1. Accueil
  2. Politique
  3. Politique provinciale

« Je suis dévastée » : des partisans réagissent au départ de Jason Kenney

Le premier ministre de l'Alberta, Jason Kenney, lors d'une conférence de presse sur le financement d'un service d'ambulance par hélicoptère à Calgary, le vendredi 25 mars 2022.

Jason Kenney a souligné dans son discours de départ que 51 % des voix en sa faveur, ce n'était « pas adéquat pour qu'[il je continue en tant que chef ».

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

RCI

Chuchotements, surprise et un « non » s'élevant de la foule de partisans ont accueilli l’annonce de la démission de Jason Kenney à la tête du Parti conservateur uni, mercredi, après le dévoilement des résultats du vote de confiance à son égard à Calgary.

Même si le premier ministre de l'Alberta a remporté de justesse son vote de confiance avec 51,4 % des voix (nouvelle fenêtre), il a choisi de quitter son poste. Les résultats ne sont pas ce que j’espérais ni, franchement, ce à quoi je m’attendais, a-t-il déclaré.

De nombreux participants peinent à comprendre cette décision du chef démissionnaire du Parti conservateur uni, qui avait toujours affirmé durant la campagne qu'une simple majorité des voix lui suffirait.

Je suis dévastée, a dit Shirley McClellan à la sortie du hall où se tenait le rassemblement. Je suis profondément déçue, je suis déçue pour lui, je suis déçue pour notre province.

Même sentiment du côté de Jason Bamlett. Je ne suis pas politicien et je ne comprends pas vraiment le raisonnement derrière tout ça, a expliqué celui qui a voté en faveur de Jason Kenney dans cette saga politique (nouvelle fenêtre) qui l'opposait à l'aile droite de son parti, dont beaucoup de partisans de l'ancien parti Wildrose, fusionné au Parti progressiste-conservateur pour former le Parti conservateur uni (PCU), en 2017 (nouvelle fenêtre).

Je crois que tout le monde a été surpris [par cette annonce]. Je ne pensais pas qu’ils allaient tous nous rassembler ici pour de mauvaises nouvelles, a-t-il ajouté.

La véritable ampleur de la grogne enfin connue

Ce coup de théâtre n’a toutefois pas surpris Frédéric Boily, professeur de sciences politiques au Campus Saint-Jean de l'Université de l'Alberta. Avec les conservateurs unis, et les conservateurs tout court, en Alberta, on est habitué à de rocambolesques rebondissements.

Selon lui, le départ précipité de Jason Kenney prouve que certains ont sous-estimé la proportion de voix dissidentes au sein du PCU. C’est très divisé, et ça montre que l’opposition à Jason Kenney était plus forte qu’on pouvait le penser.

Le vote de confiance aura permis de clarifier les allégeances au sein de l’organisation politique, dit Frédéric Boily. On sait depuis un bon moment que des députés s’exprimaient contre Jason Kenney, mais il y avait toujours [de l’] ambiguïté à savoir [...] s’ils ne représentaient qu’eux-mêmes où s’ils représentaient davantage les membres.

Le choix de Jason Kenney de reconnaître l’ampleur du nombre de contestataires à la lumière des résultats a été salué par le membre du parti Jason Bamlett, même s’il a voté pour Jason Kenney.

Je crois que c’était la chose honorable à faire, car personne ne peut vraiment argumenter avec le fait que 51 % [d’approbation] ne sont pas suffisants pour un mandat, a-t-il précisé.

Les motifs profonds du départ de Jason Kenney ne regardent que lui, estiment les hautes instances du Parti conservateur uni. Je ne peux pas parler en son nom, a déclaré la secrétaire du Parti conservateur uni, Janis Nett. Les résultats sont les résultats, et nous devons aller de l’avant.

Départ d’une voix forte contre les libéraux fédéraux

Le premier ministre Justin Trudeau, dont les initiatives sur l’environnement et le transport du pétrole ont été vivement opposées par Jason Kenney, a brièvement commenté le départ de son homologue provincial sur Twitter.

M. Kenney a servi pendant de longues années sa communauté, sa province, son pays. Je lui souhaite le meilleur pour les prochaines étapes.

Même son de cloche de la part du député libéral d’Edmonton-Centre et ministre fédéral du Tourisme, Randy Boissonault. On ne s’est pas entendu sur plein de choses, mais [...] il était très dévoué aux Albertains.

Il a toutefois révélé ses inquiétudes (nouvelle fenêtre) par rapport aux circonstances de la démission du premier ministre albertain. Je pense qu’il y a des choses très troublantes qui se passent dans les mouvements conservateurs à travers le pays, a-t-il dit.

D’après lui, les conservateurs modérés doivent se questionner sur l’avenir de cette tranche politique. Où est-ce que ce train s’en va et qu’est-ce qu’ils vont faire pour l’arrêter?

Aucune annonce n’a été encore faite par rapport au déclenchement d’une course à la chefferie du Parti conservateur uni ni à l'élection possible d'un chef intérimaire, qui deviendrait aussi premier ministre. Néanmoins, ces détails seront dévoilés très, prochainement, a affirmé Janis Nett.

Avec les informations de Julia Wong

À la une