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2 hôpitaux ferment leur urgence temporairement, faute de personnel

Une pancarte à l'urgence de Perth.

L'urgence de l'hôpital de Perth est fermée au moins jusqu'à jeudi. (Archives)

Photo : Radio-Canada / David Bates

RCI

Les urgences de deux hôpitaux ont dû fermer leurs portes, en fin de semaine, en raison d'un manque de personnel. Si une des deux urgences a pu rouvrir depuis, la seconde, elle, est toujours fermée.

L'hôpital de Clinton, dans le Sud-Ouest de l'Ontario, n'a pu recevoir de nouveaux patients de samedi à lundi en raison d'un manque d'infirmières.

À l'hôpital de Perth, au sud d'Ottawa, une éclosion de COVID-19 et un manque de personnel expliquent la fermeture temporaire de l'urgence, qui est fermée depuis samedi (nouvelle fenêtre). Elle devrait rouvrir graduellement à partir de jeudi.

Le Dr Alan Drummond, qui y travaille, affirme qu'il s'agit d'une situation sans précédent pour la petite communauté.

Nous faisons face à la fois à une hausse du nombre de patients et à une diminution des ressources pour y faire face.
Une citation de Dr Alan Drummond, urgentologue à l'hôpital de Perth

Le nombre d'infirmières à l'urgence de l'hôpital est passé de 15 à 5 au cours des derniers mois, ajoute-t-il. L'établissement a décidé de fermer son urgence temporairement parce que deux infirmières ont contracté la COVID-19 récemment.

L'association des infirmières de l'Ontario, l'association des hôpitaux ainsi que l'opposition officielle à Queen's Park demandent au gouvernement Ford d'accélérer l'embauche de personnel hospitalier.

Pénurie d'infirmières en Ontario

Ces fermetures temporaires illustrent le manque d'infirmières en Ontario, selon l'Association des infirmières et infirmiers de l'Ontario (AIIO).

La présidente de l'Association, Cathryn Hoy, cite la pandémie qui a aggravé les problèmes d'épuisement professionnel et accentué les départs.

Les infirmières sont épuisées. Elles sont à l'horaire pour un quart de 8 ou 12 heures, mais finissent par travailler pendant 16 heures, voire 24 heures.
Une citation de Cathryn Hoy, présidente de l'Association des infirmières et infirmiers de l'Ontario

Mme Hoy affirme avoir entendu dire que certaines salles d'urgence de la province n'avaient temporairement qu'une seule infirmière pour 30 patients, que certains hôpitaux avaient des dizaines de postes d'urgence non pourvus et que des patients étaient soignés dans les corridors à certains endroits. L'infirmière ne peut pas être partout, lance-t-elle.

Le regroupement presse le gouvernement Ford de bonifier les programmes pour l'approbation des infirmières autorisées, en plus de réduire les temps d'attente pour les infirmières formées à l'étranger.

Une infirmière prépare un soluté.

L'Ontario a moins d'infirmières autorisées pour 100 000 habitants que le Québec et l'Alberta, selon l'Institut canadien d'information sur la santé.

Photo : CBC/Evan Mitsui

L'Association des hôpitaux de l'Ontario affirme que le manque de personnel et de ressources crée des arriérés dans les soins à domicile, notamment, ce qui empêche certains patients de quitter l'hôpital.

Le président de l'Association, Anthony Dale, indique que la pénurie de personnel est particulièrement prononcée dans les secteurs ruraux et dans le Nord de l'Ontario. La situation dans ces communautés continue à être fragile, dit-il.

L'Association des hôpitaux de l'Ontario ajoute que les temps d'attente à l'urgence atteignent un niveau qui n'avait pas été vu depuis 14 ans.

Selon l'Institut canadien d'information sur la santé, l'Ontario avait 609 infirmières autorisées pour 100 000 habitants en 2020, soit moins que l'Alberta et le Québec.

L'Association médicale de l'Ontario presse la province de mettre sur pied des centres spécialisés dans certains types de chirurgies ou de procédures, afin de réduire le fardeau sur les hôpitaux.

Le ministère de la Santé assure qu'il cherche à accroître les effectifs, entre autres en offrant une prime de 5000 $ aux infirmières (nouvelle fenêtre) pour les inciter à ne pas quitter la profession.

Le Nouveau Parti démocratique demande la fin du gel

Quant au chef intérimaire du Nouveau Parti démocratique, Peter Tabuns, il a demandé la fin du plafond des augmentations de salaire du personnel hospitalier.

La Loi de 2019 visant à préserver la viabilité du secteur public pour les générations futures plafonne à 1 % par an les hausses salariales dans le secteur public pour trois ans.

Le chef intérimaire du NPD de l'Ontario, Peter Tabuns, demande à Doug Ford de donner la priorité à l'embauche dans le secteur de la santé alors que des rapports font état d'hôpitaux contraints de fermer temporairement les services d'urgence et les centres de soins d'urgence, et de réduire les heures pour faire face aux pénuries d'infirmières et de médecins, peut-on lire dans un communiqué publié par le Nouveau Parti démocratique mardi après-midi.

Avec les informations de La Presse canadienne.

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