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La cheffe Archibald en attente d’un mandat clair de l’assemblée générale de l’APN

Une résolution appelée à être adoptée jeudi reconnaît la légitimité de l’élection de la cheffe, mais invite les dirigeants à entamer un processus marqué par « la réconciliation, l’obligation de rendre des comptes et le respect mutuel ».

La cheffe Archibald s'apprête à entrer dans une salle.

La cheffe RoseAnne Archibald arrive à l'assemblée annuelle de l'APN.

Photo :  CBC / Ka’nhehsí:io Deer

Guy Bois

La cheffe de l'Assemblée des Premières Nations (APN) RoseAnne Archibald est en attente d’un mandat clair de son assemblée générale.

Le retour de la cheffe était devenu inexorable avec le rejet mardi d’une proposition qui aurait fait en sorte, si elle avait été adoptée, de prolonger sa suspension, le temps que se termine une enquête sur la gestion des ressources humaines au sein de l’Assemblée des Premières Nations. Cette résolution a été défaite : 252 délégués ont voté contre et seulement 26 personnes ont voté en sa faveur.

Mercredi matin, une autre résolution devait être soumise aux délégués par le chef Rod Travers de la Première Nation de Kinonjeoshtegon au Manitoba. La résolution exigeait le départ pur et simple de la cheffe. On l’accusait d’avoir violé la confidentialité liée à l’enquête sur les plaintes déposées par des employés de l’Assemblée des Premières Nations. Cette résolution a été retirée, ce qui confirmait une fois de plus le retour sans entrave de la cheffe Archibald.

Comme rien n’est simple dans une assemblée générale, une résolution d’urgence, dont des copies circulaient en matinée, a été soumise mercredi après-midi. Elle semble être le résultat d’un compromis entre le clan de la cheffe Archibald et le comité exécutif qui l’avait suspendue le 17 juin.

Les négociations entre les parties se sont étirées jusqu’au moment où a repris l’assemblée générale après la pause-repas. Or, la résolution présentée aux délégués contenait des ratures, quelques phrases mal formulées, avec une version française rédigée à la dernière minute où apparaissaient des fautes d’orthographe.

Quelques délégués ayant pris la parole, dont certains laissaient entendre qu’ils avaient participé à la rédaction initiale, se sont montrés insatisfaits de la version soumise à l'assemblée.

En un mot, on s’entend, pour l’instant du moins, sur la fin de la suspension de la cheffe, mais on exige une meilleure formulation de cette résolution d’urgence. Voilà pourquoi le débat sur son adoption a été remis à jeudi matin.

La résolution présentée mercredi permet tout de même de se faire une bonne idée du contenu final qui sera présenté.

La résolution d’urgence en brouillon reconnaît dans son préambule la légitimité de l’élection il y a un an de la cheffe Archibald.

On y lit entre autres que le Comité [sic] exécutif de l’Assemblée des Premières Nations n’a pas la compétence pour suspendre la cheffe nationale, un argument partagé largement par l’assemblée des chefs et qui a servi de base à la campagne de la cheffe Archibald pour reprendre son poste.

Un élément de la résolution qui sera débattue jeudi invite les dirigeants – la cheffe et son comité exécutif – à entamer un processus marqué par la réconciliation, l’obligation de rendre des comptes et le respect mutuel.

Une façon pour les délégués d’obliger les dirigeants à s’entendre.

On sent également à la lecture de cette ébauche de la résolution d’urgence que les délégués des communautés ont particulièrement été marqués par l’atteinte à l’image de l’Assemblée des Premières Nations. On peut y lire que ce conflit nuit gravement à la réputation de l’organisation, une critique qui a été évoquée à de multiples reprises.

Cette assemblée générale qui se termine jeudi devait se pencher sur une quarantaine de résolutions. Or, les débats entourant la suspension, puis la réintégration de la cheffe auront pratiquement mobilisé l’ensemble des délibérations.

Rendez-vous donc pour la suite jeudi alors que des rebondissements sont toujours possibles au sein d’une assemblée générale où le climat demeure tendu.

Guy Bois

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