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Voici comment un médecin et une perceuse ont sauvé la vie d’un adolescent

Une cicatrice en forme de croissant au-dessus de l'oreille du garçon.

Taylor Jackson a une cicatrice à la tête depuis son accident de vélo et les interventions chirurgicales subis en 2010.

Photo : Gracieuseté : Taylor Jackson

RCI

Le Dr Paul Patey, à Terre-Neuve-et-Labrador, voyait bien que le jeune blessé qu’il accompagnait en ambulance en direction de Saint-Jean allait mourir à moins qu’il réussisse à soulager la pression exercée sur son cerveau par une accumulation de sang.

Le médecin explique qu’il disposait d’un scalpel et d’une perceuse empruntée d’un employé du centre de santé communautaire de Whitbourne. Il a demandé à l’ambulancier de s’arrêter, il a foré un trou dans la boîte crânienne du jeune de 15 ans, ce qui a permis au sang caillé de sortir comme une sauce de canneberges.

L’adolescent, Taylor Jackson, a survécu. Le résident de Marystown est aujourd’hui âgé de 27 ans et il élève deux garçons avec son épouse.

La famille rassemblée en plein air.

Taylor Jackson en compagnie de sa femme et de leurs deux garçons, âgés de 4 ans et de 8 ans.

Photo : Radio-Canada / Jeremy Eaton

L’accident remonte au 16 juillet 2010, relate Taylor Jackson. Il rentrait à vélo d’une partie de balle molle sans porter de casque. L’accident s’est produit lorsqu’il descendait une pente. Sous le choc, il est passé par-dessus les guidons et s’est heurté à une pierre.

Taylor Jackson affirme qu’il souffrait d’une fracture du crâne. Malgré la douleur, il a réussi à se relever et à pédaler jusqu’à la maison de sa tante, où il a perdu connaissance. Sa grand-mère l’a rapidement transporté à la clinique de Whitbourne. Il dit qu’il a repris connaissance deux semaines plus tard avec une plaque dans la boîte crânienne.

Opéré en cours de route

Le Dr Patey était déjà à la retraite depuis quelques années lorsque, ce jour-là, il remplaçait un collègue à Whitbourne. Dès le premier coup d'œil, il a constaté que l’état de l'adolescent était catastrophique.

Le garçon avait besoin de toute une équipe médicale. Le médecin a rapidement pris un scalpel, emprunté une perceuse et quelques mèches et ils sont partis en ambulance en direction de l’hôpital Janeway pour enfants, à Saint-Jean, à environ une heure de route.

Il tient l'outil dans une main.

Le Dr Paul Patey a toujours la perceuse utilisée pour sauver la vie de Taylor Jackson.

Photo : Radio-Canada / Jeremy Eaton

Il a effectué l’opération d’urgence sur le plancher de l’ambulance avec l’aide d’une infirmière et de l’ambulancier. Il n’a fallu qu’une courte pression sur la gâchette de l’outil pour forer le trou nécessaire.

La pression du sang sur le cerveau de l’adolescent diminuait, mais il saignait beaucoup, précise le Dr Patey. Ils ont toutefois pu arriver à temps à l’hôpital pour que Taylor Jackson soit sauvé.

M. Jackson dit être reconnaissant envers toutes les personnes qui l’ont aidé, le Dr Patey en particulier.

Portez un casque pour l’amour de la vie

Taylor Jackson a dû réapprendre à parler et à marcher. De nos jours, il travaille, il joue au hockey et il conduit un véhicule tout-terrain, toujours en portant un casque. Ses garçons aussi portent toujours un casque en vélo.

Paul Patey interviewé à l'extérieur.

Le Dr Paul Patey s'accorde peu de mérite pour cette opération d'urgence, il félicite plutôt l'infirmière et l'ambulancier ainsi que le personnel de l'hôpital Janeway.

Photo : Radio-Canada / Jeremy Eaton

Certaines personnes ne portent pas le casque parce qu’elles croient que ce n’est pas cool, mais la cicatrice sur sa tête n’est pas cool non plus, explique M. Jackson, qui recommande à tous de porter le casque.

La volonté d'avoir une vie longue et heureuse est la meilleure raison pour porter un casque, ajoute le Dr Patey. Portez votre casque pour l’amour de la vie, non pour la peur de mourir, conclut le médecin.

D’après un reportage de Jeremy Eaton, de CBC

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