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Le porte-parole conservateur qui a critiqué Poilievre quitte ses fonctions

Le député Ed Fast, debout lors d'une période de questions à la Chambre des communes, les deux pouces pointés vers le bas.

Ed Fast a jugé que les commentaires du député et candidat à la chefferie Pierre Poilievre à propos de la Banque du Canada nuisaient à la crédibilité du parti.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

RCI

Ed Fast abandonne ses fonctions de porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances, a annoncé mercredi le Parti conservateur du Canada (PCC).

Dans un communiqué, la cheffe conservatrice par intérim, Candice Bergen, a déclaré que le député d'Abbotsford l'avait informée de son intention de quitter son poste.

Ed Fast est coprésident national de la campagne à la direction des conservateurs de l'ancien premier ministre du Québec, Jean Charest.

Ed a publiquement déclaré son soutien à un des candidats à la direction du Parti conservateur du Canada et aimerait pouvoir offrir un soutien plus dévoué à cette équipe, a déclaré Mme Bergen.

Je tiens à remercier Ed pour ses nombreuses années de service au sein de notre parti et de notre caucus. Même s'il ne servira pas à titre officiel, je sais qu'Ed continuera à être un membre apprécié de notre équipe et de notre caucus.

Cette décision survient alors que le député d'Abbotsford avait critiqué sévèrement, quelques heures plus tôt, le meneur de la course actuelle à la direction du parti, Pierre Poilievre, en raison de la prise de position de celui-ci contre la Banque du Canada.

En proposant la semaine dernière de renvoyer le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, à cause du taux d'inflation au pays, le député de Carleton a nui à la crédibilité du parti sur les questions économiques, avait déclaré M. Fast, précisant qu'il s'exprimait en tant que porte-parole en matière de finances.

M. Fast s'était dit profondément troublé par le fait que le candidat à la direction était prêt à s'immiscer dans l'indépendance essentielle d'une des principales institutions monétaires du pays.

La banque centrale nous a bien servis, quoique imparfaitement, au fil des ans, mais elle nous a aidés à maîtriser l'inflation, a-t-il dit. Les banques centrales du monde entier ont dû affronter les mêmes problèmes que notre banque centrale et je pense qu'il est imprudent d'attaquer le gouverneur de la banque centrale alors qu'en fait, le véritable problème, ce sont les emprunts et les dépenses du gouvernement fédéral.

Nous perdons une certaine crédibilité lorsque nous faisons cela. Il est juste de poser des questions, d'exiger des solutions à la flambée du coût de la vie. Mais nous devons également respecter les institutions qui ont obtenu l'indépendance nécessaire pour s'assurer qu'elles fonctionnent en dehors des ingérences politiques.
Une citation de Ed Fast, député conservateur d'Abbotsford

Le Parti conservateur avait par la suite refusé de répondre aux demandes de La Presse canadienne afin de clarifier si Ed Fast parlait effectivement au nom de la formation, comme il le prétendait.

La semaine dernière, lors du premier débat officiel de la course à la direction du PCC, Pierre Poilievre avait lancé un pavé dans la mare en annonçant qu'il licencierait le gouverneur de la banque centrale (nouvelle fenêtre) parce que le taux d'inflation au pays atteint des sommets jamais vus depuis des décennies.

Mercredi encore, Statistique Canada annonçait que son indice des prix à la consommation avait continué de croître en avril, l'inflation ayant augmenté de 6,8 % par rapport à il y a un an (nouvelle fenêtre). Il s'agit de la plus forte inflation depuis janvier 1991, où elle s'était établie à 6,9 %.

En entrevue à Radio-Canada, Ed Fast a soutenu que c'était sa décision de quitter son poste. La situation devenait difficile. En tant que critique aux finances, je participe aux différents comités qui étudient les questions entourant la Banque du Canada, la cryptomonnaie et la politique monétaire. J’ai fait des commentaires dans le passé et, ce matin, des partisans de Pierre Poilievre en ont pris ombrage, a-t-il indiqué.

Vous pouvez maintenant vous attendre à ce que je prenne d’avantage de position publique en relation avec le camp Charest, a ajouté M. Fast.

Le principal intéressé réagit

Dans une déclaration écrite transmise à La Presse canadienne avant l'annonce de la cheffe intérimaire, Pierre Poilievre avait réitéré que le gouverneur de la Banque du Canada avait échoué dans sa mission de maintenir l'inflation à 2 %, préférant imprimer de l'argent pour que Trudeau le dépense.

Le candidat s'en était également pris à Ed Fast en soulignant à grands traits son soutien à Jean Charest.

Ed Fast et Jean Charest n'hésiteraient pas à congédier une serveuse ou un soudeur si ceux-ci n'avaient pas bien fait leur travail, avait-il ajouté. Mais ils ne feront pas la même chose avec un grand banquier dont les échecs ont coûté une fortune aux Canadiens.

Le lendemain du débat, les commentaires de Pierre Poilievre avaient amené le premier ministre Justin Trudeau à défendre l'indépendance de la Banque du Canada (nouvelle fenêtre).

Cette institution est hautement réputée à l'international, avait-il insisté en vantant la rigueur, le professionnalisme et l'indépendance des machinations politiques de la Banque du Canada.

Avec des informations de Christian Noël

Avec les informations de La Presse canadienne.

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