1. Accueil
  2. Santé
  3. Maladie

Québec confirme deux cas de variole du singe, les premiers au Canada

Une vingtaine d'autres cas de « lésions ulcéreuses génitales » sont à l'étude, selon le MSSS.

Une image prise au microscope.

Une section de tissu cutané, récoltée à partir d'une lésion sur la peau d'un singe infecté par le virus.

Photo : Reuters / Centres pour le contrôle et la prévention des maladies

RCI

Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) confirme que l'orthopoxvirose simienne, aussi connue comme la variole du singe ou monkeypox en anglais, est bel et bien présente au Québec.

Les deux premiers cas ont été confirmés par des analyses en laboratoire, a fait savoir le ministère de la Santé et des Services sociaux jeudi soir par voie de communiqué. Une vingtaine d'autres cas de lésions ulcéreuses génitales sont présentement à l'étude, a-t-il ajouté.

La Direction régionale de santé publique (Direction régionale de santé publique) de Montréal avait de son côté indiqué en matinée que 17 cas suspects étaient actuellement à l'étude dans la métropole, soit quatre de plus que le chiffre révélé la veille par Radio-Canada (nouvelle fenêtre).

Tous les cas déclarés jusqu’ici touchent des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, souligne l'avis transmis par la direction régionale de santé publique aux professionnels de la santé de la métropole, jeudi.

Les hommes infectés présentent des lésions génitales et buccales inhabituelles et des symptômes systémiques légers survenant avant ou après l’apparition de l’éruption cutanée, mais – même si la variole du singe peut parfois se révéler mortelle – aucun cas sévère n’a été observé jusqu'ici.

Une maladie qui circule rapidement

Les premiers cas à Montréal ont été signalés le 12 mai dans des cliniques spécialisées dans les infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS). Les symptômes des premiers patients avaient commencé à faire leur apparition le 29 avril.

Une enquête épidémiologique a été lancée afin de suivre l'évolution de l'éclosion. Les médecins sont invités à signaler les cas suspects, même s'il ne s'agit pas d'une maladie à déclaration obligatoire.

Les gens qui présentent des symptômes devraient aussi contacter un médecin, a ajouté la Dre Mylène Drouin, directrice de la santé publique de Montréal, en conférence de presse.

Symptômes d'un cas de la variole du singe détecté aux États-Unis en juin 2003.

Les symptômes de la variole du singe incluent habituellement des lésions cutanées.

Photo : CDC

La variole du singe n’est pas une infection transmissible sexuellement et par le sang; elle se transmet principalement par des contacts prolongés et rapprochés avec une personne infectieuse. Sa contagiosité est donc considérée comme limitée par rapport à d'autres virus comme la grippe ou la COVID-19.

La période d'incubation varie de 5 à 21 jours. Toutefois, la contagiosité commence cinq jours avant les premiers symptômes, puis dure pendant toute la période de lésions cutanées, a expliqué la Dre Drouin, jeudi.

On n'a pas à paniquer à l'échelle populationnelle. On le voit clairement, ça prend des contacts étroits, donc en faisant votre épicerie, en prenant le métro, en faisant vos activités, il n'y a pas de risque actuellement.
Une citation de Mylène Drouin, directrice régionale de santé publique de Montréal

Les « contacts étroits » sont les personnes qui vivent avec un cas et les partenaires sexuels, a précisé la Dre Drouin. Les « contacts étroits » devraient être à l'affût de tout symptôme et consulter au besoin, mais ils n'ont pas besoin de s'isoler.

La variole du singe se manifeste généralement par de la fièvre, des maux de tête ou de dos, des douleurs musculaires, des ganglions lymphatiques enflés et des éruptions cutanées similaires à celles provoquées par la varicelle.

Il n'y a pas de traitement spécifique pour soigner cette maladie qui, de façon générale, se guérit spontanément. Mais au Royaume-Uni, on administre une dose du vaccin classique contre la variole à titre préventif.

Un virus inhabituel

Endémique en Afrique de l’Ouest, cette maladie est plutôt rare en Europe et en Amérique du Nord. Elle se transmet généralement au contact d’animaux infectés, mais elle peut aussi être propagée par les humains.

Or, des éclosions ont récemment été recensées au Royaume-Uni, en Espagne, au Portugal, en Suède, en Italie et en France.

Mercredi, un premier cas a également été détecté aux États-Unis par le département de la Santé publique du Massachusetts, qui a indiqué que l'homme en question avait récemment voyagé au Canada.

Ce citoyen américain, qui a voyagé en transport privé, pourrait avoir été infecté avant ou pendant sa visite à Montréal, au Québec, a indiqué par communiqué jeudi soir l'Agence de la santé publique du Canada, qui a aussi précisé que les deux cas confirmés par Québec étaient les premiers à être recensés au pays.

Christian Latreille en discute avec la Dre Sapha Barkati.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le premier cas de variole du singe hors de l'Afrique a été détecté au Royaume-Uni le 6 mai. La personne infectée revenait d'un voyage au Nigeria.

Les autorités britanniques ont indiqué par la suite que les cas récents [étaient] principalement des homosexuels, des bisexuels ou des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes.

Selon le Dr Robert Pilarski, fondateur de la clinique médicale La Licorne, à Montréal, l'apparition de la variole du singe dans un cercle restreint de personnes n'est qu'un concours de circonstances.

Comme la première personne, c'était un homme qui avait des relations avec des hommes, donc j'imagine qu'il a eu des contacts juste avec des hommes, d'où la propagation homosexuelle uniquement, s'explique-t-il. Mais si c'était une femme ou un homme hétérosexuel, ça aurait pu arriver.

Le virus ne choisit pas la race ni l'orientation sexuelle ou le sexe. Tout le monde peut être atteint de ce virus.
Une citation de Dr Robert Pilarski, fondateur de la clinique médicale La Licorne

La variole du singe est généralement bénigne, et la plupart des infections durent de deux à quatre semaines. Les infections par cette souche de la maladie sont fatales dans 1 % des cas, mais le taux de mortalité peut être plus élevé chez les personnes immunodéprimées.

Avec les informations de Normand Grondin et de La Presse canadienne

À la une