1. Accueil
  2. Environnement
  3. Faune et flore

Grippe aviaire : 5000 carcasses d’oiseaux ramassées aux Îles-de-la-Madeleine

Un homme ramasse un fou mort dans le sable.

La seconde phase de l'opération de nettoyage est toujours en cours (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Isabelle Larose
Isabelle Larose

La collecte des oiseaux morts de l’influenza aviaire (nouvelle fenêtre) a jusqu’à maintenant permis de récupérer pas moins de 5013 carcasses d’oiseaux sur les plages madeliniennes, principalement des fous de Bassan.

Selon le bilan disponible mercredi, les équipes ont récolté 3843 oiseaux morts sur plus de 100 kilomètres de plage dans le cadre de la deuxième phase de l’opération de nettoyage mise en œuvre le 15 juin par la Communauté maritime des Îles-de-la-Madeleine.

Ce nombre vient s’ajouter aux 1170 carcasses amassées sur 58 kilomètres de plage lors de la première étape de la collecte (nouvelle fenêtre) coordonnée par le ministère de l’Environnement entre le 30 mai et le 6 juin.

Selon les données publiées sur le site web de la Municipalité des Îles-de-la-Madeleine, plus de 50 % des oiseaux morts ont été récupérés sur les plages de la Dune-du-Sud à Havre-aux-Maisons et de la Grande Échouerie à Grosse-Île, deux portions du littoral ayant une orientation similaire à l’est de l’archipel. Seulement sur ces deux sites, 2450 carcasses ont été recueillies depuis la mi-juin.

Depuis le début, je répète qu’il y a des milliers d’oiseaux décédés et c’est une impression qui se confirme et se précise au fil de la [collecte], lance le maire des Îles-de-la-Madeleine, Jonathan Lapierre. Ça démontre l’importance de cette opération-là.

Un tracteur sur une plage avec une pelle remplie de carcasses de fous de Bassan.

Les fous de Bassan sont ramassés à l'aide d'un tracteur sur les plages de l'archipel par l'entreprise madelinienne Lavages industriels Vigneau (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Le bilan continuera de s'alourdir, car l’opération de nettoyage des plages n’est pas encore terminée. Certains secteurs, dont l’île d’Entrée, n’ont pas encore été visités.

Sans pouvoir chiffrer la portion du territoire qu’il reste à arpenter, le maire rappelle aux Madelinots que l’opération de nettoyage ne pourra durer éternellement et qu’il est certain que des carcasses ne pourront être ramassées.

L’objectif n’est pas de faire l’opération de nettoyage durant tout l’été, souligne M. Lapierre. On a déjà annoncé que ce n’était pas possible, ni techniquement ni financièrement. Ça n’enlèvera pas tous les oiseaux qui pourraient se retrouver sur les plages, parce que ce n’est pas accessible partout.

L’idée, c’est de ramasser le plus gros, mais il y aura une fin à ça inévitablement et la nature fera son œuvre pour la suite.
Une citation de Jonathan Lapierre, maire des Îles-de-la-Madeleine
La carcasse d'un fou de Bassan sur une plage.

Plusieurs milliers de fous de Bassan ont été retrouvés morts sur les plages madeliniennes (archives).

Photo : Radio-Canada

Même si la Municipalité indique sur son site web qu’un suivi de l’état des plages sera fait à la mi-juillet pour réévaluer la situation, le maire indique déjà qu’il serait surprenant qu’il y ait une autre phase de nettoyage une fois celle en cours terminée.

Un homme transporte un oiseau mort vers la pelle d'un tracteur.

Le maire des Îles-de-la-Madeleine indique que toutes les carcasses ne pourront être ramassées (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Selon Jonathan Lapierre, la mortalité des fous de Bassan est à la baisse. On n’est plus au même stade qu’on était au moment de lancer cette deuxième phase de l’opération ramassage. Il y a encore de la mortalité, mais c’est beaucoup moins fréquent que ce l’était il y a deux semaines, affirme-t-il.

L'aide de Québec était nécessaire

Selon le maire, les quelque 5000 carcasses déjà amassées viennent démontrer la pertinence des revendications faites par la Communauté maritime des Îles pour que Québec contribue financièrement à l’opération de nettoyage. Lorsqu’on a décidé de faire des pressions, on savait qu’on avait raison, affirme M. Lapierre.

Il y avait des indicateurs, ce n’était pas un caprice, loin de là, poursuit-il. Il y avait un phénomène anormal qui se déroulait, une mortalité élevée d’oiseaux sur une longue période. C’est pour ça qu’on a demandé l’aide du ministère et du gouvernement. Une aide est venue, donc on a bien fait de le faire et si c’était à refaire, on referait exactement la même chose.

Le maire des Îles-de-la-Madeleine, Jonathan Lapierre, photographié lors de la séance du conseil du 10 mai 2022.

Le maire des Îles-de-la-Madeleine, Jonathan Lapierre

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Au départ, le ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC) avait coordonné et financé une collecte de quelques jours qui se limitait aux 60 kilomètres de plages les plus fréquentés de l’archipel.

Après un appel à l'aide du maire (nouvelle fenêtre), le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques a accepté de payer la facture d’une deuxième phase de nettoyage (nouvelle fenêtre) en déléguant toutefois la gestion de l’opération à l'administration locale. La Communauté maritime des Îles s'est donc chargée d'octroyer un second contrat à l'entreprise Lavages industriels Vigneau afin qu'elle continue de ratisser les plages.

Isabelle Larose
Isabelle Larose

À la une