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Iqaluit et Igloolik célèbrent la réussite d’une chasse traditionnelle au harpon

Un groupe de chasseurs vêtus d'une combinaison rouge tiennent des harpon dans leurs mains, devant une vue d'Iqaluit, vendredi 5 août 2022.

Une quinzaine de chasseurs et de chasseuses d'Iqaluit ont abattu une baleine boréale, vendredi soir, dans la baie de Frobisher.

Photo : CBC / Mary Tatty

Matisse Harvey.
Matisse Harvey

Des chasseurs d’Iqaluit et d’Igloolik, au Nunavut, ont célébré leurs prises fructueuses tout au long de la fin de semaine : deux baleines boréales chassées respectivement vendredi et dimanche, faisant la fierté de leurs familles et de leur communauté.

Comme le veut la tradition inuit, les chasseurs ont partagé l’ensemble de leurs prises avec la communauté. Une baleine boréale peut habituellement nourrir plusieurs centaines de personnes. Viande, fanon, graisse… chaque partie du mammifère est consommée ou réutilisée, notamment pour la confection de sculptures.

Deux résidents d'Iqaluit sélectionnent un morceau de baleine boréale, le dimanche 7 août 2022.

Tous les morceaux de la baleine boréale chassée près d'Iqaluit étaient accessibles aux résidents qui souhaitaient s'en procurer.

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

Le mammifère, chassé à une quinzaine de kilomètres d’Iqaluit, dans la baie de Frobisher, mesurait environ 8,5 m de long. L’animal a été chassé au harpon, une pratique ancestrale d’une grande complexité qui, avec le temps, a souvent été remplacée par le fusil.

Traditionnellement, la chasse à la baleine boréale se pratique en groupe, ce qui permet aux chasseurs, dispersés dans plusieurs bateaux, d’encercler l’animal.

Le capitaine Solomon Awa, qui est aussi réputé pour sa confection d’igloos, était accompagné de 13 chasseurs et de deux chasseuses. Il s’est dit particulièrement fier qu’ils soient parvenus à chasser la baleine à l’aide d’un harpon.

C'est quelque chose dont nous pouvons être très fiers. Cela me rappelle nos ancêtres qui n'utilisaient pas les outils modernes dont nous disposons aujourd’hui pour chasser les baleines boréales.
Une citation de Capitaine Solomon Awa

La seule différence est que nous pouvions compter sur des bateaux à moteur pour nous déplacer en groupe, poursuit-il.

Des bateaux dans la baie de Frobisher, près d'Iqaluit, en août 2022.

Des bateaux à moteur utilisés lors de l'expédition, dans la baie de Frobisher, près d'Iqaluit.

Photo : CBC / Mary Tatty

À Iqaluit, les dernières chasses à la baleine boréale remontaient à 2018 et 2011. Avant cela, cette pratique était interdite depuis plus d’un siècle pour maintenir la population de baleines dans la région. Elle a été à nouveau autorisée au milieu des années 1990, lorsque cette population a commencé à augmenter. Des chasseurs de quelques communautés ont ainsi pu chasser une baleine boréale par année.

Une vingtaine de chasseurs d'Igloolik, se tiennent sur une baleine boréale, le dimanche 7 août 2022.

Une vingtaine de chasseurs d'Igloolik effectuent une prière sur une baleine boréale chassée quelques heures plus tôt.

Photo : Photo fournie par Louisa Kipsigak

À Igloolik, le capitaine David Qaunaq était accompagné d’une vingtaine de personnes. Il explique qu’ils ont mis environ cinq jours pour parvenir à abattre la baleine, d’abord au fusil, puis au harpon.

L’un des jeunes chasseurs était le conjoint de ma petite-fille, dit-il. Il est monté sur la baleine et l’a harponné. David Qaunaq affirme d’ailleurs qu’il n’avait encore jamais vu autant de jeunes chasseurs prendre part à l’expédition à Igloolik.

Avec des informations de Cindy Alorut

Matisse Harvey.
Matisse Harvey

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