1. Accueil
  2. Santé
  3. Santé publique

Des camps de vacances ferment au Québec à cause de la hausse des cas de COVID-19

L'association des camps s'inquiète et demande une rencontre avec la santé publique pour clarifier les règles.

Des enfants dans un camp de vacances d'activités nautiques apprennent comment tenir leur pagaie, sous les conseils d'une monitrice.

Durant la pandémie, les camps de vacances ont été fermés à l'été 2020 et certains n'ont pas ouvert leurs portes à l'été 2021.

Photo : La Presse canadienne / David Goldman

Thomas Gerbet
Thomas Gerbet

L'été à peine commencé, au moins trois camps de vacances sont déjà fermés au Québec en raison d'éclosions. Les animateurs sont particulièrement touchés par la remontée des cas de COVID-19, ce qui donne des maux de tête aux gestionnaires des autres camps.

Le Camp Ouareau, qui accueille plus de 150 campeuses, dans Lanaudière, doit renvoyer toutes les filles chez elles, au grand dam de sa directrice, Jacqui Raill, dans un courriel aux parents envoyé lundi.

Elle leur demande de venir chercher les jeunes mardi. Le camp rouvrira le 13 juillet.

Nous sommes extrêmement tristes d'en arriver là. Cette décision n'a pas été prise à la légère, écrit-elle après la découverte de sept cas de COVID-19 au camp.

Nous prévoyons que d'autres cas pourraient être détectés dans les prochains jours.
Une citation de Jacqui Raill, propriétaire du Camp Ouareau

Au moins 11 moniteurs et deux aspirants moniteurs sont positifs à la COVID-19, de même que trois membres de l'équipe de coordination.

La saison venait tout juste de débuter, la semaine dernière, et des parents avaient planifié leur été en fonction du séjour de leur enfant au camp de vacances.

Le reportage de Marie-Michelle Lauzon.

« Déraisonnable », selon une mère

Je trouve ça super dommage, réagit Emmanuelle, qui doit réorganiser sa journée pour aller chercher ses filles à Notre-Dame-de-la-Merci.

Ça leur permet de quitter la ville. Elles sont obligées de revenir cinq jours plus tôt que prévu, ajoute-t-elle.

Mes filles gèrent déjà la COVID depuis deux ans. Elles ont porté le masque en classe, fait l'école à la maison, mis de côté leur vie sociale et leurs activités parascolaires. Elles avaient enfin la possibilité de prendre l'air et s'amuser avec des amies.
Une citation de Emmanuelle, mère dont les filles fréquentent le Camp Ouareau

Durant la pandémie, les camps de vacances ont été fermés à l'été 2020 et certains n'ont pas ouvert leurs portes à l'été 2021.

Trois jeunes filles font un feu de camp.

Le Camp Ouareau propose plusieurs activités de plein air à de jeunes filles francophones et anglophones, dans un environnement bilingue.

Photo : Camp Ouareau

La mère rappelle que, pendant ce temps, il y a des personnes qui s'entassent dans les restaurants et dans les salles de spectacle.

Elle juge la situation complètement ridicule et la décision déraisonnable, alors que la quasi-totalité des mesures sanitaires est levée au Québec. En ce qui concerne les camps, les règles ne sont pas claires, dit-elle.

Flou autour des recommandations de la santé publique

Dans son courriel aux parents, la propriétaire écrit que la décision de fermer le camp a été prise suite aux conseils de notre direction locale de la santé publique. Or, la santé publique de Lanaudière affirme qu'elle n'a pas fait cette recommandation.

Nous avons été informés de la fermeture du camp, indique la porte-parole du Centre intégré de santé et de services sociaux de Lanaudière, Pascale Lamy. La fermeture complète du Camp Ouareau demeure une décision qui revient à l'administration du camp.

Éric Beauchemin est assis dans son bureau.

Éric Beauchemin est directeur général de l'Association des camps du Québec.

Photo : Radio-Canada

Il n'y a pas de règle clairement établie pour décider d'une fermeture à cause d'une éclosion, constate le directeur général de l'Association des camps du Québec, Éric Beauchemin.

La santé publique nationale interpellée

L'Association des camps du Québec déplore au moins deux autres fermetures, mais ne veut pas révéler les endroits. Un recensement est en cours pour savoir s'il y a d'autres situations semblables.

Lundi, Éric Beauchemin a sollicité une rencontre avec la santé publique nationale pour clarifier les règles.

On a déjà vécu les éclosions de gastro-entérite, avant que la COVID existe. C’est possible de maintenir les opérations dans un contexte comme celui-là. Il faut voir avec la santé publique jusqu’à quel point et quelle est la marge de manœuvre.
Une citation de Éric Beauchemin, directeur général de l'Association des camps du Québec

Les camps suivent déjà des règles comme la distanciation, la limitation à 10 des personnes par unité d'hébergement. Ils privilégient aussi les activités en extérieur.

Les règles à suivre avec un cas de COVID-19 dans un camp :

  • l'enfant ou l'animateur doit s'isoler et porter un masque;
  • si le cas est un enfant, ses tuteurs sont appelés pour venir le chercher;
  • si le cas est un employé, il rentre chez lui le temps requis.
Des enfants se baignent dans un lac, surveillés par un moniteur du camp d'été.

Les camps suivent déjà des règles comme la distanciation et privilégient aussi les activités en extérieur.

Photo : fournie à La Presse canadienne par Brigadoon Village

Les moniteurs plus touchés par la COVID-19 que les campeurs

Selon les échos du terrain qui arrivent à l'Association des camps, c’est beaucoup le personnel d’animation qui est frappé. Or, un animateur absent peut priver une dizaine de jeunes d'encadrement.

C’est un casse-tête pour les organisations. Si on n’est pas en mesure de maintenir les ratios prescrits [moniteur/enfants], on est dans une situation où on doit cesser les opérations du camp.
Une citation de Éric Beauchemin, directeur général de l'Association des camps du Québec

La pénurie de  (nouvelle fenêtre)main-d'œuvre (nouvelle fenêtre)qui touche les camps (nouvelle fenêtre), comme bien d'autres domaines, complexifie encore plus la situation. Les remplaçants se font rares.

Il y a 110 camps de vacances au Québec. Du côté des camps de jour, on déplore au moins une fermeture, celle du camp de jour de la ville de Sept-Îles, toute cette semaine, toujours à cause d'une éclosion de COVID-19.

Thomas Gerbet
Thomas Gerbet

À la une