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Le général Eyre refuse de confirmer la présence en Ukraine de militaires canadiens

« Nous n'allons jamais parler d'opérations spéciales discrètes ou sensibles », affirme le chef d'état-major.

Le général Eyre en conférence de presse.

Le général Eyre déplore que de telles informations circulent dans les médias.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

RCI

Le chef d'état-major de la Défense ne veut pas commenter les informations de certains médias selon lesquelles des membres des Forces armées canadiennes (FAC) se trouvent en territoire ukrainien.

En entrevue lundi soir à l'émission Power & Politics, sur le réseau CBC News Network, le général Wayne Eyre a évité de répondre à la question.

Nous n'allons jamais parler d'opérations spéciales discrètes ou sensibles ni les confirmer ou les infirmer, a-t-il déclaré. Et, vous savez, je trouve décevant que des histoires comme celle-ci fassent l'objet de spéculations dans les médias, car vous savez, si c'était vrai, cela mettrait nos troupes en danger.

Le général Eyre s'est en outre interrogé sur les motivations des sources des médias ayant publié ces informations. Pourquoi quelqu'un voudrait-il délibérément mettre les troupes canadiennes en danger?, a-t-il demandé.

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Selon lui, les informations rapportées récemment par le quotidien The New York Times et par le réseau Global risquent plutôt de profiter à la Russie.

Car la spéculation dans les médias alimente la désinformation russe qui, dans le contexte actuel, peut être utilisée comme une arme, a souligné le chef d'état-major canadien. Nous devons donc simplement être très, très conscients de cet aspect également, a-t-il insisté.

Il faut trouver le juste équilibre entre la transparence et la sécurité des opérations. Essayer de trouver le juste milieu.
Une citation de Gén Wayne Eyre, chef d'état-major de la Défense

Plus aucun militaire canadien ne se trouvait en Ukraine le jour de l'invasion russe (nouvelle fenêtre), avait assuré le vice-amiral Bob Auchterlonie le 24 février dernier.

Or, selon les médias susmentionnés, des membres des Forces armées canadiennes sont restés sur place ou ont été déployés par la suite pour transporter des armes, pour fournir des renseignements à Kiev et pour aider le gouvernement du président Volodymyr Zelensky à former ses soldats face à l'envahisseur russe.

Selon le New York Times, des commandos de plusieurs pays membres de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord – dont les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, le Canada et la Lituanie – ont mené ce type d'opération dans la plus grande discrétion depuis le début de la guerre en Ukraine.

Ces troupes ne seraient pas déployées sur la ligne de front, mais leur soutien serait tangible sur le champ de bataille, selon les sources du quotidien new-yorkais.

Ottawa garde le silence

Au bout du compte, c'est le gouvernement canadien qui décide du niveau de transparence de chaque opération militaire, a expliqué le général Eyre à Power & Politics, lundi. Le rôle des Forces armées canadiennes se limite à faire des recommandations à ce sujet, a-t-il précisé.

Or, le gouvernement Trudeau n'a pas encore accepté de commenter les informations relatives à la présence des militaires canadiens en Ukraine.

En entrevue, vendredi dernier, la ministre de la Défense nationale, Anita Anand, a déclaré à Global qu'il serait imprudent de sa part de révéler quoi que ce soit et a qualifié ces questions de très délicates.

La veille, Mme Anand avait annoncé le déploiement de 225 membres des Forces armées canadiennes au Royaume-Uni (nouvelle fenêtre) pour former des soldats ukrainiens dans le cadre de l'opération Unifier. Cette mission, amorcée en 2015, avait été interrompue en février dernier.

La formation est quelque chose que nous avons très, très bien fait et qui s'est avérée d'une grande valeur pour nos amis ukrainiens, a déclaré le général Eyre lundi. C'est quelque chose que nous voulons continuer, a-t-il ajouté.

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