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Les nouvelles technologies au service des Autochtones

Une Première Nation et une entreprise technologique collaborent pour se préparer aux effets du changement climatique sur les eaux dans lesquelles les Autochtones puisent certaines de leurs ressources.

Deux hommes sur un bateau.

Scott Beatty, le directeur général de MarineLabs, et Gordon Planes, le chef de la Nation T'Sou-ke

Photo : Rohit Joseph/CBC

RCI

La Première Nation T'Sou-ke, située dans le sud de l'île de Vancouver, en Colombie-Britannique, s’est alliée à une entreprise de nouvelle technologie baptisée MarineLabs. Grâce à des bouées intelligentes, il sera possible de recueillir une série de données concernant les effets du changement climatique sur les eaux où la nation récolte sa nourriture.

La Première Nation T'Sou-ke s'est adressée il y a environ 18 mois à MarineLabs, une entreprise de Victoria qui recueille des données en temps réel sur l'océan.

Un certain nombre de problèmes sont apparus dans le bassin de Sooke, l’une des zones dans laquelle les membres de cette communauté chassent et pêchent. Il s’agit d’une anse abritée située à une vingtaine de kilomètres à l'ouest de Victoria.

Vue sur une petite baie.

Ce bassin est très fréquenté par les membres de la Première Nation.

Photo : Rohit Joseph/CBC

Le changement climatique a fait des ravages dans la région : l'augmentation des températures de l'air et de la mer a tué la vie marine, y compris d'importantes sources de nourriture traditionnelle pour les Autochtones.

Par ailleurs, les tempêtes extrêmes sont aussi plus fréquentes. Les dirigeants de la communauté souhaitent donc être mieux préparés.

En outre, les navires abandonnés, les déchets miniers et le trafic maritime ont pollué l'eau et influé sur la récolte des coquillages au cours des dernières décennies.

De plus, une augmentation des épisodes de chaleur extrême, par exemple, peut modifier la chimie de l'eau, ce qui a des répercussions sur l'écosystème marin et les espèces que les T'Sou-ke ont toujours récoltées pour se nourrir. Un rapport de 2019 du ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique a recommandé une surveillance régulière de l'eau du bassin.

Une bouée jaune dans l'eau.

Une bouée intelligente de MarineLabs recueille toute une série de données, dont la vitesse du vent, la taille des vagues et l'activité des bateaux dans les eaux environnantes.

Photo : Rohit Joseph/CBC

MarineLabs espère maintenant obtenir des données sur la zone en utilisant des bouées intelligentes dotées de capteurs pour détecter la vitesse du vent, la taille des vagues, le nombre de bateaux ou de navires qui circulent, la température et la salinité de l'eau.

La science est essentielle, a déclaré Gordon Planes, chef de la Nation T'Sou-ke. Connaître l'historique de ce qui s'est passé au cours des dernières années pourra vraiment nous dire où nous en sommes. Cela établira une base pour l'avenir, a-t-il ajouté.

M. Planes, qui se fait également appeler Hyakwacha, espère que les bouées permettront de détecter une augmentation de la navigation, de révéler les problèmes environnementaux existants et de déterminer ce que sa Première Nation peut faire pour s'adapter au changement climatique.

Derrière des plantes asséchées, on aperçoit des maisons en bordure d'une plage jonchée de morceaux de bois.

Les Autochtones tiennent beaucoup à leur territoire.

Photo : Radio-Canada / Laurie Dufresne

Cela pourrait avoir un effet négatif sur ce que nous sommes et sur la façon dont nous vivons sur ce littoral, a déclaré M. Planes.

Scott Beatty, PDG de MarineLabs, a indiqué qu'il y a actuellement 41 capteurs le long des côtes canadiennes qui sont similaires à ceux de son entreprise, mais généralement plus anciens.

Les statistiques de l'océan sont en train de changer, et le changement climatique ne fait qu'aggraver la situation, a dit M. Beatty.

M. Beatty a évoqué le cas du Zim Kingston, un porte-conteneurs qui a perdu des dizaines de conteneurs sur une mer agitée et qui a fini par prendre feu à l'automne 2021. Selon lui, si l’équipage avait eu accès à ce type de données, il aurait peut-être pu éviter la catastrophe.

Il s'agit d'être proactif, d'avoir plus de données lors des interventions en cas de déversement, a-t-il conclu.

Ryan Chamberland, gestionnaire maritime de la Nation T'Sou-ke, a déclaré qu'il aimerait voir d'autres communautés et le gouvernement investir dans des projets similaires.

Cela contribue vraiment à protéger l'investissement à long terme que représentent ces pêcheries ainsi que l'accès à la nourriture et aux pêcheries cérémonielles, dit-il.

D'après un texte de Courtney Dickson, de CBC

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