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Le gouvernement du N.-B. veut aussi profiter des prix records du bois d’œuvre

Un prix pour une planche de bois d'œuvre.

Au cours des deux dernières années, le prix du bois d'œuvre est passé de 200 $ à 1600 $ par 1000 pieds de planche.

Photo : CBC/Robert Jones

RCI

Pour la première fois en sept ans, le gouvernement du Nouveau-Brunswick se préparerait à augmenter ce qu’il facture aux entreprises forestières pour l’utilisation d’arbres sur les terres de la Couronne.

Peu de détails sont disponibles, y compris l’ampleur de la hausse envisagée.

Dans une entrevue accordée lundi, le ministre des Ressources naturelles et du Développement de l’énergie, Mike Holland, a mentionné que le prix élevé du bois d’œuvre dans les deux dernières années l’avait convaincu que les redevances pour le bois utilisé sur les terres de la Couronne ne compensaient pas suffisamment la province par rapport à ce qu’elle fournit à l’industrie.

Le ministre a mentionné que la province doit mettre en place un système qui conviendra à toutes les parties. Il prévoit le dévoilement des détails d’un nouveau plan dans environ un mois.

Le bois est passé de 200 $ à 1600 $ par 1000 pieds de planche. Nous devons créer une sorte de mécanisme qui reflète ces changements, a soutenu le ministre du gouvernement Higgs.

Un chariot élévateur déplace des planches de bois.

La province de la Colombie-Britannique a triplé son taux de redevances sur le bois d'oeuvre.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Le prix du bois d'œuvre a atteint des niveaux records au cours des deux dernières années et a enrichi les entreprises forestières. Par contre, ces mêmes entreprises ont peu contribué à augmenter les revenus de ceux qui leur fournissent les arbres avec lesquels le bois est fabriqué.

Un peu plus de la moitié du bois que les entreprises forestières de la province utilisent provient des terres de la Couronne. Le reste est pigé de diverses sources, y compris les propres exploitations forestières de l’industrie et des milliers de petits fournisseurs indépendants.

Des productions records de bois d’œuvre

En mai, Statistique Canada a établi que la production de bois d'œuvre au Nouveau-Brunswick s’élevait à 180,7 millions de dollars, un record.

La production totale pour l’exercice de 2021-2022 se terminant en mars a grimpé à 1,6 milliard de dollars. C’est 700 millions de dollars de plus que ce que les entreprises forestières ont produit en bois d'œuvre durant l'exercice de 2020-2021. Cependant, les redevances sont demeurées les mêmes.

Selon le budget du Nouveau-Brunswick et des documents publics, la province a empoché environ 70,3 millions de dollars en redevances et en droits de coupe sur les terres de la Couronne en 2020-2021, mais 68,1 millions de dollars pour 2021-2022.

Le ministre Mike Holland regarde la caméra.

Le ministre des Ressources naturelles et du Développement de l'énergie, Mike Holland.

Photo : CBC/Jacques Poitras

Le ministre des Ressources naturelles et du Développement de l’énergie, Mike Holland, a reconnu que les redevances que reçoit la province ne correspondent plus au prix actuel du bois d'œuvre. Il a ajouté que le gouvernement n’entend pas adopter des taux de redevances qui changeront continuellement par rapport à la hausse ou à la baisse du prix du bois d'œuvre.

Les taux de redevances actuels pour le bois du Nouveau-Brunswick ont été établis en 2015, quand le prix du bois d'œuvre était de 282 $ US par 1000 pieds de planche. C’est nettement sous la moyenne de 883 $ US enregistrée au cours de la dernière année.

Incompréhension dans l’industrie

En Colombie-Britannique, la plus grande province forestière du Canada, le taux de redevances de la Couronne a plus que triplé par rapport à 2015. Le gouvernement provincial s’est assuré de partager les retombées financières, contrairement au Nouveau-Brunswick.

Les observateurs de l’industrie forestière au Nouveau-Brunswick ne comprennent pas pourquoi la province n'augmenterait pas le prix de ses arbres à mesure que les entreprises de bois d'œuvre en tirent davantage de revenus.

Cette situation frustre aussi ceux qui vendaient leurs propres arbres aux scieries et qui se plaignaient de ne pas pouvoir obtenir de meilleurs prix, avec un taux du gouvernement si peu élevé.

Tout le monde semble abasourdi par la situation, a remarqué Rick Doucet, de la Fédération des propriétaires de boisé du Nouveau-Brunswick. Vous pourriez recueillir cet argent, le mettre dans les coffres de la province et les scieries s’en tireraient encore très bien.

Le ministre Mike Holland affirme que la question des redevances forestières est à l’étude depuis plus d’un an, mais l’industrie ne semble pas avoir été avisée qu’un changement s’en venait.

L'un des plus grands producteurs d’arbres au Nouveau-Brunswick est l’Acadian Timber Corp. d’Edmundston. Il est le deuxième propriétaire de forêt en importance de la province, derrière J. D. Irving, et il vend du bois aux usines de pâte et papier et de bois d'œuvre.

Son président, Adam Sheparski, a récemment indiqué que la société pressait le ministre des Ressources naturelles et du Développement de l’énergie de facturer davantage ses arbres depuis un certain temps, mais qu’elle n’avait pas entendu parler d’un plan à cet effet.

Le prix du bois d'œuvre a chuté de 35 % sur les marchés la semaine dernière.

D’après un reportage de Robert Jones de CBC

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