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Annuler des vols pour faire face au chaos dans les aéroports

Un passager cherche ses son bagage parmi une pile de valises et de sacs non réclamés à l'aéroport Pierre Elliott Trudeau, à Montréal.

Situation chaotique à l'aéroport de Montréal, tant à l'arrivée qu'au départ.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

RCI

La pénurie de main-d’œuvre et le chaos dans la gestion des bagages forcent les aéroports du pays à réduire leur offre de service. L'aéroport Montréal-Trudeau songe carrément à annuler des vols cet été.

En entrevue à Tout un matin, le président-directeur général d'Aéroports de Montréal (Aéroports de Montréal), Philippe Rainville, indique que le problème se fait ressentir aussi bien dans les agences gouvernementales qu’au sein des compagnies d’aviation.

C’est une reprise, après deux ans de pandémie, qui a été plus rapide que prévu, souligne M. Rainville, précisant qu'on est revenu au niveau d’achalandage d’avant la pandémie, notamment pour les vols internationaux.

Il va falloir réduire l’offre. C’est la seule solution qui va s’offrir à nous. Le système ne peut pas prendre cette quantité de voyageurs […] il est temps que le système retrouve son équilibre.
Une citation de Philippe Rainville, président-directeur général d'Aéroports de Montréal

Les employés d’Aéroports de Montréal sont sur le terrain et la situation est très difficile, dit M. Rainville.

On a beaucoup de gens qui partent parce que la situation devient intenable. Il faut remotiver ces gens-là et réembaucher, ajoute le PDG.

Un retour à la normale est prévu vers la fin du mois de juillet.

Importants retards à Toronto

Si la situation est moins chaotique sur le plancher de l'aéroport Pearson, à Toronto, les voyageurs doivent malgré tout prendre leur mal en patience.

Ainsi, environ 10 % des vols sont affichés comme annulés ou en retard. La distribution des bagages est là aussi nébuleuse.

C'est d'ailleurs à cet aéroport qu'Omar Alghabra, ministre fédéral des Transports, a indiqué que son ministère faisait tout ce qui est en son pouvoir.

Nous devons maintenant travailler avec les compagnies aériennes et les aéroports pour ce qui est de la gestion des vols et des bagages, a ajouté le ministre Alghabra, qui a aussi mentionné que le problème était mondial, mais que ce n'était pas une raison pour ne rien faire.

Plus de 40 % des vols retardés

Dans les grands aéroports du pays (Montréal, Calgary, Pearson et Billy Bishop, Ottawa, Halifax), 54 % des vols n'ont pas respecté leur horaire dans la période du 22 au 28 juin, selon des données de la firme Data Wazo.

Quelque 44 % des vols ont été retardés, alors que 8,5 % ont été tout simplement annulés.

Ray Harris, le patron de la firme de données Data Wazo, de Fredericton, a expliqué que les statistiques de vol montraient que les perturbations de vol ne s'étaient pas améliorées en juin, malgré l'interruption des tests et le retour au travail du personnel pour le début de la haute saison des voyages.

Cela n'a pas vraiment fait bouger l'aiguille dans une direction ou une autre, a-t-il affirmé lors d'une entrevue. Ou peut-être que cela l'a accéléré. Mais d'une certaine façon, le nombre de passagers a également probablement augmenté et il y a donc un effet net nul.

Des passagers disent recevoir des courriels de dernière minute les informant de retards répétés, de changements d'avion ou de nouvelles réservations prévues des jours après leur heure de départ initiale. Les raisons évoquées vont des pilotes absents et des bagagistes surchargés aux entretiens mécaniques non planifiés.

Des problèmes dans une partie du système de transport aérien peuvent en perturber d'autres, par exemple lorsque des zones douanières débordantes empêchent les équipages de procéder au débarquement ou lorsqu'un manque d'agents du service à la clientèle des compagnies aériennes exacerbe les retards.

Les avions retenus sur le tarmac en raison de la congestion dans les zones douanières peuvent faire en sorte que les membres d'équipage épuisent leur « temps de service » – les limites réglementaires et contractuelles sur le nombre d'heures travaillées –, entraînant des pénuries de personnel.

Pendant ce temps, la nouvelle réservation après un vol manqué en raison d'une longue file d'attente de sécurité ou d'un vol de correspondance retardé peut prendre des heures, parce que les agents censés couvrir le comptoir du service à la clientèle sont occupés à procéder à l'embarquement des passagers dans un autre avion retardé. Les bagagistes sont aux prises avec des problèmes semblables.

Air Canada a indiqué qu'elle continuait d'embaucher, avec 32 000 employés maintenant sur sa liste de paie – ce qui se rapproche de ses niveaux de dotation de 2019 – tandis que son horaire ne fonctionne qu'à 80 % des volumes de 2019, a indiqué le porte-parole du transporteur, Peter Fitzpatrick.

Avec les informations de Karine Bastien, Sébastien St-François, Marie-Michelle Lauzon et La Presse canadienne

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