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Fini le plastique à usage unique avec les produits à base de plantes d’une Winnipégoise

Kim Vu dans le restaurant de crèmes glacées d'une de ses clientes.

Kim Vu s'inspire des emballages alimentaires au Vietnam, faits de feuilles de bananiers, notamment.

Photo : Radio-Canada / Alexia Bille

Alexia Bille
Alexia Bille

Après avoir dû fermer son restaurant en raison de la pandémie, la Winnipégoise d’origine vietnamienne Kim Vu s’est lancée dans la commercialisation d'emballages alimentaires et de couverts écologiques pour les restaurateurs.

Créés à base de plantes, ces produits représentent une solution de rechange au plastique à usage unique, qui ne sera plus autorisé au Canada dès la fin du mois de décembre 2023.

Après son arrivée au Canada en 2020, l’entrepreneuse a été étonnée de ne pas trouver de fournisseurs d’emballages écologiques abordables.

C’était un cauchemar. Je cherchais les entreprises qui existaient, mais les prix n’étaient pas affichés. Je devais les appeler une par une.

On est devenu client d’une grosse entreprise, raconte-t-elle. On a fait une première commande pour un certain montant. Deux semaines plus tard, lorsqu'on a voulu commander à nouveau, le prix avait plus que doublé.

Kim Vu a donc pris la décision de gérer elle-même ses besoins en emballages en fondant KimEcopak. Elle fait alors venir des contenants à base de plantes d’Asie.

Si je produis tout ici, c'est très cher. Alors j’ai contacté mes amis au Vietnam, à Singapour et en Malaisie pour qu'ils produisent les emballages et les ustensiles là-bas.

À la fermeture de son restaurant, au début du mois de juillet, Kim Vu s'est lancée à temps plein dans cette activité.

Mes couverts en bois sont 100 % compostables en trois mois et peuvent servir d’engrais.
Une citation de Kim Vu, fondatrice de KimEcopak

La cheffe d’entreprise a maintenant des clients partout au Canada. La majorité d’entre eux sont dans les endroits qui ont déjà interdit le plastique, comme le Québec, Terre-Neuve-et-Labrador, Halifax et Vancouver.

Pour convaincre les entreprises manitobaines, Kim Vu n’hésite pas à mettre la main à la pâte.

Je vais dans chaque restaurant qui utilise encore du plastique, selon mes informations. Je leur présente mes produits, je leur explique l’intérêt et je leur offre un prix fixe pour au moins 6 mois, dit-elle.

Des clients convaincus

Linh Le est la propriétaire du magasin de crème glacée Sub Zero Ice Cream, à Winnipeg. Elle fait partie de ceux qui ont franchi le pas des contenants écologiques.

J'aimerais encourager mes clients et le plus de personnes possible à devenir plus écologistes. Donc, je dois donner l’exemple.

Linh Le dans son restaurant de crème glacée.

Linh Le s'est liée d'amitié avec Kim Vu, venue lui présenter ses produits écologiques.

Photo : Radio-Canada / Alexia Bille

Linh Le utilise les cuillères, les coupes à glace et les pailles de KimEcopak. Elle a encore quelques produits en plastique.

C'est vraiment difficile de changer à 100 % pour les produits écologiques, car certains produits en plastique sont plus design et plus pratiques, dit la commerçante.

Linh Le donne l’exemple des parfaits qui sont servis dans des coupes transparentes pour laisser voir le tourbillon de glace et de sirop, ce qui est impossible à réaliser avec des produits faits à base de plantes.

Autre problème, le prix est plus élevé pour les produits écologiques.

Une cuillère en bois coûte, par exemple, deux fois plus que son équivalent plastique. Je pense que les clients sont d'accord avec le fait que le prix est légèrement plus élevé pour que ce soit plus vert.

Kim Vu reconnaît que le prix peut être un frein pour les restaurateurs. Je sais qu'ils veulent être plus écologiques, mais il leur faut de l’aide pour faire la transition.

Du chemin à faire

Directrice du Centre Eau Terre et Environnement, Louise Hénault-Ethier se réjouit de voir de plus en plus d’initiatives pour bannir le plastique. Mais selon elle, aucune solution n’est parfaite.

Les matières de substitution peuvent aussi avoir un impact environnemental, notamment en matière d'émissions de gaz à effet de serre.

Malgré cela, les avantages sont notables. Lorsqu’ils sont abandonnés dans la nature, ces produits ne sont pas toxiques pour les animaux sauvages, explique Louise Hénault-Ethier.

Une coupe KimEcopak contenant de la crème glacée.

La cuillère en bois se décompose en trois mois dans la nature, mais la coupe en papier nécessite un compostage industriel.

Photo : Radio-Canada / Alexia Bille

Selon elle, il reste beaucoup de chemin à parcourir pour abandonner efficacement le plastique à usage unique.

Il va aussi falloir adapter toute la filière de récupération, de recyclage et de compostage pour que ces matières plus écologiques soient bien triées et transformées.

En ce qui concerne Kim Vu, l’aventure est loin d’être terminée.

Des scientifiques vietnamiens font des recherches pour utiliser des feuilles de bananier mélangées à d'autres ingrédients pour en faire des emballages. S'ils y arrivent, le Canada sera mon premier marché!

Alexia Bille
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