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Inquiétudes pour l’immigration au Manitoba après l’attaque du 1er juillet à La Fourche

Bintou Sacko dans son bureau de l'Accueil francophone à Winnipeg.

La directrice générale de l'Accueil francophone, Bintou Sacko, insistera davantage sur la sécurité à Winnipeg auprès des nouveaux arrivants.

Photo : Radio-Canada

Simon Deschamps
Simon Deschamps

À Winnipeg, l'agression de deux réfugiés ukrainiens survenue à La Fourche le 1er juillet (nouvelle fenêtre) continue de faire réagir. Dans la communauté ukrainienne et chez un organisme qui travaille en immigration, on craint que cet incident influence les nouveaux arrivants, qui hésiteront à venir au Manitoba.

La directrice générale de l'Accueil francophone, Bintou Sacko, espère que cet incident ne viendra pas nuire à tous les efforts faits pour intégrer les nouveaux arrivants.

C'est très malheureux et ça peut laisser quand même un souvenir très amer, ou ça peut réveiller des souvenirs chez ces personnes qui sont nouvellement arrivées, affirme-t-elle en entrevue à Radio-Canada.

Les victimes, âgées de 22 et 23 ans, sont deux réfugiés ukrainiens. L'un a été poignardé et l'autre a été aspergé de poivre de cayenne.

Bintou Sacko rappelle que les victimes auraient pu être n'importe qui. Elle souhaite que les gens qui ont l'intention de venir au Canada voient cet événement violent comme un cas isolé.

Elle ne veut pas que ces futurs immigrants fassent une croix sur le Manitoba.

Je ne voudrais pas que les gens pensent que [ce genre d'incident] est propre au Manitoba. Ça pourrait arriver en Ontario, ça pourrait arriver au Québec. Ce sont des situations qui peuvent arriver partout au Canada.

Il faut surtout regarder les avantages de chaque province. Beaucoup choisissent le Manitoba parce que c'est idéal pour le cadre familial et aussi pour la sensation d'être bien accueillis par les Manitobains, pour leur amitié et leur ouverture, fait-elle valoir.

Mme Sacko souligne que la question de la sécurité est souvent abordée en accueillant les nouveaux arrivants. Avec les récents événements, l'Accueil francophone insistera davantage sur ce point avec sa clientèle.

On leur demande de faire attention, de ne pas circuler dans une rue déserte ou sombre, là où il n'y a pas de lumière. On leur demande de ne pas marcher seuls, affirme Bintou Sacko, qui leur rappelle aussi que la police est présente dans les rues de Winnipeg.

La communauté ukrainienne sous le choc

Le représentant de la section manitobaine du Congrès des Ukrainiens canadiens, Orest Cap, se désole que des gens qui ont fui la guerre aient eu à faire face à de la violence sur leur terre d'accueil.

Orest Cap dans sa maison, le 4 juillet 2022.

Orest Cap est représentant de la section manitobaine du Congrès des Ukrainiens canadiens.

Photo : Radio-Canada

Pour la communauté ukrainienne, cela a été un choc énorme. On leur avait dit que Winnipeg était un endroit amical pour élever une famille et s'établir. Soudainement, faire face à une violence durant la fête du Canada, c'est un peu problématique, dit-il.

Orest Cap exhorte la Ville de Winnipeg à faire du marketing positif pour atténuer les effets négatifs que pourraient engendrer ces violences.

Avec des informations de Maad Chaara et Émile Lapointe

Simon Deschamps
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