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Un petit rorqual retrouvé mort dans les installations portuaires de Contrecœur

Un rorqual dans le fleuve Saint-Laurent avec le centre-ville de Montréal en arrière-plan.

Un rorqual à proximité du parc Jean- Drapeau, à Montréal, à la mi-mai 2022.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

RCI

Des pêcheurs ont aperçu une carcasse de petit rorqual jeudi matin dans le fleuve Saint-Laurent, à Contrecœur, en Montérégie.

Selon toute vraisemblance, il pourrait s'agir de l'un des deux cétacés aperçus il y a une quinzaine de jours dans les eaux du fleuve, à Montréal.

La bête de 440 kilos a été envoyée vendredi à à la Faculté de médecine vétérinaire de St-Hyacinthe pour une nécropsie.

Le corps du rorqual à l'arrière d'un camion.

La bête de 440 kilos, lors de son arrivée à la Faculté de médecine vétérinaire de St-Hyacinthe.

Photo : Radio-Canada

Robert Michaud, président et directeur scientifique du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM), affirme que son groupe n'a pas encore fait d'évaluation de la carcasse de l'animal.

Le 9 mai dernier, M. Michaud avait confirmé que, pour la deuxième fois en deux ans, une baleine avait été aperçue (nouvelle fenêtre) près du parc Jean-Drapeau, à Montréal. Elle se trouvait ainsi à quelque 450 kilomètres en amont de son habitat habituel.

Puis, le 11 mai, un deuxième petit rorqual (nouvelle fenêtre) a été repéré dans le fleuve Saint-Laurent. Les deux baleines sont demeurées de part et d'autre de l'île Sainte-Hélène pendant au moins deux jours (nouvelle fenêtre).

L'eau douce : un milieu hostile

Ce séjour prolongé en eaux douces effectué par les deux baleines laissait présager une fin tragique pour elles, affirme M. Michaud. Ce n'est pas un bon endroit pour aller prendre des vacances pour des baleines, explique-t-il.

L'un des défis est l'alimentation : les proies que trouvent habituellement les baleines dans le golfe ou dans l'estuaire du Saint-Laurent ne se retrouvent pas en eau douce. Peut-être les cétacés ont-ils essayé de se nourrir, mais sans succès, suppose Robert Michaud.

De plus, en eau douce, ces cétacés sont exposés à des pathogènes qui ne sont pas présents dans leur habitat naturel et contre lesquels ils ne sont peut-être pas aptes à se défendre, dit-il.

Petit rorqual.

Un petit rorqual dans les eaux du fleuve à proximité du parc Jean-Drapeau, à la mi-mai 2022.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Citant l'exemple du rorqual à bosse qui avait séjourné il y a deux ans (nouvelle fenêtre) pendant une dizaine de jours près de l'île de Montréal, Robert Michaud rappelle que la nécropsie avait détecté des lésions importantes sur la peau de l'animal. Il y avait littéralement des tonnes d'algues sur son dos qui créent des lésions et qui constituent des portes en quelque sorte pour des infections.

Ce rorqual à bosse, dont les cabrioles avaient charmé les Montréalais des jours durant, avait finalement péri (nouvelle fenêtre).

C'est clairement un milieu hostile pour les baleines, résume-t-il.

L'expert s'étonne par ailleurs qu'il se soit écoulé une dizaine de jours entre le moment où les rorquals ont été aperçus ce mois-ci et la découverte d'une carcasse.

Si l'animal est resté là, il est étonnant que personne ne l'ait vu, affirme-t-il. Il y a pas mal de monde dans cette région du Québec et il y a eu du beau temps; on n'était pas couvert sous la brume.

L'examen de la carcasse apportera peut-être des éléments de réponse, conclut-il.

Avec les informations de Marc Verreault

Avec les informations de La Presse canadienne.

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