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L’ouverture d’un magasin de la NSLC à Eskasoni inquiète, malgré le soutien du chef

Une photo du bâtiment de l'épicerie.

Une succursale de la NSLC devrait ouvrir à côté de l'épicerie d'Eskasoni plus tard cet été.

Photo : Radio-Canada / Erin Pottie

RCI

Meagan Paul s'inquiète de ce qui se passera lorsqu'un magasin d'alcools ouvrira dans sa communauté natale d'Eskasoni, en Nouvelle-Écosse.

Ça va être une tentation plus difficile pour moi, témoigne la mère de famille qui est sobre depuis cinq ans.

J'ai tellement de tentations, mais ce qui m'arrête, c'est que le plus près point de vente d'alcool est à 25 minutes.
Une citation de Meagan Paul, membre de la communauté d'Eskasoni

La femme de 31 ans raconte qu’elle a commencé à consommer à 15 ans, et au début de la vingtaine, c’était devenu une habitude quotidienne.

Meagan Paul craint que plus de personnes se mettent à boire avec ce magasin près de l’épicerie et, à son avis, la surconsommation d'alcool mène souvent à la violence.

Meagan Paul à côté d'un de ses enfants.

Meagan Paul, mère de quatre enfants, est sobre depuis cinq ans. Elle croit que la vente d'alcool dans sa communauté sera une grande tentation pour elle et pour bien d'autres.

Photo : Gracieuseté : Meagan Paul

Je ne suis pas la seule, dit-elle. Il y a des gens dans cette communauté qui sont sobres depuis 10, 15, 20 ans. J'ai arrêté parce que j'ai failli perdre mes enfants. Et j'ai failli tuer quelqu'un.

Quelques centaines de personnes ont signé la pétition

La Nova Scotia Liquor Corporation se prépare à vendre à la fois de l'alcool et du cannabis à Eskasoni.

Elle rénove un espace commercial dans la bâtisse qui abrite aussi une épicerie Foodland, un centre de jeux de hasard et deux restaurants.

Jay Denny a décidé de démarrer une pétition contre le projet parce qu’elle a grandi avec des personnes aux prises avec la consommation d'alcool et elle a vu les dommages que ça pouvait causer.

Depuis le 17 juin, près de 400 personnes ont signé sa pétition.

Je pense juste que c'est une façon de faire un coup d'argent pour toutes les mauvaises raisons!
Une citation de Jay Denny, membre de la communauté d'Eskasoni

L'idée que la Nova Scotia Liquor Corporation s’installe à côté de l’épicerie, qui est notre seule source de nourriture, où beaucoup de gens vont encaisser leurs chèques, ça me rend vraiment triste et, honnêtement, ça me rend malade, dit-elle.

Un autoportrait de Jay Denny.

Jay Denny a lancé une pétition en ligne demandant à la Première Nation d'Eskasoni de reconsidérer l'ouverture d'un magasin NSLC dans la communauté.

Photo : Gracieuseté : Jay Denny

Jay Denny considère que l'alcool est pire que bien d’autres drogues.

Je considère l'alcool comme un poison, dit-elle. Ça détruit les familles. Ça détruit les relations. Si vous souffrez de traumatismes avant de commencer à boire, la consommation peut vous pousser à faire des choses que vous allez regretter.

La communauté a demandé à la NSLC un point de vente

La porte-parole de la Nova Scotia Liquor Corporation, Beverley Ware, précise que c’est la communauté qui a demandé l'ouverture du magasin plus tard cet été.

L'an dernier, la communauté a signé une entente de cinq ans avec la Nova Scotia Liquor Corporation pour ouvrir un magasin sous réglementation provinciale dans la réserve.

Ce magasin a le soutien du chef et de la communauté et nous avons travaillé en étroite collaboration avec Eskasoni dans leurs efforts de développement économique, écrit-elle dans un courriel.

L'intention de ce magasin est de fournir des opportunités économiques à la communauté et d'offrir une option pratique aux clients d'accéder à un approvisionnement sécurisé en boissons alcoolisées et en cannabis.

Cette succursale, comme toutes les autres, exigera une pièce d'identité valide avec photo pour la vente d'alcool à toute personne qui semble avoir moins de 30 ans. Le magasin refusera aussi la vente d'alcool aux clients en état d'ébriété.

Le chef d'Eskasoni, Leroy Denny, refuse de commenter la pétition, mais Jay Denny croit qu'il était encore temps de changer le magasin pour permettre seulement la vente de cannabis.

Ils devraient vraiment repenser le projet, dit-elle. J'aurais dû faire cette pétition il y a longtemps, mais mieux vaut tard que jamais.

Avec les informations d'Erin Pottie de CBC

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