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La Saskatchewan au sommet des infections par le VIH au Canada

Un drapeau vert, jaune décoré par le ruban rouge, symbole de la lutte contre le sida, flotte devant le palais législatif de la Saskatchewan

Selon les dernières données sanitaires, le nombre d’infections par le VIH en Saskatchewan a fait un bond de 30 % entre 2020 et 2021. (archives)

Photo : Radio-Canada

RCI

Le nombre de cas d’infections par le VIH en Saskatchewan a atteint 237 en 2021, ce qui représente plus du double de la moyenne nationale.

Selon les dernières données sanitaires, le nombre d’infections par le virus de l'immunodéficience humaine dans la province a fait un bond de 30 % entre 2020 et 2021.

Le nombre de cas de VIH en Saskatchewan reste le plus élevé du pays.

C'est malheureux. Même si nous donnons des pourcentages, il s'agit de personnes réelles, a déclaré le médecin hygiéniste de l'équipe de direction provinciale du VIH en Saskatchewan, Johnmark Opondo.

Selon le ministère de la Santé, les contacts sexuels ont contribué à 68 % des cas de VIH. Le partage des aiguilles est un autre facteur primordial dans ces nouvelles données.

Les actes sexuels sont très risqués si l'on n'utilise pas de protection et si l'on n'est pas avec un partenaire stable. Pour les injections de drogues, si l'on ne pratique pas une utilisation sûre des aiguilles, même une seule peut suffire à transmettre le VIH, a expliqué le Ministère.

L’importance des centres de consommation supervisée

Selon le Dr Opondo, les centres de consommation supervisée font partie des solutions préventives pour aider à réduire ou contenir les statistiques sur le nombre d’infections par le VIH dans la province.

La directrice générale de Prairie Harm Reduction, Kayla DeMong, qualifie le nombre élevé d'infections par le VIH de bouleversant.

Selon Mme DeMong, ces statistiques témoignent de la nécessité de disposer d'un plus grand nombre d'établissements comme Prairie Harm Reduction dans la province avec une hausse de financement provincial.

Chaque fois que nous parvenons à prévenir une transmission du VIH dans notre établissement, nous savons que nous faisons économiser d'énormes sommes d'argent au système de santé.
Une citation de Kayla DeMong, directrice générale de Prairie Harm Reduction

Pour la troisième année consécutive, le gouvernement provincial a refusé la demande de financement de l’organisme dans un contexte de hausse vertigineuse de crise des surdoses. Pour demeurer ouvert, Prairie Harm Reduction ne compte que sur les dons et la vente de marchandises.

Les personnes à qui nous donnons des services ici sont touchées par l'itinérance. Elles ont des problèmes de santé, des problèmes de santé mentale et elles ne font pas affaire avec beaucoup de services dans notre communauté, a expliqué Kayla DeMong.

Plus nous investissons dans cette population, plus nous parviendrons à réduire les taux de transmission [du VIH], a-t-elle ajouté.

Une crise de santé publique

Bien que la consommation de drogues par voie intraveineuse soit considérée comme l'une des principales causes de l'augmentation du nombre de cas de VIH en Saskatchewan, Larissa Kiesman, médecin de famille dans un centre de soins du VIH de Saskatoon, affirme que les autres facteurs de risques ne doivent pas être ignorés.

Elle dit que le taux élevé de transmission sexuelle de l'année dernière montre que le virus se propage aussi largement chez les non-utilisateurs de drogues.

Nous constatons un grand nombre de transmissions chez des personnes qui n'ont jamais consommé de drogues par voie intraveineuse. Elles sont très choquées par ce diagnostic, explique la Dre Kiesman.

La coordonnatrice de la santé sexuelle de l'Association des étudiants de l'Université de Regina, Robin Hilton, affirme que la flambée de la transmission du VIH peut être liée au manque d'éducation sexuelle actualisée dans les écoles.

Si nous avons la capacité d'avoir des discussions sur la santé sexuelle et de nous sentir à l'aise pour faire des dépistages du VIH, alors nous partons du bon pied, dit-elle.

Pendant la pandémie, la Saskatchewan a connu une baisse spectaculaire du nombre de dépistages.

Il y a eu 78 858 tests effectués en 2021, une légère augmentation par rapport aux 71 681 de 2020, mais toujours en baisse par rapport aux 93 832 de 2019.

Nous devons simplement être très proactifs. C'est une urgence de santé publique. C'est une crise de santé publique, affirme la Dre Kiesman.

En janvier, le gouvernement de la Saskatchewan permet aux pharmacies et aux organisations communautaires de la province d'offrir au public des trousses du VIH dans le but de faciliter le diagnostic précoce.

Larissa Kiesman espère que cela aidera la province à revenir aux niveaux de dépistage d'avant la pandémie.

Avec les informations de Jessie Anton

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