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Des Autochtones s’inquiètent aussi de l’impact de la Fonderie Horne

La ville de Rouyn-Noranda, avec les cheminées de la Fonderie Horne en arrière-plan

La ville de Rouyn-Noranda accueille la fonderie Horne, qui est sous le feu des projecteurs depuis quelques jours.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Delphine Jung
Delphine Jung

« Et chez nous, quelles sont les répercussions des opérations de la Fonderie Horne de Rouyn-Noranda? » La question se pose sérieusement dans la communauté de Long Point, située à environ 75 kilomètres à vol d’oiseau de la fonderie.

Les gens se demandent jusqu’où peut aller l’arsenic et quels sont les impacts de ses opérations sur l’ensemble de notre territoire, sur l’eau, sur notre alimentation quotidienne, car nous consommons encore beaucoup les produits de la chasse et de la pêche, indique le chef Steeve Mathias.

Un homme se tient à son bureau, stylo en main avec un écriteau accroché en arrière de lui, une plume et un tambour.

Comme c'est écrit dans le bureau du chef Steeve Mathias, les enfants de Long Point sont la priorité de cette Première Nation anishinabe.

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

Ces inquiétudes surviennent à la suite des informations diffusées par les médias relativement au Rapport de l’étude de biosurveillance menée à l’automne 2019 par la Direction de santé publique de l’Abitibi-Témiscamingue. (nouvelle fenêtre)

Ce rapport démontrerait qu’il existe chez les personnes qui résident à proximité de la fonderie une prévalence de cancers du poumon, de naissances de faible poids plus fréquentes et d’espérances de vie plus courtes.

Dans une conférence de presse qui s'est tenue mercredi, la santé publique a rappelé qu'elle juge que le risque de cancer du poumon lié à l'arsenic n’est pas négligeable à Rouyn-Noranda et qu'il dépasse le seuil acceptable.

Le fait que la fonderie émet depuis des dizaines d’années des taux élevés d’arsenic qui dépassent les normes fixées par le gouvernement du Québec inquiète beaucoup les membres, selon le chef.

Un point d'eau et les maisons du village qui sont au bord.

La communauté est située sur le bord de la rivière Winneway.

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

J’ai demandé à la direction de notre centre de santé s’il était possible d’avoir des statistiques sur les cancers. Je sais que dans la communauté il y a des gens qui ont un cancer, mais je ne sais pas si c’est lié à la Fonderie Horne, ajoute le chef Mathias.

Le Conseil tient à rappeler que les opérations de la Fonderie Horne s’effectuent sur le territoire ancestral anishinabe, territoire qui n’a jamais été cédé et sur lequel la Première Nation de Long Point possède un titre et des droits ancestraux, peut-on lire aussi dans un communiqué de presse émis par le conseil de bande.

Vue des tuyaux surplombant la fonderie.

Les installations de la Fonderie Horne à Rouyn-Noranda.

Photo : Radio-Canada / Émilie Parent-Bouchard

Le chef souhaite que l’entreprise qui exploite la fonderie organise rapidement une rencontre avec les membres de la communauté sous la forme d’une assemblée publique.

Quant au rôle du gouvernement dans ce dossier, le chef indique à demi-mot qu’il est encore difficile de lui faire confiance.

Le gouvernement délivre toute sorte de permis qui vont à l’encontre de nos intérêts et de nos droits. Il n’y a pas un membre dans ma communauté qui dit qu’on peut se fier au gouvernement, car il ne tient pas compte de notre culture, mais regarde tout cela uniquement du point de vue économique, poursuit encore le chef.

Delphine Jung
Delphine Jung

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