1. Accueil
  2. Société
  3. Forces de l'ordre

Un simulateur dernier cri pour mieux préparer les policiers aux situations risquées

Un homme et une femme utilisent un simulateur du SPVM.

Le reporter Pascal Robidas (à droite) a composé un duo avec Frédérique Giguère (à gauche), du Journal de Montréal, pour tester le nouveau simulateur de situations à risque du SPVM.

Photo : Gracieuseté

Pascal Robidas
Pascal Robidas

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) vient de faire l’acquisition d’un simulateur unique au Canada pour mieux préparer ses quelque 2800 patrouilleurs à faire face à des situations dangereuses. Parmi les premiers à tester le produit : les membres des médias.

Un appel à la centrale 911 vient de signaler aux policiers un homme perturbé dans un parc urbain. Deux passants s’inquiètent de sa présence et disent craindre qu’il blesse quelqu’un. Ce sont eux qui accueillent les policiers en les aidant à le localiser.

L’homme est tourmenté et agressif. À ses côtés, un chien tout aussi hargneux, mais encore en laisse, attaché à une table de pique-nique.

À la vue des policiers, l'homme brandit une arme blanche et crie des injures. Visiblement, il est encore plus agité et fâché. Les deux agents tentent de le calmer.

Après plusieurs tentatives, il lâche enfin son couteau… pour mieux détacher son chien, qui charge l’un des deux policiers.

En trois secondes, son partenaire dégaine et ouvre le feu à trois reprises vers l’animal, l’atteignant mortellement par balles.

Simulateur de tir V-300 de VirTra.

Le simulateur de tir V-300 de VirTra est le premier simulateur d’armes légères à 300 degrés destiné aux forces de l’ordre.

Photo : Radio-Canada

Heureusement, ce scénario, c’est celui qu’ont vécu des journalistes de Radio-Canada et du Journal de Montréal, jumelés pour l’exercice dans le V-300 de Virtra, le premier simulateur de tir à 300 degrés. Il n'y a qu'un de ces appareils au Canada et il se trouve à Montréal depuis le 25 avril.

Était-ce la bonne décision d’abattre l’animal? L'apprenti policier qui a ouvert le feu, c’est l’auteur de ces lignes. Et sa partenaire qui risquait de subir des morsures majeures, c’était Frédérique Giguère, du Journal.

Une menace qui se trouve à une dizaine de mètres, comme dans le scénario, peut vous atteindre physiquement en une seconde et demie. C’est le temps que vous aurez pour sortir votre poivre de Cayenne, votre arme de service ou encore le pistolet à décharge électrique.
Une citation de Pierre-Yves Lecompte, instructeur
Un commandant et un instructeur du SPVM lors d'une formation sur un simulateur de tir.

Le commandant Salvatore Serrao explique le modèle de l’emploi de la force pour désamorcer une situation de crise où la vie est menacée.

Photo : Radio-Canada / Pascal Robidas

Dans chaque intervention, vous avez la mission de protéger la vie. Ça implique celle du public, de la personne qui est menaçante et la vôtre. Dans le modèle d’usage de la force, l’évaluation du risque doit être en évolution. Le statu quo n’existe pas, lance le commandant Salvatore Serrao en donnant une formation de l’emploi de la force en accéléré aux médias présents, soit Radio-Canada, TVA, Le Journal de Montréal, 98,5 FM, Le Devoir et CTV.

Dans une mise en situation, l’instructeur va écouter les interventions des participants et faire évoluer avec son ordinateur la situation de crise, selon les paroles et les décisions qui seront prises dans le feu de l’action.

Le pouvoir de la parole

Trois outils s’offrent aux participants pour mettre fin au scénario : la parole, le gaz irritant ou l’arme de service.

Parmi tous les scénarios, la communication est demeurée au cœur des priorités. La collègue du quotidien Le Devoir, Stéphanie Marin, est celle qui l'a utilisée le plus pour désamorcer une situation dangereuse.

Monsieur, calmez-vous et dites-moi ce que je peux faire pour vous aider. S'il vous plaît, calmez-vous pour que l’on puisse se comprendre, a-t-elle articulé dans le chaos.

Des journalistes testent le simulateur du SPVM.

Les journalistes Stéphanie Marin (à gauche), du Devoir, et Kevin Crane (à droite), de TVA, tentent d’établir la communication avec une personne en crise dans un parc.

Photo : Radio-Canada / Pascal Robidas

Qu’il s’agisse d’un homme en détresse psychologique dans un hôpital ou d’un homme qui troublait l’ordre public dans un parc, la parole l’a amenée à des résolutions de crise plus calmes et ordonnées.

Ce qui va déterminer votre prise de décision, c’est la perception d’un événement. Tous vos scénarios se sont terminés différemment parce que vous avez vécu une même situation à travers votre perception personnelle, a expliqué le commandant Serrao.

La parole, c’est votre meilleure arme. Même si vous avez l’impression que le dialogue est difficile, bien des situations ont été maîtrisées parce que le policier était habile pour ramener un individu dans la réalité, a-t-il ajouté.

En louant l’appareil pour ses policiers, le SPVM avait pour objectif de répondre à des recommandations contenues dans les rapports du coroner sur les morts, notamment, d’Alain Magloire (nouvelle fenêtre) et de Pierre Coriolan (nouvelle fenêtre).

 Armes et équipement policiers sur une table.

L’emploi de la force est au centre des interventions analysées par des enquêteurs indépendants.

Photo : Radio-Canada / Pascal Robidas

On reprochait à l’organisation policière d’avoir des lacunes en matière de formation continue.

Cet outil-là va faire gagner des années d’expérience à nos policiers. On va pouvoir les mettre en présence de dizaines de scénarios au lieu d’attendre qu’ils les rencontrent après plusieurs années de service.
Une citation de Pierre-Yves Lecompte, instructeur

Le Service de police de la Ville de Montréal promet que les 2800 patrouilleurs sur le terrain auront à se soumettre à des scénarios dans le simulateur pour être mieux préparés à faire face à l’imprévisible.

Pascal Robidas
Pascal Robidas

À la une