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Immigration francophone : une priorité pour Ottawa et Fredericton, mais les défis restent

Des personnes sont assises et tiennent dans leurs mains un drapeau canadien.

Le Canada n’a jamais atteint sa cible de 4,4 % de nouveaux arrivants francophones hors Québec, une cible établie depuis 2003.

Photo : Reuters / Mark Blinch

RCI

Les récentes données de Statistique Canada sur le déclin du poids démographique des francophones au pays braquent les projecteurs sur les cibles à atteindre en matière d’immigration francophone. Ottawa et Fredericton s'entendent pour dire qu'il s'agit d'une priorité, mais des organismes d'intégration des nouveaux arrivants soulignent que les défis de rétention des immigrants sont énormes.

Le ministre fédéral des Affaires gouvernementales, de l'Infrastructure et des Collectivités, Dominic LeBlanc, affirme que le gouvernement fédéral reconnaît pleinement le besoin d’augmenter les immigrants francophones qui vont demeurer hors Québec.

Dominic Leblanc prenant la parole aux Communes.

Le ministre fédéral des Affaires gouvernementales, de l'Infrastructure et des Collectivités, Dominic LeBlanc (archives)

Photo : Reuters / BLAIR GABLE

Actuellement, la cible de nouveaux arrivants francophones hors Québec est de 4,4 % par année. Le Canada n’a jamais atteint cette cible, établie depuis 2003.

Certains organismes, comme la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada, demandent que ces cibles augmentent entre 12 % et 20 % d’ici quelques années.

Nous reconnaissons le défi et nous allons nous mettre à l'ouvrage, pour augmenter de beaucoup, non seulement les cibles, mais les résultats, lance Dominic LeBlanc.

Attirer les immigrants en région

Le défi c'est d'augmenter et d’une façon très importante et continue les immigrants francophones qui viennent en région, mais qui demeurent dans les régions de communautés de minorités linguistiques, qui ne se retrouvent pas tous à Montréal, à Québec ou à Longueuil dans quelques mois!, soutient le ministre.

Monika Mallais devant une oriflamme du CAIENA.

La directrice du CAIENA, Monika Mallais, croit qu'il faut miser sur la jeunesse pour une meilleure rétention des immigrants dans la Péninsule acadienne.

Photo : Radio-Canada / Janique LeBlanc

Pour la directrice du Centre d'accueil, d'intégration et d'établissement des nouveaux arrivants de la Péninsule acadienne (CAIENA), Monika Mallais, c’est justement là où les gouvernements doivent en faire plus. L’organisme fait plusieurs demandes de financement pour l’aider à mener à bien sa mission d’intégration des nouveaux arrivants.

Elle explique que la grande majorité des immigrants qui choisissent la Péninsule acadienne sont francophones. Toutefois, leur intégration est parfois difficile, car il faut jongler avec les problèmes de logement, d’accès aux médecins de famille, d’accès à des services de garde et du manque de transport en commun.

On en a qui sont retournés dans leur pays et il y en a qui vont plus dans les grands centres, par rapport qu’il y a un peu plus de services vis-à-vis le transport en commun, au niveau de la garderie, toutes des choses qui font en sorte que dans la Péninsule acadienne, peut-être qu’on a un manque vis-à-vis ce niveau-là, dit Monika Mallais.

Viser la jeunesse

Monika Mallais explique que la rétention des immigrants doit aussi passer par la jeunesse. On veut vraiment cibler la jeunesse pour la rétention dans la Péninsule.

Elle espère obtenir du financement pour l’embauche d’un employé supplémentaire qui travaillerait à l’intégration des enfants à leur nouvelle communauté et à leur nouvelle école.

On a constaté qu’au niveau de la rétention, faudrait qu’on vise beaucoup la jeunesse parce que si le jeune n'est pas bien, la famille va s’en aller habituellement.
Une citation de Monika Mallais, directrice du CAIENA

Elle précise que dans la dernière année, deux familles nouvellement arrivées ont décidé de quitter la Péninsule acadienne vers les grands centres.

Dominic LeBlanc reconnaît le besoin d’agir plus vite. Il rappelle qu’un bureau d’immigration doit ouvrir ses portes à Dieppe au Nouveau-Brunswick, précisément pour cibler le recrutement et la rétention des immigrants francophones. Il espère que l’ouverture se fera cette année.

Blaine Higgs réagit

Le premier ministre Blaine Higgs a réagi aux données de Statistique Canada dans une déclaration jeudi et affirme qu’une diminution du nombre de francophones dans la province est préoccupante, car la communauté francophone joue un rôle important dans notre province.

Blaine Higgs lors d'une conférence de presse le 15 juillet 2022.

Blaine Higgs, premier ministre du Nouveau-Brunswick (archives)

Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue

Il ajoute qu’il faut donc miser sur l’immigration francophone et en faire une priorité.

Le fait qu'il y ait eu une diminution du nombre de Néo-Brunswickois ayant le français comme langue maternelle n'est pas quelque chose que nous voulons voir. Notre patrimoine dans cette province est une composante importante de notre identité et nous devons le préserver.

Blaine Higgs se dit cependant encouragé de voir une augmentation du nombre de Néo-Brunswickois qui se disent bilingues dans la province.

Avec des informations de Karine Godin et d’Alix Villeneuve

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