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L’influence des Hells Angels est toujours présente en Ontario

Logo des Hells Angels.

Les Hells Angels n'ont plus de section active à Thunder Bay. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Pelletier

RCI

Bien que plusieurs corps policiers, dont la Police provinciale de l’Ontario (PPO), luttent contre les gangs de motards en Ontario, il y a une croissance importante du nombre de clubs d’appui aux principaux gangs, comme les qualifient les autorités. La région de Thunder Bay, dans le Nord-Ouest, est l’un des endroits de la province où, malgré l’absence d’une section, les Hells Angels maintiennent une certaine influence.

Kenneth Dowler, un professeur adjoint qui donne un cours sur les gangs de motards à l’École de criminologie de l’Université Wilfrid Laurier, explique que les motards font de leur mieux pour passer inaperçus.

Ils veulent avoir une image publique qui les montre comme de bons gars sur des motocyclettes, et c’est parce qu’ils ne veulent pas que quelque chose de négatif soit associé à leur opération, explique le criminologue.

Thunder Bay en particulier a vu le nombre de membres fluctuer. Il a monté et baissé. La section a été fermée puis rouverte. D’après mes informations et mes sources, la section de Thunder Bay est fermée présentement, ajoute le détective de la Police provinciale de l'Ontario, Scott Wade.

Les Hells Angels ont trouvé un domicile à Thunder Bay sur la rue Simpson il y a quelques années, mais l’immeuble a été ravagé par un incendie (nouvelle fenêtre) en 2019. D'après M. Wade, le groupe est toujours présent dans la région, même si des opérations policières, des enquêtes et autres choses ont perturbé leurs affaires, ce qui influe sur le nombre de membres.

Selon lui, quelques clubs d’appui se trouvent dans la région de Thunder Bay depuis. Ces clubs agissent en tant que réseau pour des groupes plus larges, comme les Hells Angels, qui les utilisent pour leur permettre de rester dans l’ombre, rester hors de la vue de la police et du public, et pour que d’autres mènent leurs activités criminelles.

Migration des gangs vers le Nord

La présence de gangs de rue qui ont leurs bases d'activité dans le Sud de l’Ontario est en hausse depuis quelques années à Thunder Bay. Ils ont depuis pris le contrôle du trafic de drogue, d’après M. Wade. Celui-ci ajoute que les motards criminels travaillent en tandem avec ces gangs.

Certains clubs appuient les Hells Angels. Ça veut dire qu’ils assistent à leurs événements et se tiennent avec eux, indique-t-il.

Ce sont des clubs [associés ou d'appui], mais il y a aussi des groupes plus importants comme le club Iron Dragons ou les Red Devils qui sont directement liés aux Hells Angels et qui porteront un patch [une pièce] qui signifie qu’ils appuient les Hells Angels de façon officielle, poursuit M. Wade.

Le travail de la police de Thunder Bay, de la Police provinciale de l'Ontario et de nos partenaires a eu un impact sur la facilité de maintenir une section, mais je crois que cette influence sera toujours présente dans la région.
Une citation de Scott Wade, détective de la PPO

M. Dowler indique qu’il y a bel et bien de la violence entre certains groupes, mais pas au même niveau que durant la guerre des motards du Québec des années 1990 et 2000, notamment entre les Hells Angels et les membres des Rock Machine.

À ce moment-ci, il n’y a pas de vrai défi. Tant que les autres organisations paient un peu d’argent ou se font un territoire et n’empiètent pas sur les autres, la violence est au minimum, estime le professeur.

L’absence de conflits, signe d’équilibre

Les conflits surviennent surtout lorsqu’il y a une lutte pour contrôler des marchés illégaux, comme celui de la drogue.

Si le taux d’homicide monte et descend, souvent, c’est parce que le marché s’ouvre. Soudainement, les gens se poussent pour faire de l’argent, raconte M. Dowler.

Cependant, M. Dowler indique que les groupes de motards ne veulent plus attirer trop l’attention, donc ils n’acceptent pas des membres avec des antécédents d’actes violents. D’après lui, les groupes de motards préfèrent maintenant participer à des collectes de jouets ou des levées de fonds pour la recherche sur le cancer.

Malgré ce constat, les opérations policières n'arrêteront pas. M. Wade affirme qu’il y a plusieurs centaines de membres actifs des Hells Angels dispersés en Ontario, ce qui nécessite beaucoup de ressources afin d’enquêter efficacement sur leurs activités.

Les choses changent rapidement dans le monde des motards.
Une citation de Scott Wade, détective de la PPO

Nous sommes chanceux que, avec l’effort de la police, de bonnes sources et l’application de la loi, nous n'ayons pas de conflits majeurs, ce qui est notre priorité, soit d’assurer que la sécurité du public et des policiers ne soit pas mise en danger en raison des conflits entres ces groupes. Mais ces conflits se produisent de temps à autre, dit le policier.

Avec les informations de Kris Ketonen, de CBC

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