécoise des directions d'établissements d'enseignement

La pénurie d’enseignants n’épargne aucune région. En Estrie, par exemple, pour le seul centre de services scolaire des Hauts-Cantons, on est à la recherche de 40 enseignants, de 16 techniciens en éducation spécialisée et de 25 éducateurs en service de garde en milieu scolaire.

Avec les informations de Charlotte Dumoulin et de Brigitte Marcoux

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