1. Accueil
  2. Environnement
  3. Pollution

Normes environnementales mondiales : inauguration de l’ISSB à Montréal

Des colonnes de fumée s'élèvent au-dessus d'industries.

L'ISSB tente d'universaliser les mesures d'empreinte environnementale des entreprises.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

La Presse canadienne

Le Conseil des normes internationales d'information sur la durabilité (International Sustainability Standards Board, ou ISSB) a officiellement lancé ses activités, mardi, à Montréal, en présence de plusieurs élus.

La mission de cet organisme est de créer des normes de divulgations financières environnementales qui seraient, espèrent ses dirigeants, utilisées pour l'ensemble des entreprises à l'échelle mondiale.

En créant un langage commun pour comparer les entreprises, il deviendra plus facile pour les investisseurs de mesurer l'empreinte environnementale des entreprises et leur risque climatique, avait résumé en entrevue avec La Presse canadienne Emmanuel Faber, président de l'Conseil des normes internationales d'information sur la durabilité, en avril dernier.

La ministre des Relations internationales du Québec, Nadine Girault, a profité de l'occasion pour annoncer un appui financier de 4 millions de dollars, réparti sur trois ans. De son côté, la ministre des Finances du Canada, Chrystia Freeland, a confirmé ce que son gouvernement avait annoncé il y a quelques mois, soit un financement de 8 millions pour la création de ce bureau. Plusieurs dizaines de millions de dollars ont aussi été recueillis de la part d'entreprises privées.

Fruit de la COP26

Le siège social de l'Conseil des normes internationales d'information sur la durabilité est à Francfort, en Allemagne. Lors de son lancement officiel en novembre, l'Conseil des normes internationales d'information sur la durabilité avait annoncé qu'il allait établir un bureau à Montréal.

Ce nouveau bureau fera avancer le rôle du Canada en tant que chef de file dans le domaine de la finance durable et contribuera à faire en sorte que le pays soit au centre de la transition mondiale en cours vers la carboneutralité, a indiqué la ministre Freeland.

Le bureau de Montréal aura une importance similaire à celui de Francfort, selon le cabinet de la ministre Girault. Il sera notamment responsable des activités visant le soutien au conseil d'administration et au développement, ainsi que de l'engagement pour l'ensemble du marché des Amériques.

La création de l'Conseil des normes internationales d'information sur la durabilité avait été annoncée dans le cadre de la 26e Conférence des parties en novembre dernier.

Des normes environnementales 2.0

À ceux qui se demandent ce que les entreprises auraient à gagner en se soumettant volontairement à de nouvelles règles, la ministre Chrystia Freeland a répondu qu'elles adhéreront aux normes environnementales parce qu'elles ont besoin de capitaux.

Les marchés du capital international préfèrent déjà investir dans les entreprises vertes, dans les entreprises qui ont des standards durables. Mais c'est difficile pour les investisseurs de savoir qui est vraiment vert, qui pratique vraiment une approche durable. En créant des normes internationales, nous allons aider les investisseurs et créer une très, très forte raison pour les entreprises de suivre ces standards, a indiqué Mme Freeland en ajoutant que ce seront les investisseurs qui vont demander ces normes.

Un avis que partage Anne-Marie J. Hubert, associée directrice pour le Québec au cabinet d'audit financier et de conseil EY, anciennement Ernst & Young.

Elle a indiqué que les entreprises veulent des normes environnementales homogènes.

Ce n'est pas simple de divulguer les prévisions d'émissions de gaz à effet de serre, de déterminer l'impact sur la stratégie de l'entreprise et sur la gestion de risque. Par contre, s'il y a une façon commune de le faire, on va tous apprendre ensemble, donc les entreprises sont très, très heureuses de réduire leurs coûts de conformité, a souligné Mme Hubert.

Selon elle, les entreprises profiteront également des futures normes environnementales pour attirer du talent, des clients, et puis être crédibles dans les promesses qu'elles font au marché.

Charles-Antoine St-Jean nommé directeur de l'Conseil des normes internationales d'information sur la durabilité

Le chef de la direction de Comptables professionnels agréés du Canada (CPA Canada), Charles-Antoine St-Jean, a été nommé directeur général de l'Conseil des normes internationales d'information sur la durabilité à Montréal.

L'Conseil des normes internationales d'information sur la durabilité est chapeauté par la Fondation IFRS, l'organisme sans but lucratif qui a créé les Normes internationales d'information financière (International Financial Reporting Standards, ou IFRS).

L'annonce de mardi coïncide avec la première réunion des administrateurs de la Fondation Normes internationales d'information financière à Montréal, qui se déroule du 28 au 30 juin. Ces administrateurs sont responsables de la gouvernance, de la surveillance et du financement de la fondation.

La ministre provinciale responsable de la Métropole et de la région de Montréal, Chantal Rouleau, la ministre responsable de l'Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec, Pascale St-Onge, ainsi que des représentants de Montréal International, de l'International Financial Reporting Standards Foundation (Fondation Normes internationales d'information financière) et de l'Conseil des normes internationales d'information sur la durabilité étaient présents lors de l'annonce.

À la une