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37 % des jeunes étaient « tannés » d’utiliser les écrans durant la pandémie

Un adolescent regarde une tablette, allongé sur le sol du salon.

Un adolescent devant un écran

Photo : iStock

RCI

L’utilisation des écrans a changé chez les jeunes Montréalais depuis le début de la pandémie de COVID-19. Pour beaucoup d'entre eux, elle a considérablement augmenté, ce qui a nui à leurs résultats scolaires et à leur sommeil. Résultat : 37 % d’entre eux se sont même dits « tannés » des écrans.

C’est ce que révèle une étude de la Direction régionale de santé publique de Montréal (DRSP) effectuée aux mois d’avril et de mai 2021 auprès de 725 adolescents et publiée mercredi.

De cet échantillon de jeunes âgés entre 13 et 17 ans, sept sur dix affirment avoir beaucoup augmenté au moins un type d’utilisation des écrans, que ce soit la vidéo, les réseaux sociaux ou les jeux vidéo. Un sur quatre dit même avoir beaucoup augmenté trois types d’utilisation ou plus.

Durant la première année de pandémie, près de la moitié d’entre eux (44 %) ont passé plus de quatre heures par jour devant un écran en semaine. Cela exclut le temps passé devant un écran pour l'école et les travaux scolaires.

Parallèlement, la majorité des jeunes sondés (plus de 50 %) ont vu leur motivation scolaire et le nombre d’heures consacrées aux activités physiques diminuer durant la première année de pandémie.

Si plusieurs facteurs entrent en jeu, dont les différentes restrictions sanitaires pour lutter contre la COVID-19 (couvre-feu, école à la maison, contacts restreints à la bulle familiale), il semble malgré tout que l’utilisation intensive des écrans (5 heures et plus par jour) joue considérablement sur plusieurs variables de bien-être et de santé.

C'est-à-dire que les jeunes qui y consacrent 5 heures et plus par jour semblent plus affectés que les autres.

Les jeunes font eux-mêmes le lien entre des changements survenus dans leur vie et l’augmentation de l’utilisation des écrans. Certains impacts sont toutefois positifs.

Par exemple, l’utilisation des écrans leur a permis d’apprendre de nouvelles choses ou de rester en contact avec leurs proches, alors que les contacts étaient limités durant la première année de pandémie.

Par contre, plusieurs admettent aussi que cela a nui à leur sommeil et à leurs résultats scolaires.

L’augmentation a atteint un point où près de 40 % d’entre eux se sont même dits tannés de leurs écrans.

Encore une fois, la plupart de ces impacts sont considérablement plus ressentis chez les jeunes qui passent 5 heures et plus par jour devant les écrans.

Le contexte particulier de la pandémie

Le Direction régionale de santé publique de Montréal, responsable de l'étude, tient cependant à rappeler le contexte particulier dans lequel l'étude a été menée, soit durant la troisième vague de COVID-19 au Québec, alors que la population montréalaise était soumise à un couvre-feu, que l'école se faisait à la maison et que les contacts sociaux sociaux étaient restreints à la bulle familiale.

Non seulement « l’absence d’alternatives et d’espaces d’interactions en personne encourage [...] une utilisation accrue des écrans », mais « le contexte restrictif de la pandémie génère [...] un stress inusité dans la population adolescente ».

« Nos données reflètent en quelque sorte l’influence marquée de ce contexte sur les habitudes numériques, peut-on lire dans le rapport. Nous proposons de porter un regard nuancé sur les résultats puisque les processus normaux d’adaptation en période de crise s’accompagnent parfois de détresse psychologique ou d’anxiété, sans que celles-ci ne représentent pour autant un trouble clinique de santé mentale. »

Le Direction régionale de santé publique de Montréal souligne également que les seuls liens de causalité qui peuvent ressortir de l'étude sont ceux autodéclarés par les jeunes, comme le manque de sommeil et les impacts négatifs sur les résultats scolaires.

Utiliser des écrans « faute de mieux »

Par ailleurs, les auteurs de l'étude estiment le fait que 37 % des jeunes sont « tannés » de leurs écrans est significatif. « Cette donnée est intéressante et suggère que, pour plusieurs, le retour des activités et des rencontres en personne pourrait possiblement amener une réduction du temps-écran.

En fait, il appert que, pour certains, le recours plus fréquent aux écrans lors de la pandémie se fait parfois faute de mieux.
Une citation de Extrait du rapport du DRSP

Ainsi, l'étude ne permet pas nécessairement de poser des conclusions sur l'utilisation à long terme des écrans chez les jeunes.

Elle permet cependant ceci : « Dans une perspective de santé publique, les résultats confortent l’idée de considérer les comportements liés aux technologies de l'information et des communications comme un déterminant de la santé des populations ».

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