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Chefferie du PCC : tir groupé contre Pierre Poilievre

Pierre Poilievre replaçant ses lunettes.

Le débat en français de la course à la chefferie du PCC a donné lieu à un véritable tir groupé contre Pierre Poilievre, considéré comme le meneur.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Jérôme Labbé porte une chemise bleu clair à motifs.
Jérôme Labbé

Le meneur de la course à la direction du Parti conservateur du Canada (PCC), Pierre Poilievre, s’est retrouvé sur la défensive à plusieurs reprises dans le débat en français, mercredi, à Laval.

Les centaines de militants qui s’étaient déplacés pour l’occasion – et qui n’ont pas respecté les règles du parti en applaudissant ou en huant leurs favoris malgré les avertissements répétés du modérateur – ont assisté à un véritable tir groupé contre le député de Carleton.

Le maire de Brampton, Patrick Brown, a été particulièrement belliqueux à l’endroit de Pierre Poilievre, passant à l’offensive chaque fois qu’il le pouvait, tout comme l’ex-premier ministre du Québec Jean Charest, plus à l’aise dans la langue de Miron que les autres candidats.

Pierre Poilievre a notamment été attaqué pour avoir déclaré le 11 mai, lors du débat officiel en anglais, qu’il remplacerait le gouverneur de la Banque du Canada (nouvelle fenêtre).

On lui a aussi reproché de faire la promotion des cryptomonnaies, d’avoir soutenu les camionneurs qui ont paralysé la colline du Parlement cet hiver, et de ne pas dire clairement s'il contesterait la Loi sur la laïcité de l'État du Québec (mieux connue comme la « loi 21 ») devant la Cour suprême du Canada.

Comment faire confiance à quelqu'un qui leur parle de bitcoin, qui veut congédier le gouverneur de la Banque du Canada et qui, sur la loi 21, n'est pas capable de donner une réponse honnête ce soir?
Une citation de Jean Charest, candidat à la chefferie du PCC

Sur la question des cryptomonnaies, même Leslyn Lewis, peu à l’aise en français, a accusé M. Poilievre d’être dans les patates – une expression bien québécoise qui, dans la bouche de la députée de Haldimand–Norfolk, a provoqué quelques rires dans la salle et sur scène.

Jean Charest débattant avec Pierre Poilievre.

Le compte rendu de Laurence Martin

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le principal intéressé ne s'en est pas laissé imposer. Et il a été cinglant, particulièrement à l’endroit de Jean Charest. Je me souviens de la commission Charbonneau, lui a-t-il lancé. Je me souviens. Et les Québécois aussi. Les camionneurs n’ont aucune leçon à prendre de vous par rapport à la loi et l’ordre.

De 2003 à 2012, alors qu'il dirigeait le Québec, M. Charest a également augmenté la TVQ, la taxe sur l'essence, mis en place un marché du carbone ainsi qu'une contribution santé, a aussi énuméré M. Poilievre. Des initiatives contraires au credo conservateur, selon lui.

L'inévitable « loi 96 »

Sans surprise, le projet de loi québécois sur la réforme de la Charte de la langue française, qui a été adopté mardi par l'Assemblée nationale (nouvelle fenêtre), a été abordé mercredi par plusieurs candidats qui n'ont pas hésité à se prononcer à son encontre.

Patrick Brown, qui a lancé une croisade financière pancanadienne contre la « loi 21 » (nouvelle fenêtre), estime que la nouvelle loi 101 n'est pas correcte, tandis que le candidat Scott Aitchison a affirmé que celle-ci est mauvaise et divise les Québécois.

Roman Baber est celui qui est allé le plus loin en promettant d'utiliser tous les moyens légaux pour contrer les effets de la « loi 96 ».

Pierre Poilievre, pour sa part, n'a pas saisi l'occasion, durant le segment sur les langues officielles, pour se prononcer clairement sur le sujet. Les Canadiens ont le droit de recevoir tous les services du gouvernement fédéral dans les deux langues officielles, s'est-il contenté de dire.

Quant à Jean Charest, il a fait savoir mercredi soir qu'un gouvernement sous son leadership se prononcerait sur la loi 96 devant la Cour suprême du Canada s'il était appelé à le faire. Tout comme il le ferait au sujet de la « loi 21 », a-t-il précisé.

Les six candidats sur scène

La joute de mercredi a mis en scène les six candidats certifiés par le parti, soit Pierre Poilievre, Jean Charest, Patrick Brown, Leslyn Lewis, Roman Baber et Scott Aitchison. En vertu des règles de la course, tous les candidats certifiés doivent participer aux débats officiels organisés par le PCC.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le débat de deux heures était modéré par l'économiste et entrepreneur Marc-Olivier Fortin. Il se tenait au Château royal, une salle de réception du boulevard du Souvenir.

Dix thèmes ont été abordés : l'immigration, l'inflation, la sécurité publique, la santé, la stratégie à adopter pour gagner plus de sièges au Québec, les langues officielles, l'environnement et l'énergie, le commerce et les chaînes d’approvisionnement, la politique étrangère et l'avenir du parti.

C'était la première fois que les aspirants chefs débattaient en français, un exercice laborieux pour certains candidats, dont Leslyn Lewis – qui, comme en 2020, a dû s'en tenir à ses notes (nouvelle fenêtre) –, Roman Baber et Scott Aitchison.

Bannière

Le débat devait théoriquement être suivi de points de presse avec chacun des candidats. Or, seuls Jean Charest et Patrick Brown se sont finalement prêtés au jeu.

Les deux candidats, qui ont parfois semblé mener une attaque coordonnée contre Pierre Poilievre, ont notamment dû nier une fois de plus avoir signé un pacte de non-agression, contrairement à ce que le Toronto Star a révélé en mars dernier.

Encore une semaine pour recruter des membres

Les candidats ont maintenant jusqu’au 3 juin pour vendre des cartes de membre du Parti conservateur du Canada, après quoi il sera trop tard pour s’inscrire en vue du vote postal qui aura lieu cet été.

Le gagnant sera élu au moyen d'un scrutin préférentiel. Son identité sera révélée le 10 septembre (nouvelle fenêtre). L'événement aura lieu au Centre Shaw d'Ottawa, a-t-on annoncé mercredi.

Une troisième et dernière joute officielle pourrait être organisée entre-temps, au début d'août, selon les règles établies par le Comité organisateur de l’élection du chef. Mais il y a peu de chance que d’autres débats aient lieu hors de ce cadre.

Un premier exercice – auquel tous les candidats avaient participé, sauf Patrick Brown – s’est tenu le 5 mai lors de la 14e conférence de réseautage du Canada Strong & Free Network. Jean Charest avait notamment été hué après avoir qualifié le convoi des camionneurs d’« illégal » (nouvelle fenêtre).

En sol québécois, mercredi, une telle remarque lui a plutôt valu un tonnerre d'applaudissements.

Avec les informations de La Presse canadienne.
Jérôme Labbé porte une chemise bleu clair à motifs.
Jérôme Labbé

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