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Racisme systémique : le premier ministre nie toute ingérence politique

Plan rapproché de Blaine Higgs.

Le premier ministre conservateur du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, nie toute ingérence politique dans le travail de la Commission sur le racisme systémique.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

RCI

Blaine Higgs soutient qu’il n’a pas demandé à la commissaire Varma de ne pas publier son rapport provisoire.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick assure qu’il n’y a pas eu d’ingérence politique de sa part dans le travail de la commissaire sur le racisme systémique au Nouveau-Brunswick, Manju Varma. Blaine Higgs dit qu’il n’a donné aucune indication en ce sens lors d’une réunion le 13 avril dernier.

Les chefs rendent public un rapport provisoire

En avril, la commissaire Varma avait remis un rapport provisoire à plusieurs intervenants. Ce rapport n’était pas public. Toutefois, dans une entrevue accordée à CBC, la commissaire avait révélé qu’elle y recommandait l'ouverture d'une enquête publique sur le racisme systémique dont sont victimes les Autochtones. Elle avait alors évoqué la possibilité de rendre public un rapport provisoire où était présentée cette recommandation.

Cependant, après une rencontre avec le premier ministre Blaine Higgs et avec la ministre des Affaires autochtones, Arlene Dunn, le 13 avril, CBC a appris que la recommandation d'ouverture d’une enquête publique n'allait plus apparaître dans le rapport et que ce rapport n'allait pas être rendu public.

Manju Varma est la commissaire sur le racisme systémique au Nouveau-Brunswick.

La commissaire sur le racisme systémique au Nouveau-Brunswick, Manju Varma, a rencontré le premier ministre Blaine Higgs le 13 avril dernier.

Photo : CBC/Mike Heenan

Lundi dernier, le 20 juin, les chefs mi’kmaq de la province, qui avaient reçu une copie du rapport provisoire, l’ont rendu public. Ils ont dit craindre que le gouvernement s’ingère dans le processus.

La commissaire Varma a précisé que le rapport provisoire n’était qu’un brouillon et que le rapport final serait publié plus tard, comme prévu. Le rapport final contiendra mes recommandations finales. Toute suggestion selon laquelle des propositions contenues dans une mise à jour publiée avant cela constitueraient mes recommandations finales n'est que pure conjecture, a-t-elle écrit dans une déclaration.

Les chefs autochtones claquent la porte

Lundi dernier, devant ce qui semble être un changement de cap de la part de la commissaire, les chefs de neuf communautés mi’kmaq du Nouveau-Brunswick ont décidé de ne plus participer aux consultations menées par Manju Varma.

Ces chefs soutiennent que la commissaire leur a confirmé que le premier ministre Higgs n’était pas prêt à accepter une recommandation pour lancer une enquête publique.

Le même jour, un des deux employés de la commissaire Varma, le conseiller en matière de politiques Robert Tay-Burroughs, a remis sa démission parce qu’il disait craindre pour l’indépendance du travail de la commissaire. M. Tay-Burroughs estime que la commissaire devrait réorienter le mandat qui lui a été confié pour le centrer davantage sur les Premières Nations.

Robert Tay-Bourroughs.

Robert Tay-Burroughs, conseiller principal en matière de politiques de la Commission d'enquête sur le racisme systémique au Nouveau-Brunswick, a démissionné à cause de ce qu'il perçoit comme de l'ingérence politique.

Photo : Gracieuseté

La Commission doit se centrer sur la manifestation spécifique du racisme contre les peuples wabanakis avant celle de votre communauté et de la mienne, même si cela signifie que nous devons faire des sacrifices, écrit-il dans sa lettre de démission.

Déjà, les six chefs de la Nation wolastoqey avaient refusé de participer parce qu’ils estimaient que le travail de la commissaire n'était qu'une solution de rechange inefficace à une enquête publique sur le racisme systémique dont les Autochtones sont victimes depuis longtemps. Ces chefs demandent maintenant au gouvernement de mettre un terme aux travaux de la commission dirigée par Manju Varma, qu’ils considèrent comme un gaspillage de fonds publics, compte tenu de l’ingérence politique du gouvernement conservateur.

Fredericton nie tout

Le premier ministre Blaine Higgs soutient qu’il n’a pas demandé à la commissaire Manju Varma de ne pas publier son rapport provisoire. En tant que première commissaire du pays, il est important qu'elle soit indépendante, a déclaré Blaine Higgs.

Le premier ministre dit que les représentants du gouvernement ont demandé à la commissaire, le 13 avril dernier, comment elle en était arrivée à ses conclusions. Ils ont exprimé des préoccupations quant au fait qu’elle n’ait pas rencontré les chefs de la Nation wolastoqey.

Blaine Higgs parle au micro pendant un point de presse.

Le premier ministre Blaine Higgs nie avoir demandé à la commissaire Varma de ne pas publier son rapport provisoire.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Je veux qu'il soit clair qu'il n'y a jamais eu de directive de ma part selon laquelle elle ne devait pas publier son rapport, soutient le premier ministre.

Blaine Higgs dit toutefois s’inquiéter du fait que les chefs mi’kmaq et wolastoqey refusent de participer à la commission qu’il a instituée. Je pense que nous devons analyser la situation et voir comment nous en sommes arrivés là, lance-t-il.

Une commission plutôt qu’une enquête publique

Les chefs des Premières Nations du Nouveau-Brunswick demandent depuis deux ans la tenue d’une enquête publique sur le racisme systémique, qui touche particulièrement les membres de leurs communautés. Le gouvernement Higgs a refusé l'ouverture d’une telle enquête pour mener des consultations plus larges dans le cadre d'une commission sur le racisme systémique.

En septembre 2021, Fredericton avait nommé Manju Varma présidente de la Commission sur le racisme systémique au Nouveau-Brunswick. Le mandat qui lui avait alors été confié consistait à mener des consultations sur la nature et sur les impacts du racisme systémique qui touche non seulement les nouveaux arrivants, les Noirs et les autres groupes marginalisés mais aussi les Autochtones.

À ce moment-là, il était prévu qu’elle publie un rapport final un an plus tard, soit en septembre 2022.

Avec les informations de Karissa Donkin de CBC.

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