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Une œuvre autochtone prend place au palais de justice de Whitehorse

Une femme souriante pose devant une oeuvre d'art.

L’artiste Violet Gatensby présente son œuvre "Forget Me Not", une réflexion sur les luttes et la résilience de la Première Nation Carcross/Tagish

Photo : Sissi de Flaviis / CBC

RCI

Pour la première fois, une œuvre d’art autochtone est exposée dans un tribunal du Yukon. L'artiste Violet Gatensby, qui l’a réalisée, espère que sa création aidera les personnes autochtones à se sentir mieux représentées dans le système judiciaire.

Dévoilée vendredi dernier au palais de justice de Whitehorse, l’oeuvre Forget Me Not représente une société matriarcale parsemée de myosotis qui recouvrent des fissures.

Celles-ci incarnent ceux qui ont été perdus pendant la période des pensionnats pour Autochtones à Carcross. Les fleurs symbolisent les racines que nous creusons dans nos cultures, explique l’artiste Violet Gatensby, une membre de la Première Nation Carcross/Tagish.

J’ai fait beaucoup de fleurs pour montrer que malgré toutes les difficultés, nous renaissons.
Une citation de Violet Gatensby, artiste autochtone

Mme Gatensby espère que son œuvre aidera les Autochtones à se sentir vus, écoutés et soutenus lorsqu'ils viendront au tribunal.

Un pont holistique

Pour Peter Johnston, le grand chef du Conseil des Premières Nations du Yukon, l’inauguration crée un précédent pour le territoire et le pays.

Un homme pose devant un tableau accroché au mur.

Peter Johnston, le grand chef du Conseil des Premières Nations du Yukon pose devant l'œuvre de l'artiste Violet Gatensby au palais de justice de Whitehorse.

Photo : Sissi de Flaviis / CBC

Il pense que l'œuvre servira de pont holistique pour changer le discours et la façon dont le système judiciaire traite les populations autochtones.

Nous sommes encore très surreprésentés [dans le système]. Il est donc bon pour nous de nous voir sous un jour différent dans le cadre d'un partenariat, mais aussi d'aller de l'avant grâce à nos actions.

Il espère également que le tableau agira comme un objet de réflexion pour ceux qui pénètrent dans le palais.

C’est un lieu solitaire, on a besoin de réconfort et d’un sentiment de sécurité et de soutien quand on est dans cette situation. Alors j'espère que cela va amener ce réconfort, mais aussi peut-être cette idée de responsabilité qui est tout aussi importante dans le système judiciaire.

Violet Gatensby affirme avoir eu l’idée de son œuvre lorsqu’elle a pris part à son premier voyage en canoë avec son père.

Nous étions sur le site de l’ancien pensionnat de Carcross. Mon père faisait une prière et parlait des myosotis qu’il y avait là, et ça a cliqué.

L'œuvre, qui est en partie sculptée, laisse apparaître un motif traditionnel de boîte pliée tlingit. Les visages autour de la peinture représentent la communauté autochtone tandis que les fissures font référence au génocide culturel, aux pensionnats et aux filles et femmes disparues et assassinées.

Décoloniser le système judiciaire

Ce projet, réalisé notamment en collaboration avec le Conseil des Premières Nations du Yukon, fait partie d’une plus large volonté de rendre les tribunaux et le système judiciaire plus culturellement inclusif pour les Premières Nations du territoire.

Une œuvre en partie sculptée avec des motifs tlingit et des myosotis peints.

Forget Me Not sera visible par le public en septembre, au palais de justice de Whitehorse.

Photo : Sissi de Flaviis / CBC

Michael Cozens, le juge en chef de la cour territoriale, croit que le monde judiciaire doit prendre des mesures pour reconnaître et réparer le préjudice causé aux Premières Nations et aux peuples autochtones du Canada par des politiques gouvernementales telles que le système des pensionnats.

Nous comprenons l’obligation que nous avons de travailler pour la réconciliation et d'amener la justice réparatrice aux personnes qui se présentent à nous.

Forget Me Not, qui signifie myosotis en français, est exposée dans la salle d’audience numéro cinq de l’immeuble qui se trouve sur la 2e avenue. Le public pourra la découvrir en septembre lorsque les rénovations qui ont lieu dans l’entrée seront terminées.

Une petite reproduction en acrylique sera visible juste à l’entrée de la pièce pour que les visiteurs puissent comprendre la signification de l'œuvre avant d’entrer dans la salle d’audience.

Avec des informations de Sissi de Flaviis

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