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Kenney « tassé » parce que « pas assez extrême » pour plusieurs, juge Randy Boissonnault

Randy Boissonnault entouré de journalistes (19 mai 2022).

Randy Boissonnault a fait ces commentaires lors de son arrivée à une rencontre du Cabinet sur la colline du Parlement à Ottawa jeudi.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

La Presse canadienne

Le ministre fédéral Randy Boissonnault, qui est l'un des deux seuls députés libéraux de l'Alberta, juge que le mouvement conservateur au pays traverse « un moment vraiment sombre ». À son avis, le premier ministre albertain démissionnaire, Jason Kenney, est l'un des derniers conservateurs au pays à avoir dû payer le prix pour ne pas être « assez extrême ».

Il estime que c'est la raison pour laquelle Jason Kenney n'a pu recueillir le soutien que de 51,4 % des membres du Parti conservateur uni (PCU) dans un vote de confiance, ce qui l'a amené à remettre sa démission (nouvelle fenêtre) mercredi soir.

M. Kenney a été tassé de son parti parce qu'il n'est pas assez extrême. C'est ce qui s'est passé pour [Erin] O'Toole, et [Ed] Fast n'a plus son rôle de critique en matière de finances parce ce qu'il a critiqué M. Poilievre, a commenté Randy Boissonnault jeudi avant de se rendre à une réunion du conseil des ministres.

Celui qui est ministre du Tourisme et ministre associé aux Finances faisait ainsi un lien entre le cas de Jason Kenney et l'éviction d'Erin O'Toole (nouvelle fenêtre) comme chef du Parti conservateur du Canada (PCC), au début du mois de février, puisqu'il a été démis par les membres de son caucus.

Le parallèle s'étend aussi, croit M. Boissonneault, au fait que le député conservateur Ed Fast a démissionné (nouvelle fenêtre) de son poste de porte-parole en matière de finances mercredi soir, quelques heures après avoir critiqué les attaques répétées de Pierre Poilievre contre la Banque du Canada (nouvelle fenêtre).

Sans le nommer, Ed Fast a déploré que la promesse de celui qui est considéré comme le meneur dans la course à la chefferie du Parti conservateur du Canada de congédier le gouverneur de la banque centrale nuit à la crédibilité du parti.

M. Fast copréside la campagne d'un autre aspirant-chef, Jean Charest, mais avait précisé qu'il faisait ces commentaires en tant que porte-parole en matière de finances.

Les conservateurs sont entrés dans une place vraiment sombre, et c'est pour moi une question très préoccupante pour les personnes à travers le pays qui ont besoin que leurs politiciens travaillent sur les vraies choses, a dit Randy Boissonnault pour résumer sa pensée jeudi.

Appelé à expliquer comment il pouvait faire un tel diagnostic étant un libéral et ne faisant pas partie du mouvement conservateur, il a répondu qu'il se basait sur des informations qui circulent sur les réseaux sociaux et dans les médias.

Bien honnêtement, une bonne partie du [Parti conservateur uni] préférerait qu'il n'y ait pas de restrictions sanitaires du tout. Ils veulent le Far West, et M. Kenney penchait au centre, essayant de faire ce qu'il pouvait pour maintenir les gens en vie. Il n'en a pas fait assez pour les gens extrêmes, ni pour les progressistes, a-t-il dit.

Il a ajouté que la désinformation avait son rôle à jouer dans la frange extrême du conservatisme.

Quels commentaires insignifiants de la part d'un ministre du gouvernement libéral!. Randy Boissonnault devrait s'occuper de sa tâche de ministre et se mêler de ses affaires, a rétorqué le député conservateur Pierre Paul-Hus, dans une déclaration écrite transmise par courriel.

La députée albertaine Stephanie Kusie, interrogée en mêlée de presse sur d'éventuelles leçons à tirer du départ du premier ministre albertain pour le mouvement conservateur, de façon générale, a insisté sur les défis auxquels a successivement fait face M. Kenney.

Il a été placé dans une position intenable, a-t-elle dit en mentionnant qu'il était devenu premier ministre peu de temps après avoir uni les forces conservatrices albertaines et qu'il avait par la suite gouverné pendant la pandémie. Elle a ajouté que d'autres premiers ministres provinciaux ont traversé des moments difficiles.

Son collègue ontarien Michael Chong a pour sa part affirmé que les partis politiques conservateurs sont un reflet des Canadiens. Nous avons traversé deux années difficiles et il y a beaucoup de débats et de frustration. Je pense que cela se reflète simplement dans [...] nos partis et que c'est difficile pour les chefs [de formations politiques] de s'y retrouver, a-t-il dit.

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