1. Accueil
  2. Politique
  3. Politique fédérale

Ottawa lâche du lest à propos d’ArriveCAN

Les automobilistes qui oublient de remplir ArriveCAN avant de franchir la frontière terrestre ne seront plus systématiquement sanctionnés par les autorités.

Une personne ouvre l'application ArriveCAN sur son cellulaire.

L'application ArriveCAN a été mise en place au printemps 2020.

Photo : La Presse canadienne / Giordano Ciampini

Romain Schué
Romain Schué

Plus d’isolement durant 14 jours et d’amende salée pouvant grimper à plusieurs milliers de dollars.

Plus de deux ans après avoir mis en place l'application ArriveCAN à destination des personnes venant au Canada, Ottawa a décidé de lâcher un peu de lest.

Désormais, ni les Canadiens, ni les travailleurs, ni les touristes étrangers ne subiront de pénibles conséquences s'ils oublient, pour la première fois, de remplir ArriveCAN, avant de franchir la frontière terrestre.

Cependant, si cette situation se répète, les agents douaniers devront leur demander de faire leurs devoirs et, en cas de refus, les automobilistes venant au Canada risqueront une quarantaine et une amende.

Dans un premier temps, une telle mesure a été mise en place au début de l'été pour les citoyens canadiens. Elle a ensuite été étendue, selon nos informations, à tous les voyageurs étrangers durant le mois de juillet.

Cette initiative, mise en place très discrètement, n’a fait l’objet d’aucune annonce publique par le gouvernement de Justin Trudeau, qui ne souhaite pas s’étendre sur le sujet. Contacté par Radio-Canada, le cabinet du ministre de la Sécurité publique a confirmé l'information, mais n'a pas émis de commentaires.

L’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) n'a pas répondu, elle non plus, à nos questions.

Un agent devant une voiture souhaitant entrer au Canada

Les agents douaniers vérifient actuellement si toutes les personnes qui arrivent au Canada ont rempli l'application ArriveCAN.

Photo :  (Ben Nelms/CBC)

Un manque de personnel aux douanes

Cette directive gouvernementale a été envoyée à tous les agents postés à la frontière terrestre entre le Canada et les États-Unis, indique le Syndicat des douanes et de l’immigration, qui se réjouit de cet assouplissement.

La mise en place de l'application ArriveCAN et des mesures qui y sont reliées amènent certainement des tâches supplémentaires, et la directive concernant les exemptions témoigne d'un manque de personnel frontalier adéquat pour assurer un traitement efficace des voyageurs, indique Pierre Saint-Jacques, le porte-parole du syndicat.

Aux yeux du syndicat, il y a un manque à combler de 2000 à 3000 agents pour l'ensemble des services frontaliers.

Pour nous, l'obligation de remplir l'application ArriveCAN quelle qu'en soit la raison est ce qui occasionne le plus de retards.
Une citation de Pierre Saint-Jacques, porte-parole du Syndicat des douanes et de l’immigration

On estime qu'entre 25 % et 30 % des voyageurs ne l'ont pas remplie à leur arrivée. Alors, c'est certain que ça vient ralentir le processus, puisque les agents frontaliers peuvent avoir à aider les voyageurs à compléter l'application. En bout de ligne, l'utilisation de l'application ArriveCAN ne vient donc aucunement faciliter les voyages transfrontaliers, soutient-on du côté du syndicat.

Selon nos informations, cette récente souplesse du gouvernement Trudeau n’est cependant en aucun cas le signe d’une prochaine disparition de cette application.

Entrée en vigueur au printemps 2020, bien avant la réouverture de la frontière canadienne, ArriveCAN permettait initialement de détailler le plan de quarantaine des personnes arrivant au pays.

Par la suite, cet outil informatique a évolué et devrait s’installer durablement dans la vie des Canadiens et des voyageurs étrangers. Telle est en tout cas la volonté d’Ottawa et de l’ASFC.

Depuis plusieurs semaines, dans les principaux aéroports du pays – Montréal, Toronto, Vancouver – les voyageurs peuvent utiliser ArriveCAN pour remplir, en ligne, leur déclaration douanière.

Dans les mois à venir, cette fonction facultative sera également offerte aux voyageurs arrivant aux aéroports internationaux de Winnipeg, Halifax, Calgary, Edmonton, Billy Bishop de Toronto, Ottawa et Québec, mentionne par ailleurs Ottawa sur son site web (nouvelle fenêtre).

Cette nouvelle fonction, disponible à ce jour uniquement pour les arrivées aériennes, rend la soumission des informations [des voyageurs] plus rapide et plus facile , a récemment déclaré le ministre Marco Mendicino.

Romain Schué
Romain Schué

À la une