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Vers une plus grande privatisation dans le secteur de l’éducation en Ontario?

Un écolier assis à sa table regarde une fenêtre de classe entrouverte.

La présidente de la FEESO estime que l'argent investi par le gouvernement de l'Ontario dans le tutorat aurait été plus utile dans les salles de classe.

Photo : iStock / imtmphoto

Grégory Wilson

La présidente de la Fédération des enseignantes et des enseignants des écoles secondaires de l'Ontario (Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l'Ontario), Karen Littlewood, dit craindre que le gouvernement provincial fasse davantage de coupures dans l’éducation publique au profit d’une plus grande privatisation dans le secteur.

Karen Littlewood soutient que le gouvernement Ford a démontré sa préférence pour la privatisation lorsqu’il a annoncé dans son discours du Trône (nouvelle fenêtre) un investissement de 225 millions de dollars qui serviront à financer des programmes de rattrapage des élèves.

Cet argent ira donc directement aux poches des parents pour du tutorat privé plutôt qu’aux salles de classe où il est nécessaire et où il aurait un plus grand impact, s’insurge la présidente de la Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l'Ontario.

Elle qualifie d’ailleurs les investissements d'inéquitables.

À South Porcupine [par exemple], est-ce qu’il y a des tuteurs qu’on peut payer pour aider les élèves? Non, ça n’existe pas, atteste-t-elle.

Karen Littlewood répond aux questions des journalistes.

La présidente de la FEESO, Karen Littlewood, craint une possible croissance de la privatisation dans le secteur de l'éducation.

Photo : Radio-Canada

Elle estime d’ailleurs que le gouvernement provincial a pris plus de deux milliards de dollars destinés au secteur public au cours de la pandémie et l’a utilisé pour financer des programmes de tutorat.

Cela donne froid dans le dos, car il semble que nous nous dirigions dangereusement vers une privatisation croissante.
Une citation de Karen Littlewood, présidente de la FEESO

Le ministre de l'Éducation Stephen Lecce, affirme que son gouvernement reste déterminé à prioriser son Plan de rattrapage de l'Ontario, qui consiste notamment à veiller à ce que les élèves retournent en classe, avec un tutorat et un soutien en santé mentale, dans des écoles modernes axées sur les sciences, les technologies, l'ingénierie et les mathématiques (STIM).

Des négociations

Karen Littlewood a émis ces propos alors que son syndicat est en pleine négociation avec la province pour le renouvellement des conventions collectives. Les contrats de travail existants arrivent à échéance à la fin du mois.

Selon elle, un investissement dans le secteur public passe notamment par une augmentation des salaires des travailleurs pour suivre le coût de la vie.

On attend une vraie augmentation de salaire depuis 12 ans, déplore-t-elle.

Karen Littlewood veut également que les salles de classe puissent répondre aux besoins des élèves, alors qu’un retour sans équivoque en mode présentiel semble de plus en plus certain.

Le problème est que le gouvernement n’a pas annoncé de mesures pour nous soutenir dans ce retour, ce qui fera en sorte que nous allons avoir des cours de 9e et 10e année avec 35 élèves pour un enseignant avec le nouveau cours de sciences décloisonné (nouvelle fenêtre).

Mais le ministère est catégorique : il n'y a pas, selon sa porte-parole, de changement dans la taille des classes qui découle du décloisonnement du cours de sciences de la 9e année.

La présidente de la Fédération des enseignantes et des enseignants des écoles secondaires de l'Ontarioreste tout de même sur ses gardes, car, dit-elle, les offres présentées aux autres fédérations syndicales nous font peur.

Grégory Wilson

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