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« C’est l’enfer » dans le Donbass, déplore Zelensky

Une femme, Klaudia Pushnir, 88 ans, se prend la tête dans les mains, en pleurant, dans un sous-sol.

Les autorités ukrainiennes estiment que quelque 15 000 civils vivent encore à Sievierodonetsk, où ils se réfugient dans des sous-sols et des souterrains.

Photo : Getty Images / AFP / YASUYOSHI CHIBA

RCI

« C’est l’enfer » dans le Donbass, qui est « complètement détruit », a déploré dans un message vidéo diffusé dans la nuit de jeudi à vendredi le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Les troupes russes y ont de nouveau intensifié leurs efforts vendredi, surtout à Sievierodonetsk, où plusieurs civils seraient morts.

Les Russes ont continué leur assaut sur Sievierodonetsk vendredi, au point où il serait devenu impossible de connaître le nombre exact de victimes. « L'armée russe a entamé une destruction de grande ampleur de Sievierodonetsk, a déclaré le gouverneur de la région de Louhansk, Sergueiï Gaïdaï, sur Telegram. « L'intensité des bombardements a doublé, [les Russes] pilonnent les quartiers résidentiels pour les détruire maison par maison. »

Jeudi, les autorités ukrainiennes avaient déclaré que douze civils avaient été tués à Sievierodonetsk et 40 autres blessés par les forces russes, qui y ont multiplié les bombardements dans les derniers jours.

Nous ne savons pas combien il y a de victimes, car il est tout simplement impossible d'aller vérifier dans chaque appartement.
Une citation de Sergueiï Gaïdaï, gouverneur de la région du Louhansk
Un bâtiment détruit à Sievierodonetsk.

Les Russes auraient détruit 70 % des résidences de Sievierodonetsk, selon le gouverneur régional.

Photo : Getty Images / AFP/YASUYOSHI CHIBA

Des troupes russes auraient ouvert le feu vendredi sur une école de Sievierodonetsk, où plus de 200 personnes se réfugient, dont des enfants, selon Sergeiï Gaïdaï. Trois adultes seraient morts, a-t-il ajouté. Aucun média n'a cependant été en mesure de confirmer ces informations pour l'instant.

Il resterait environ 15 000 civils dans cette ville qui comptait plus de 100 000 habitants avant la guerre, estime son chef de l’administration militaire, Oleksandr Striuk. Ils vivent dans des abris et des sous-sols et, depuis une semaine, seraient sans électricité, sans Internet, sans moyens de communication.

« Environ 70 % du parc immobilier de la ville a été détruit », a estimé Sergueiï Gaïdaï sur Telegram. Cela représente 11 000 maisons, dont 3000 sont des immeubles de logements, a-t-il ajouté.

La destruction méthodique des villes, qui vise à priver leurs défenseurs d'abris jusqu'à ce qu'ils soient contraints de s'en retirer, est la tactique utilisée par la Russie depuis le début de la bataille du Donbass.

Une femme prépare un feu à l'extérieur pour se faire à manger.

Sans électricité, les derniers civils de Sievierodonetsk doivent se débrouiller avec ce qu'ils ont pour se faire à manger et se réchauffer.

Photo : Getty Images / YASUYOSHI CHIBA

Plus tôt, le ministre russe de la Défense déclarait que la Russie avait presque terminé la libération de la République autoproclamée de Louhansk, à une soixantaine de kilomètres de la frontière.

Si l'Ukraine admet que les Russes avancent dans l'Est, elle assure que les troupes ukrainiennes tiennent le coup. L’attaque sur Sievierodonetsk a échoué. Les Russes ont subi des pertes de personnel et se sont repliés, a déclaré Sergueiï Gaïdaï.

Une vidéo publiée par la Garde nationale ukrainienne la montre d’ailleurs faisant exploser un pont, qui serait celui reliant Sievierodonetsk à Roubijne, afin de ralentir l’avancée des troupes russes dans la région. Aucun média n’a toutefois pu vérifier l’origine et l’authenticité de la vidéo.

Une capture d'écran d'une vidéo montrant le pont qui explose d'une vue aérienne.

Les autorités ukrainiennes assurent avoir fait exploser ce pont qui relie Sievierodonetsk à Roubijne pour freiner l'avancée des Russes dans le Donbass.

Photo : Reuters / UKRAINE NATIONAL GUARD

La ville de Sievierodonetsk est stratégiquement importante pour la Russie, parce que la contrôler lui permettrait de se diriger vers l’Ouest et de rejoindre les troupes russes au sud-est d’Izyum.

Elle est également une des dernières poches de résistance de la région, avec Lyssytchansk, à une dizaine de kilomètres, aussi le théâtre de combats intenses depuis jeudi. La prise de ces deux villes permettrait donc à Moscou de revendiquer le contrôle total de la province et de la placer sous l'autorité de la République populaire de Louhansk.

Le missile, le nez dans le sol.

Un missile a atterri sans exploser devant une garderie de Lyssytchansk où sept personnes se réfugient dans le sous-sol depuis deux mois.

Photo : Getty Images / AFP/YASUYOSHI CHIBA

Cette intensification des attaques russes n’a aucune explication militaire, a réagi dans son allocution quotidienne Volodymyr Zelensky.

C’est une tentative délibérée et criminelle de tuer le plus d’Ukrainiens possible. De détruire le plus de maisons, d’installations sociales et d’entreprises possible.
Une citation de Volodymyr Zelensky, président ukrainien
Notre         dossier Guerre en Ukraine

Vendredi après-midi, à Lozova, à 150 km au sud de Kharkiv, au moins sept personnes, dont un enfant de 11 ans, ont été blessées dans une puissante frappe de missile russe sur un centre culturel fraîchement reconstruit, a annoncé Zelensky sur Telegram.

Le président ukrainien a accompagné son message d'une vidéo montrant une puissante explosion pulvérisant le bâtiment dans un panache de fumée, tandis que deux voitures passaient à proximité, l'une tentant ensuite de fuir la zone.Selon le porte-parole du ministère ukrainien de la Défense, Oleksandre Motouzianyk, la situation sur le front reste tendue vendredi et montre des signes d'aggravation.

Les forces d'occupation russes mènent des tirs intenses tout le long de la ligne de contact et tentent de frapper à l'artillerie profondément dans les défenses des troupes ukrainiennes.
Une citation de Oleksandre Motouzianyk, porte-parole du ministère ukrainien de la Défense
Une capture d'écran d'une vidéo montrant le moment où le missile frappe le centre culturel de Lozova.

La Russie aurait bombardé le centre culturel de Lozova, où des civils se réfugiaient.

Photo : Reuters / STATE EMERGENCY SERVICE OF UKRAI

Les derniers défenseurs d'Azovstal cessent de combattre

Vendredi matin à Marioupol, les derniers combattants retranchés dans l’usine d’Azovstal ont reçu l’ordre de Kiev d’arrêter de se battre, a déclaré Denys Prokopenko, commandant du régiment d’Azov, dans une vidéo publiée sur Telegram.

Les autorités militaires ont donné l’ordre de sauver des vies, de préserver le bien-être des militaires et de cesser de défendre la ville.

Des combattants ukrainiens.

Des militaires ukrainiens à bord d’un bus après avoir quitté l'aciérie Azovstal vendredi.

Photo : Associated Press

La Russie a affirmé de son côté avoir entièrement libéré l'usine après la reddition des derniers soldats ukrainiens présents sur place.

Depuis le 16 mai, 2439 nazis du [régiment] Azov et militaires ukrainiens bloqués dans l'usine se sont rendus. Aujourd'hui, 20 mai, le dernier groupe composé de 531 combattants s'est rendu, a précisé le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov, dans un communiqué publié sur Telegram.

Selon Kiev, 90 % de la ville de Marioupol aurait été détruit et au moins 20 000 personnes y auraient péri depuis le début des combats.

Des combattants, dans les souterrains d'Azovstal, devant un drapeau ukrainien.

Les derniers combattants retranchés dans l'usine d'Azovstal ont cessé les combats vendredi, à la demande de Kiev, qui désire « sauver des vies ».

Photo : Reuters / DMYTRO OREST KOZATSKYI/AZOV REGI

La fin des combats à Marioupol pourrait permettre à plusieurs troupes russes de rejoindre celles qui combattent dans le Donbass et d’y intensifier encore les offensives.

Une fois que la Russie aura sécurisé Marioupol, il est probable qu'elle déplacera ses forces pour renforcer les opérations dans le Donbass, a déclaré le gouvernement britannique.

Mais ces unités doivent être rééquipées et remises en état avant de pouvoir être redéployées efficacement alors même que le commandement russe est sous pression pour obtenir des résultats, analyse la même source. La Russie va probablement redéployer ses forces rapidement sans préparation adéquate, ce qui risque d'encore augmenter leur usure.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, BBC et CNN.

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