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Orages violents au Québec : certains ménages touchés devront s’armer de patience

Un arbre est couché sur le toit d'une maison.

La municipalité de Morin-Heights a été particulièrement touchée par la tempête.

Photo : Radio-Canada / François Sauvé

RCI

Plus de deux jours après les violents orages qui ont secoué plusieurs régions du Québec, quelque 135 000 clients étaient toujours privés d’électricité en fin de soirée lundi.

À 5 h 30 mardi, les régions les plus touchées étaient les Laurentides (73 471 clients privés d'électricité), Lanaudière (33 077) et l’Outaouais (nouvelle fenêtre) (26 006).

La ligne d'orages violents a frappé une bande de territoire de 300 kilomètres de long par 100 kilomètres de large, une ampleur rarement vue, selon le vice-président aux opérations et à la maintenance pour Hydro-Québec, Régis Tellier.

Ça faisait plus d’une décennie que je n'avais pas vu quelque chose de cette ampleur avec des dégâts aussi importants, a-t-il reconnu lors d’un point de presse à Sainte-Anne-des-Plaines, dans les Laurentides.

Les orages ont d'ailleurs fait 10 morts, dont 9 en Ontario (nouvelle fenêtre).

Un homme dans une nacelle travaille près d'un arbre.

Si deux tornades ont frappé à Mascouche et à Gatineau au cours des dernières années, la tempête de samedi se distingue par la superficie du territoire québécois qui a été touché.

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

Des branchements qui nécessitent des travaux plus importants

Lors du point de presse, le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles du Québec Jonatan Julien affirmait qu'il visait le branchement de 80 % des 550 000 clients touchés lundi soir, ce qui aurait laissé environ 110 000 clients dans le noir.

L'objectif n'a pas été tout à fait atteint, car on compte toujours plus de 141 000 clients privés d'électricité.

Le ministre n'a pas caché que les branchements au cours des prochaines heures et des prochains jours seront plus ardus. On entre dans des travaux plus majeurs [...] Donc, plus on va, plus c'est difficile d'aller chercher la clientèle supplémentaire pour le rétablissement, a-t-il déclaré.

À l'heure actuelle, les techniciens doivent en effet intervenir dans des zones plus complexes ou plus difficiles d’accès, explique Hydro-Québec, notamment des secteurs très boisés, parfois en arrière-lots, derrière les maisons.

Entrevue avec Francis Labbé, porte-parole d'Hydro-Québec

Le porte-parole Francis Labbé explique que les dégâts causés par la tempête alourdissent les interventions des techniciens chargés de réparer des poteaux électriques.

Souvent, la première chose à faire en arrivant sur les lieux, c'est de jouer au bûcheron. Il faut vraiment libérer la végétation qui s'est abattue sur le réseau avant de pouvoir même penser à réparer les choses, ce qui fait que chaque opération est assez lourde.
Une citation de Francis Labbé, porte-parole d'Hydro-Québec

La société d'État recommande donc à la population de laisser le plus possible les techniciens travailler afin de ne pas les ralentir.

Si vous voyez des fils au sol, SVP, il ne faut surtout pas s'approcher et plutôt composer le 911 pour faire sécuriser les lieux, dit Hydro-Québec sur son site Internet.

Au Québec, 625 équipes regroupant un total de 1300 techniciens sont sur le terrain pour réparer les dégâts causés par les rafales, qui ont dépassé 150 km/h par endroits.

En Ontario, les autorités indiquent que l’effort de restauration va peut-être prendre trois ou quatre jours, mais qu'il pourrait s'étirer d'une à deux journées supplémentaires dans les cas les plus complexes.

De son côté, Hydro-Québec évite d'établir un échéancier trop précis quant à un rétablissement complet.

Des résidents rassemblés devant un arbre détruit par la tempête.

La mairesse de Val-David a salué l'entraide entre les citoyens à la suite de la tempête qui a frappé sa municipalité.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Problèmes d'accès à l'eau potable

En entrevue à l’émission Tout un matin (nouvelle fenêtre), la mairesse de Val-David, Dominique Forget, a mentionné que les routes étaient dégagées dans son secteur, mais que quasiment la moitié de la population n’a pas d’eau potable, car l'approvisionnement de la municipalité dépend en partie de pompes qui fonctionnent à l’électricité.

Cette situation poussera la municipalité des Laurentides à approfondir sa réflexion quant à la meilleure stratégie à adopter devant ce type d'événement climatique qui risque de se répéter, selon Mme Forget. Entre autres dossiers qui devront être approfondis, juge-t-elle, il faudra s'assurer que le fonds pour l'adaptation aux changements climatiques suffira à la tâche. Qu'en est-il, aussi, de la protection des grands arbres? s'est demandé la mairesse.

Avec les informations de Danielle Kadjo et de Claudine Richard

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