1. Accueil
  2. International
  3. Procès et poursuites

Chine : des diplomates canadiens interdits d’assister au procès d’un ressortissant

Un homme marche devant l'ambassade canadienne en Chine.

Des diplomates canadiens se sont vu refuser en Chine l'accès au tribunal où était jugé le magnat canadien d'origine chinoise Xiao Jianhua, a indiqué mardi l'ambassade du Canada en Chine.

Photo : Associated Press / Mark Schiefelbein

Agence France-Presse

Des diplomates canadiens se sont vu refuser en Chine l'accès au tribunal où était jugé le magnat canadien d'origine chinoise Xiao Jianhua, a indiqué mardi l'ambassade du Canada au lendemain du procès de l'homme d'affaires.

L'homme avait mystérieusement disparu en 2017 de l'hôtel hongkongais où il habitait. Réputé proche des hauts dirigeants communistes chinois, il avait selon des informations de presse été enlevé par des agents de Pékin.

Fondateur du conglomérat Tomorrow, présent dans le secteur bancaire, l'immobilier et les assurances, Xiao Jianhua était à l'époque l'un des hommes les plus riches de Chine, avec une fortune estimée à 6 milliards de dollars.

Depuis sa disparition, peu d'informations avaient filtré sur le magnat (nouvelle fenêtre), considéré comme citoyen canadien par Ottawa, jusqu'à ce que l'ambassade confirme lundi qu'il allait être jugé le même jour.

Gros plan de Xiao Jianhua

Xiao Jianhua lors d'une discussion avec des journalistes à Hong Kong, en décembre 2013

Photo : La Presse canadienne / AP/Next Magazine

Le Canada a fait plusieurs demandes pour assister au procès. Notre présence a été refusée par les autorités chinoises, a indiqué mardi l'ambassade dans un communiqué.

Les autorités et les médias chinois gardent jusqu'à présent le silence sur cette affaire, qui pourrait être liée à la campagne anticorruption menée par le président Xi Jinping.

Interrogé lundi sur le procès, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré lors d'un point presse régulier n'être pas au courant de ce dossier.

Disparu mystérieusement depuis cinq ans

L'enlèvement présumé du milliardaire en 2017 serait intervenu au mépris des lois hongkongaises qui interdisaient alors à la police chinoise d'agir dans le territoire semi-autonome.

Sa disparition avait suscité l'émoi à Hong Kong, certains habitants craignant d'être emmenés de force en Chine continentale, où le système judiciaire est parfois opaque et influencé par le Parti communiste au pouvoir.

Ces inquiétudes étaient au coeur des grandes manifestations qui ont secoué Hong Kong en 2019 (nouvelle fenêtre). Elles avaient été déclenchées par l'opposition à un projet de loi du gouvernement local qui aurait permis des extraditions vers la Chine continentale.

L'affaire Xiao Jianhua rappelle la disparition en 2015 de cinq libraires de Hong Kong (nouvelle fenêtre), connus pour publier des livres au contenu salace sur la classe politique chinoise.

Tous s'étaient volatilisés pour refaire surface en Chine continentale, aux mains des autorités.

En réponse aux manifestations de 2019 à Hong Kong, le gouvernement central a imposé en 2020 au territoire une loi sur la sécurité nationale. Elle permet depuis à des agents de Chine continentale d'opérer légalement dans l'ex-colonie britannique.

À la une