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Une vingtaine de pays donneront davantage d’armes à l’Ukraine

Lloyd Austin en conférence de presse.

Le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, a annoncé cette nouvelle aide militaire au terme d'une réunion virtuelle du « Groupe de contact pour la défense de l'Ukraine ».

Photo : Getty Images / AFP / Alex Wong

RCI

Vingt pays se sont engagés à fournir des armes supplémentaires à l'Ukraine pour faire face aux forces russes, le jour même où le président ukrainien a profité d’une tribune au Forum économique mondiale pour exiger de nouvelles sanctions contre la Russie et de nouveaux envois d’équipements militaires.

Le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, a fait état de ces nouveaux engagements lors de la deuxième réunion du « Groupe de contact pour la défense de l'Ukraine ».

Les représentants de 44 pays se sont réunis virtuellement pour discuter de l'assistance militaire à apporter à l'Ukraine à ce stade du conflit. Le ministre ukrainien de la Défense a informé les participants sur la situation militaire actuelle, trois mois après l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

La rencontre d'aujourd'hui s'est très bien passée, a déclaré Lloyd Austin. De nombreux pays vont donner des munitions pour l'artillerie, des systèmes de défense côtière, des chars et autres blindés qui sont indispensables pour l'armée de Kiev, a-t-il ajouté.

Parmi les équipements qui doivent être livrés en Ukraine, le Danemark s'est notamment engagé à envoyer un système de missiles antinavires Harpoon. Le Harpoon est habituellement embarqué à bord de navires de guerre ou de sous-marins, mais le Danemark est le seul pays à avoir acquis la version modifiée de ce lance-missile, qui est installée sur des camions et devient ainsi une batterie de défense côtière.

La République tchèque s'est de son côté engagée à fournir des hélicoptères d'attaque, des chars et des missiles.

Depuis la première réunion du groupe de contact le mois dernier en Allemagne, le rythme des dons et des livraisons a été exceptionnel, s'est félicité M. Austin.

Tout le monde ici comprend les enjeux de cette guerre, et ils dépassent l'Europe de loin. L'agression russe est un affront à l'ordre international.
Une citation de Lloyd Austin, secrétaire américain à la Défense

Le secrétaire américain à la Défense s'est abstenu de préciser les armements que les États-Unis allaient fournir à l'Ukraine après l'approbation par le Congrès d'une aide supplémentaire de 40 milliards de dollars (nouvelle fenêtre).

Il a néanmoins noté que les besoins de l'Ukraine n'avaient pas changé à ce stade : de l'artillerie, des chars, des drones et des munitions.

Un appel à l’aide de Kiev à Davos

C’est justement une aide militaire plus forte qu’a exigée Volodymyr Zelensky lundi lors de la journée d'ouverture de la réunion annuelle du Forum économique mondial.

Si nous avions reçu 100 % de nos besoins en février, le résultat aurait été des dizaines de milliers de vies sauvées. C'est pourquoi l'Ukraine a besoin de toutes les armes que nous demandons, pas seulement de celles qui ont été fournies, a dit le président ukrainien, à Davos, en Suisse.

Nous avons besoin d'armes plus que de n'importe quoi, avait déjà indiqué dimanche soir devant la presse Anastasia Radina, une parlementaire ukrainienne venue à Davos.

L'Ukraine a besoin d'armes comme celles de l'OTAN, incluant des chars, des systèmes de défense aérienne, des avions de chasse, a-t-elle détaillé auprès de l'AFP, estimant que les aides militaires reçues jusqu'à présent, ce n'est pas encore assez.

Après trois mois de guerre et des dizaines de milliers de vies perdues, on en est encore à discuter de si nous avons besoin d'avions-chasseurs. Franchement, c'est scandaleux, a-t-elle déploré.

De nouvelles sanctions demandées

Le gouvernement ukrainien réclame aussi un durcissement des sanctions contre la Russie, qu'il voudrait isoler complètement du commerce international.

Il ne devrait y avoir aucun commerce avec la Russie, a affirmé M. Zelensky, réclamant entre autres un embargo sur le pétrole russe et des mesures contre toutes les banques russes, sans exception.

Les sanctions [...] devraient être au maximum pour que la Russie – ou tout autre agresseur potentiel qui veut conduire une guerre brutale contre son voisin – connaisse clairement les conséquences immédiates de ses actions.
Une citation de Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine

Les pays occidentaux ont mis en place une série de sanctions économiques contre la Russie. Toutefois, si les États-Unis et le Royaume-Uni ont renoncé à importer du pétrole russe, l'Union européenne a du mal à se mettre d'accord sur le sujet, car certains de ses pays membres sont très dépendants du gaz et du pétrole russes.

Nous comprenons que l'Europe essaie d'estimer le coût que cela va avoir pour son économie. Mais de l'autre côté, il y a l'Ukraine, il y a une vraie guerre, a insisté la ministre ukrainienne de l'Économie, Ioulia Svyrydenko, venue en personne à Davos. La Russie veut détruire l'Ukraine [...] et menace le monde de famine. On n'a absolument pas le temps de faire de l'analyse. On a besoin de couper la Russie du monde civilisé, complètement.

Un entrepôt de blé au village de Luky, dans l'ouest de l'Ukraine, en mars.

Le volume des exportations céréalières de l'Ukraine s’est effondré avec la guerre.

Photo : Associated Press / Nariman El-Mofty

L'Ukraine est un important fournisseur mondial de céréales et d'oléagineux, qu'elle ne peut aujourd'hui plus exporter par ses ports, bloqués par l'armée russe. La situation alimente la flambée de l'inflation des produits alimentaires à l'échelle mondiale et crée des craintes pour l'approvisionnement de nombreux pays, notamment en Afrique.

Volodymyr Zelensky a dit avoir parlé à l'Union européenne, au Royaume-Uni, à la Turquie et à des responsables de l'l'Organisation des Nations uniespour tenter d'établir un corridor qui permettrait des exportations de notre blé, de notre tournesol et d'autres grains.

L'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, a de son côté proposé ses services comme médiateur potentiel. Nous sommes en contact avec toutes les parties concernées par la crise ukrainienne, et je suis prêt à contribuer à tous les efforts internationaux et régionaux pour trouver une solution immédiate et pacifique au conflit, a-t-il dit lors d'un discours à Davos.

Le fondateur du Forum économique mondial, Klaus Schwab, a loué lundi le leadership courageux du président ukrainien et s'est félicité d'une délégation particulièrement forte d'Ukrainiens, mais a banni cette année les Russes, qui représentent habituellement un gros contingent de participants.

Là où se tenait les autres années une maison russe, les Ukrainiens exposent les crimes de guerre de ces derniers. Ils espèrent ainsi mieux convaincre la communauté internationale d'intensifier son soutien.

Tout le monde est affecté par ce qui se passe dans votre pays, a aussi dit Klaus Schwab au président ukrainien.

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