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Arrestation musclée d’une diplomate sénégalaise : Freeland promet un suivi

La vice-première ministre et ministre des Finances, Chrystia Freeland, à l'Empire Club of Canada à Toronto le 16 juin 2022.

La vice-première ministre et ministre des Finances, Chrystia Freeland

Photo : La Presse canadienne / Cole Burston

RCI

« Tout cas de brutalité » à l'encontre « d'un Canadien, d'un visiteur ou d'un diplomate » est « tout à fait inacceptable », a déclaré la vice-première ministre Chrystia Freeland, mardi, en réaction à l'arrestation musclée d'une diplomate sénégalaise survenue le 2 août dernier, à Gatineau.

L'intervention de la police municipale, ce jour-là, s'est muée en un véritable incident diplomatique au cours des derniers jours.

Vendredi dernier, la République du Sénégal a affirmé dans un communiqué de presse qu'une de ses diplomates en service à Ottawa avait été battue à son domicile par la police (nouvelle fenêtre), quelques jours auparavant. Son identité n'a pas été révélée.

La police, dénonçait Dakar, aurait exercé sur la diplomate une violence physique et morale humiliante en la menottant et en la battant lors de l'opération. La principale intéressée aurait même dû être évacuée par ambulance à l'hôpital, selon le ministère des Affaires étrangères et des Sénégalais de l'extérieur.

Toute brutalité est inacceptable, soutient Freeland

Invitée par Dakar à dénoncer vigoureusement et [à] condamner fermement cet acte raciste et barbare, Chrystia Freeland a plutôt joué de prudence lorsque la presse l'a interrogée sur le sujet, mardi, à Etobicoke, en banlieue de Toronto.

Tout cas de brutalité, de brutalité policière envers quiconque dans notre pays, qu'il s'agisse d'un Canadien, d'un visiteur ou d'un diplomate, est, bien sûr, tout à fait inacceptable, a-t-elle déclaré en anglais.

C'est une chose sur laquelle notre gouvernement est clair, a poursuivi la vice-première ministre en promettant un suivi. Et je tiens à assurer tous les Canadiens et tous les diplomates qui sont ici que nous sommes très, très clairs à ce sujet.

De son côté, Affaires mondiales Canada a publié une déclaration au cours du week-end dans laquelle il se dit extrêmement préoccupé par le traitement présumé de la diplomate par la police.

La ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, a fait savoir sur Twitter mardi qu'elle s'était entretenue avec son homologue sénégalaise, Aïssata Tall Sall. Elle lui aurait notamment répété que le Canada attendait avec impatience une enquête complète sur l'incident.

La diplomate devait 45 000 $ à son locateur

L'investigation en question sera menée par le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI), qui est entré en scène samedi.

La veille, le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) avait publié un communiqué détaillé pour expliquer les circonstances de l'arrestation controversée. Il avait notamment raconté qu'une policière avait été frappée au visage et blessée lors de l'intervention et qu'un autre policier avait été blessé par morsure.

Le Service de police de la Ville de Gatineau s'était présenté sur les lieux pour porter assistance à un huissier. Selon une ordonnance du Tribunal administratif du logement, dont Radio-Canada a obtenu copie, la diplomate devait plus de 45 000 $ en dommage à son locateur (nouvelle fenêtre).

Le ministère de la Sécurité publique du Québec a déclaré pour sa part qu'une plainte à la police contre la dame en question avait été abandonnée par le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) en raison de l'immunité diplomatique applicable.

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