1. Accueil
  2. Politique
  3. Politique fédérale

Perturbations dans les aéroports : un comité parlementaire tiendra des audiences

Une centaine de passagers qui attendent à l'aéroport.

Des passagers font la queue pour les contrôles de sécurité à l'aéroport Pearson de Toronto, au début du mois de juillet.

Photo : CBC/Jonathan Castell

La Presse canadienne

Le Comité permanent des transports de la Chambre des communes enquêtera sur les longs retards dans les aéroports et les annulations de vols des transporteurs.

Les membres du comité ont tenu lundi après-midi une réunion d'urgence, en mode virtuel, et ont voté à l'unanimité pour se pencher sur ces retards et ces annulations. Le comité convoquera notamment le ministre fédéral des Transports, Omar Alghabra, et tiendra sa première audience d'ici la fin de la semaine prochaine.

Les compagnies aériennes et les aéroports ont été aux prises cet été avec une augmentation des voyages, aggravée par des pénuries de personnel qui touchent à la fois les transporteurs et les agences fédérales qui s'occupent notamment de la sécurité et des douanes.

Cet alignement particulier de facteurs a entraîné l'annulation de nombreux vols, des retards dans la récupération des bagages et de longues files d'attente dans les aérogares. L'aéroport international Pearson de Toronto, le plus achalandé du pays, a été aussi le plus durement touché par ces ennuis.

Des bagages empilés à l'aéroport Pearson de Toronto.

À l'aéroport Pearson de Toronto, comme ailleurs au pays, la gestion des bagages pose problème.

Photo : Radio-Canada / Mirna Djukic

John Gradek, directeur du programme de gestion de l'aviation à l'Université McGill, explique que les compagnies aériennes ont augmenté considérablement leurs offres de vols à mesure que la demande reprenait, mais qu'elles n'ont pas été conscientes de leurs propres pénuries de main-d'œuvre pour y répondre.

Les compagnies aériennes avaient mis à pied des travailleurs au début de la pandémie, et elles ont eu du mal ensuite à réembaucher suffisamment d'employés pour répondre à la demande.

Selon le professeur Gradek, les compagnies aériennes ont voulu rapidement profiter le plus possible de la manne sans vraiment comprendre quel en serait l'impact sur la capacité de l'infrastructure et des écosystèmes aéroportuaires du pays.

Si les aéroports avaient pu freiner

M. Gradek croit que les aéroports canadiens sont eux aussi un peu responsables des retards, car ils n'ont pas pu limiter le nombre de vols correspondant à leurs capacités, en partie parce qu'ils n'ont pas le pouvoir d'ordonner aux transporteurs de réduire le nombre de leurs vols.

La semaine dernière, la président-directeur général de l'Autorité aéroportuaire du Grand Toronto a déclaré que les retards étaient maintenant moins nombreux. Mais elle n'a pris aucun engagement spécifique et n'a pas voulu prédire à quel moment les temps d'attente pourraient être réduits à l'avenir.

D'autres aéroports dans le monde ont obligé les compagnies aériennes à réduire le nombre de leurs vols. L'aéroport britannique d'Heathrow a ainsi ordonné aux compagnies aériennes de cesser de vendre des billets pour les vols de l'été, et il a imposé un plafond au nombre de passagers par jour.

Les compagnies aériennes ne veulent pas réduire leur offre, pour ne pas perdre leurs parts de marché.
Une citation de John Gradek, directeur du programme de gestion de l'aviation à l'Université McGill

Ce dernier a hâte de voir ce que proposera le comité parlementaire pour garantir que les perturbations dans les aéroports seront limitées la prochaine fois. Les initiatives volontaires et à l'amiable pour résoudre le problème ne fonctionnent pas, a-t-il dit, alors nous avons besoin d'une certaine coercition.

Air Canada a annoncé en juin qu'elle réduirait de plus de 15 % son offre en juillet et en août, soit plus de 9500 vols, en raison d'un système de transport aérien tendu. Pendant ce temps, WestJet a déclaré avoir supprimé de façon proactive des vols à Pearson, anticipant la grogne estivale.

Transports Canada affirme de son côté que le gouvernement fédéral et l'industrie travaillent de concert pour améliorer les déplacements, notamment en rencontrant les intervenants, en embauchant du personnel et en améliorant l'application en ligne ArriveCAN pour la déclaration sanitaire.

Air Canada est aussi critiquée pour avoir refusé d'indemniser les passagers lésés (nouvelle fenêtre). Le transporteur plaide que les pénuries de personnel sont dues à la pandémie de COVID-19.

À la une