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Variole du singe : Ottawa pourrait recourir à sa réserve de vaccins contre la variole

Howard Njoo s'adresse aux journalistes.

Santé Canada prend la variole du singe au sérieux, ont assuré vendredi le Dr Howard Njoo et la Dre Theresa Tam.

Photo : The Canadian Press / Justin Tang

RCI

Le vaccin contre la variole étant réputé efficace contre la variole du singe, la santé publique canadienne affirme qu’elle pourrait puiser dans ses réserves de vaccins pour tenter de contrer l’éclosion de variole simienne au pays, notamment au Québec, où cinq cas ont été confirmés jusqu'ici.

En conférence de presse vendredi, l’administratrice en chef de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam, a fait savoir que quelques dizaines de cas potentiels de variole simienne faisaient actuellement l'objet d'une enquête au Canada.

Ces cas proviennent surtout du Québec, mais plusieurs contacts en Colombie-Britannique sont également surveillés de près.

Aussi, les Canadiens devraient s'attendre à voir plus de cas de variole du singe dans les prochains jours, a prévenu la Dre Tam.

Caractérisée par de la fièvre, des maux de tête, mais surtout l’apparition de pustules sur le corps, la variole du singe peut être contractée par un échange de liquides organiques ou encore par l’absorption de gouttelettes. Présente dans 11 pays d'Afrique, où elle est endémique, la maladie se guérit généralement d’elle-même.

Pour l'heure, tous les cas de cette maladie sont validés au laboratoire national de microbiologie, situé à Winnipeg. Toutefois, des discussions sont en cours avec d'autres laboratoires afin d'augmenter la capacité de diagnostic du pays, a fait savoir la Dre Tam.

Nous ne connaissons pas vraiment l'étendue de la propagation survenue au Canada, a admis l’administratrice en chef de la santé publique. Ce que nous savons, en revanche, c'est que peu de ces personnes sont reliées à des voyages en Afrique.

La Dre Tam évalue qu'à ce stade, le risque global pour la population est faible. Les chercheurs travaillent néanmoins d'arrache-pied afin de déterminer pourquoi la variole du singe semble être en circulation ici au Canada et ailleurs dans le monde occidental – ce qui est, selon elle, pour le moins inhabituel.

Les deux premiers cas canadiens d'orthopoxvirose simienne (nouvelle fenêtre) (monkeypox, en anglais) ont été confirmés jeudi par Québec. Trois autres se sont ajoutés depuis, a fait savoir vendredi soir le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) sur Twitter.

Radio-Canada avait d'abord révélé mercredi que 13 cas potentiels de variole du singe étaient en cours d’examen à Montréal (nouvelle fenêtre) et que tous les patients en question avaient été vus à L'Actuel, à L'Agora et à La Licorne, trois cliniques médicales où on diagnostique des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS).

Un stock limité de vaccins

Par ailleurs, on sait que le vaccin contre la variole classique montre un taux d’efficacité assez élevé contre la variole simienne. C’est pourquoi certains pays occidentaux où la maladie a été détectée ont commencé à faire des réserves.

Questionné sur l’état des stocks au Canada, le Dr Howard Njoo, sous-administrateur en chef de la santé publique, a expliqué que, dans l’immédiat, le pays ne dispose que d’un nombre limité de doses, la vaccination contre la variole ayant cessé en 1971.

La variole est une maladie éradiquée depuis 1980, a-t-il rappelé [mais] il reste peut-être des échantillons dans des laboratoires qui pourraient un jour provoquer un événement épidémiologique impliquant la variole. C’est pourquoi plusieurs pays, incluant le Canada, ont une certaine quantité de doses de vaccin contre cette maladie.

Pour l'instant, on a quelques doses [en banque] et on est toujours prêts. On discute avec le Québec pour une possible utilisation.
Une citation de Dr Howard Njoo, sous-administrateur en chef de la santé publique du Canada

Impossible, toutefois, de connaître le nombre de doses dont le pays dispose, l'information étant protégée pour une question de sécurité, a indiqué la Dre Tam.

Rappelant que le vaccin contre la variole n’a pas été conçu à l’origine contre la variole du singe, le Dr Njoo a prévenu que des efforts devront être déployés au Canada et ailleurs dans le monde pour mettre à jour les lignes directrices concernant l’utilisation de ce vaccin contre une autre maladie que celle pour laquelle il a été conçu.

Le reportage de Sébastien Desrosiers

À l'échelle de la planète, 80 cas confirmés et une cinquantaine de cas suspects ont été recensés jusqu'à maintenant par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui avait organisé une réunion d'urgence pour faire le point sur cette maladie, vendredi.

Bien que la variole du singe puisse être fortement incommodante, celle-ci n'a pas fait de victime jusqu'à maintenant. Les analyses réalisées laissent entendre que les cas signalés jusqu'ici sont tous issus d'une souche plutôt bénigne du virus, dont le taux de mortalité tourne autour de 1 %.

La plupart de cas sont survenus chez des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. D'ailleurs, un sauna de Madrid, soupçonné d'être un foyer d'infection, a été contraint de fermer ses portes, ont confirmé vendredi soir à l'AFP les autorités sanitaires locales.

Dans une déclaration diffusée vendredi, l'Organisation mondiale de la santé souligne la nécessité d'éviter de stigmatiser qui que ce soit à cause du virus. Une telle désapprobation peut être un obstacle à la fin d'une épidémie, car elle peut dissuader les gens de demander des soins et entraîner une propagation non détectée.

Outre le Canada et l'Espagne, neuf autres pays ont signalé des cas confirmés ou suspects de variole du singe : le Royaume-Uni, le Portugal, l'Allemagne, la France, l'Italie, la Suède, la Belgique, les États-Unis et l'Australie.

Avec les informations de CBC et La Presse canadienne.

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