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Candidates aux élections ontariennes : où en est réellement la parité?

Pour la première fois dans l’histoire des élections provinciales ontariennes, 48 % des candidats sont des femmes et des personnes non binaires.

Doug Ford en contre-jour avec deux silhouettes féminines dans son dos.

Le Parti progressiste-conservateur de l'Ontario a sélectionné moins de candidates qu'aux précédentes élections, en 2018.

Photo : The Canadian Press / Nathan Denette

Maud Cucchi

Le nombre de femmes et de personnes non binaires candidates à l’Assemblée législative de l’Ontario augmente par rapport aux élections de 2018. Tendance historique, la part des femmes qui se présentent au scrutin de juin dépasse même celle des hommes dans trois des quatre principaux partis.

Seul le Parti progressiste-conservateur de l'Ontario n’y souscrit pas, présentant même moins de candidates qu’en 2018 (nouvelle fenêtre).

Outre cette figure d’exception, la campagne électorale ontarienne s’accorde de plus en plus au féminin; une tendance que l’on observait déjà il y a quatre ans, où 49 candidates avaient réussi à être élues à Queen’s Park, soit le plus fort pourcentage de députées siégeant à une assemblée législative du Canada (39,5 %).

Cette représentativité pourrait bien s’accroître cette année encore si l’on considère la place croissante qu’occupent les femmes en lice à cette élection (nouvelle fenêtre).

Mais si l’on tient compte du nombre de candidates au sein du parti ayant le plus de chances de remporter de sièges, et selon les sondages, il s’agit du Parti progressiste-conservateur de l’Ontario (nouvelle fenêtre), il se pourrait bien que l'Assemblée accueille moins de députées lors de la prochaine législature. Quarante-deux candidates du Parti progressiste-conservateur s’étaient présentées en 2018; il y en a dix de moins cette fois.

Un choix de candidates inégalé

Le Nouveau Parti démocratique, l’un des premiers partis à instaurer la parité dans ses instances et sur les listes électorales dans ses statuts, présente cette année 68 femmes candidates et personnes non binaires, soit 55 % de ses aspirants députés, comme en 2018 (56 % de femmes).

Andrea Horwath en conférence de presse.

La cheffe du NPD de l'Ontario, Andrea Horwath

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

Le parti d’Andrea Horwath pouvait alors faire de la parité un atout électoral distinctif, ce qui est moins le cas en 2022, puisque deux autres partis peuvent aussi s’en prévaloir.

Cette année, en effet, les libéraux ont réussi à atteindre la parité au forceps (et même à la dépasser à 54 %) en ne permettant qu'aux femmes et aux candidats non binaires de se présenter à l'investiture dans 25 circonscriptions. Alors qu’il comptait 55 candidates en 2018, le parti de Steven Del Duca a réussi à en sélectionner 66 pour le scrutin du 2 juin.

Les trois partis qui atteignent la parité des candidatures ne se privent pas d’afficher leur volontarisme.

Lorsque Steven a été élu chef du Parti libéral de l'Ontario, il s'est engagé à créer plus d'occasions pour les femmes de se présenter aux élections en s'assurant qu’elles se présentent dans au moins 50 % des circonscriptions avant le déclenchement des élections de 2022, fait valoir une porte-parole du Parti libéral de l'Ontario dans un courriel envoyé à Radio-Canada.

Une affiche, des électeurs et des employés dans un bureau de vote d'Ottawa.

Le scrutin aura lieu le 2 juin.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Cette année, les verts se félicitent aussi d’avoir recruté 69 candidates et personnes non binaires, des leaders communautaires diversifiés et qualifiés, résume le parti de Mike Schreiner, qui en faisait déjà un argument de campagne en 2018.

Il est si important que, sur l'ensemble de l'échiquier politique, nous soutenions et donnions les moyens à davantage de femmes de se porter candidates, afin que la voix des femmes soit entendue à la table de chaque décision politique, prônaient les verts en 2018 avec 52 % de femmes sur leur liste, mais aucune élue.

Au NPD ontarien, le profil des candidats constitue un levier politique majeur. Au dévoilement des 124 candidatures, le parti a mis l’accent sur la diversité des personnes retenues : 7 % de gens vivant avec des handicaps, 33% de candidat·es racisé·es, 26 % de gens de couleur,  7 % de candidat·es noir·es, 3 % de candidat·es autochtones, 4 % de candidat·es francophones, 6 % de jeunes, et 12 % de candidat·es 2ELGBTQIA+.

Quatre-vingts pour cent des candidats du NPD appartiennent à une ou plusieurs communautés méritant l’équité, assure le parti.

Ainsi, pour la première fois dans l’histoire des élections provinciales ontariennes, 48 % des candidats sont des femmes et des personnes non binaires. Un grand pas sous cet angle, un plus petit sous un autre, nuance Penny Collenette, avocate et ancienne femme politique libérale.

Au Canada, les femmes représentent la moitié de la population, mais elles ne représentent pas encore la moitié de la Chambre des communes ni de l’Assemblée législative de l’Ontario, déplore-t-elle. Et quand on élargit à l’international, c’est même pire [...]. Si les femmes ne sont pas représentées, elles ne seront jamais entendues.

Son conseil? Il nous incombe à nous toutes, ayant de l’intérêt pour la politique, de vraiment envisager de se présenter aux élections. On a besoin de représentation féminine à tous les niveaux politiques, dans tous les pays [...], avec une masse critique.

Avec les informations de Camille Feireisen

Maud Cucchi

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