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Une réputation controversée pour le propriétaire australien des gisements du Cercle de feu

Andrew Forrest de Wyloo Metals, une minière australienne.

Andrew Forrest, montré en train de se rendre à une conférence de presse à Sydney en 2015, est propriétaire de Wyloo Metals, qui détient désormais la plus grande part dans le Cercle de feu.

Photo : David Gray/Reuters

RCI

Le propriétaire australien de l'entreprise qui détient maintenant la plus grande part du gisement minier du Cercle de feu, dans le Nord-Ouest de l'Ontario, a une réputation controversée, notamment en raison de ses relations commerciales avec les peuples autochtones de son pays natal.

Andrew Forrest, un magnat des mines milliardaire et philanthrope, est propriétaire de Wyloo Metals. 

En avril, Wyloo Metals a acquis les droits miniers de Noront Resources dans le Cercle de feu dans le cadre d'un accord de 600 millions de dollars. Noront Resources, précédemment cotée en bourse, est devenue privée.

L'accord est survenu alors que la province cherche à exploiter les riches gisements de minéraux de la région dans le cadre de sa stratégie de 3,5 milliards de dollars sur les minéraux critiques, dans un contexte d'essor de la production de batteries de véhicules électriques.

La région détient des gisements clés de nickel, de cuivre, de platine et de palladium.

Une carte.

Le Cercle de feu est situé près de plusieurs Premières Nations dans le Nord-Ouest de l'Ontario.

Photo : Radio-Canada / Cam Gauthier

Les Premières Nations de la région restent divisées quant à savoir si et comment le développement devrait se faire.

Des Premières Nations estiment que leurs préoccupations concernant des questions telles que l'impact du développement sur l'environnement ne sont pas entendues.

Andrew Forrest a précédemment fondé Fortescue Metals Group (FMG) et en a fait l'un des trois principaux producteurs de minerai de fer d'Australie.

Expérience en Australie

Au cours de la période de près d'un an pour acheter Noront Resources, Wyloo Metals a vanté à plusieurs reprises les références de M. Forrest chez FMG, déclarant dans un communiqué de presse qu'il a l'intention de reproduire son succès avec les actifs de Noront Resources dans le Cercle de feu.

Ses partisans disent que son succès comprend la promotion de l'emploi, de la formation et de l'entrepreneuriat autochtones.

Mais certains en Australie disent que le bilan de Fortescue Metals avec les peuples autochtones comprend une approche condescendante, conflictuelle et même intimidante des droits territoriaux.

Je veux garder l'esprit ouvert et j'espère que toute entreprise qui s'établira dans le Nord de l'Ontario l'abordera de la bonne manière… mais il y a des raisons de s'inquiéter dans cette histoire, affirme Dayna Scott, professeure agrégée à l’école de droit Osgoode Hall et à la Faculté des études environnementales de l'Université York à Toronto.

Dans le passé, il ne semble pas que le consentement significatif des peuples autochtones ait fait partie de la stratégie [de Forrest] afin de tirer profit de l'exploitation minière, ajoute-t-elle.

Tactiques de division alléguées

Un groupe qui a négocié avec Fortescue Metals à la fin des années 2000 a déclaré que la société avait divisé sa communauté, dont les négociateurs avaient refusé les offres de la société minière.

Michael Woodley, directeur général de la Yindjibarndi Aboriginal Corporation, a déclaré à CBC News que les négociateurs de Fortescue étaient arrogants et leur avaient dit : La raison pour laquelle nous vous donnerions 1,5 million de dollars, ou quoi que ce soit, c'est parce que vous ne savez pas comment gérer l'argent.

Michael Woodley, PDG de la Yindjibarndi Aboriginal Corporation en Australie.

Michael Woodley, PDG de la Yindjibarndi Aboriginal Corporation, affirme que la conduite de Fortescue a divisé sa communauté.

Photo : Gracieuseté de Michael Woodley

La corporation a rappelé à Fortescue la valeur de leur lien avec la terre et lui a dit que ce serait pire si on acceptait l'accord, a déclaré Woodley.

Fortescue a quand même établi la mine, a-t-il dit, et s'est battu devant les tribunaux contre la corporation et la revendication de possession exclusive de ses terres.

L'entreprise n'a versé aucune redevance à la Yindjibarndi Aboriginal Corporation, ajoute M. Woodley, mais a donné des contrats commerciaux à un groupe dissident de Yindjibarndi qui avait soutenu l'accord de Fortescue.

Les Yindjibarndi ont gagné leur cause de possession exclusive en 2017.

Fortescue commente

CBC News a demandé une entrevue à Andrew Forrest, mais un porte-parole a déclaré que son emploi du temps ne le permettrait pas.

Fortescue Metals a plutôt envoyé des déclarations par courriel décrivant sa relation avec les peuples autochtones en Australie.

Fortescue a été fondée sur la conviction que les communautés dans lesquelles nous travaillons devraient bénéficier de notre succès, indique le communiqué.

CBC News a demandé comment les Premières Nations pourraient faire confiance à Wyloo Metals pour respecter des sites importants.

Fortescue a travaillé en étroite collaboration et de manière transparente avec les partenaires de Native Title pour protéger et éviter près de 6000 lieux patrimoniaux, a indiqué un porte-parole de Fortescue dans un communiqué.

Un couloir de neige en plein milieu d'une forêt, vu de haut.

Le Cercle de feu du Nord-Ouest de l'Ontario se trouve dans une des tourbières les plus riches en carbone du monde.

Photo : KWG Resources

Fortescue a également fourni des déclarations citant son historique de soutien à l'emploi et à l'entrepreneuriat autochtones, affirmant qu'il s'agit d'un des plus grands employeurs d'Autochtones d'Australie, qui compte 1000 employés.

Wyloo Metals promet d'attribuer des contrats de 100 millions de dollars à des entreprises autochtones dans le cadre de ses opérations dans le Cercle de feu et d'ouvrir un centre de formation qui garantit des emplois aux Autochtones.

Un entrepreneur autochtone pour une autre communauté australienne qui a signé un accord avec Fortescue estime que l'entreprise a largement tenu les promesses qu'elle avait faites aux Palyku de leur offrir des occasions d'emplois.

La prospérité des Premières Nations

Le chef Bruce Achneepineskum de la Première Nation de Marten Falls, qui est un des promoteurs d'un projet routier menant au Cercle de feu, a déclaré à CBC qu'il souhaitait voir la prospérité dans sa communauté.

C'est important pour nos économies locales dans les communautés, a-t-il déclaré en mars, à la suite de ses rencontres préliminaires avec Wyloo Metals.

Je vois beaucoup de jeunes sans emploi dans nos communautés avec un avenir sombre... Et c'est une façon d'atteindre la réconciliation, la réconciliation économique, affirme-t-il.

Bruce Achneepineskum apprenait à connaître Wyloo Metals en mars et n'avait pas parlé aux Premières Nations d'Australie, a-t-il dit.

Mais il était très satisfait de ce qu'il avait entendu de la part de l'entreprise au sujet de son engagement envers la durabilité environnementale et sa collaboration équitable avec les peuples autochtones.

Je pense que les responsables de l'entreprise devraient avoir leur chance d'expliquer leur propre bilan, au lieu de l'entendre d'autres sources et d'autres médias.

D’un autre côté, la Première Nation de Neskantaga est l'une des quatre Premières Nations qui ont déclaré un moratoire sur le développement dans la région jusqu'à ce qu'un certain nombre de conditions soient remplies.

Son chef Wayne Moonias a déclaré qu'il avait entendu des bribes sur le traitement réservé par Fortescue Metals aux peuples autochtones en Australie et qu’il a des inquiétudes à ce sujet.

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, à droite, le chef Cornelius Wabasse, de la Première Nation de Webequie, à gauche, et le chef Bruce Achneepineskum, de la Première Nation de Marten Falls, au centre.

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, à droite, le chef Cornelius Wabasse, de la Première Nation de Webequie, à gauche, et le chef Bruce Achneepineskum, de la Première Nation de Marten Falls, au centre, montrent leur accord signé concernant le Cercle de feu en 2020.

Photo : La Presse canadienne

Si l'entreprise va simplement de l’avant dans le développement sans le consentement de notre peuple, cela va être un problème, a-t-il déclaré, ajoutant que son seul contact avec Wyloo Metals avait été lors d'une réunion de chefs du conseil tribal Matawa en mars.

Notre peuple utilise toujours les rivières. Il utilise les terres pour son mode de vie. Et il doit y avoir un moyen de s'assurer que nos gens déterminent ce qui va se passer. Ce n'est pas le cas en ce moment.

Le porte-parole de Wyloo a déclaré à CBC News que l'entreprise est engagée dans un partenariat long et collaboratif avec les communautés autochtones de la région.

Nous respectons ces relations et nous nous engageons à écouter attentivement ces communautés et à apprendre d'elles pour bien comprendre leur point de vue en ce qui concerne le développement des minéraux essentiels dont nous avons besoin pour passer à une économie plus propre.

Avec les informations de CBC

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