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Débat en français : l’éducation et le commissariat retiennent l’attention

Caroline Mulroney, France Gélinas, Cara Des Granges et Amanda Simard sur le plateau du débat

Caroline Mulroney, ministre sortante, a été la cible d'attaques de France Gélinas, de Cara Des Granges et d'Amanda Simard.

Photo : Radio-Canada

Pascale Bréniel

Des candidates des quatre principaux partis ontariens ont croisé le fer mardi soir dans un débat centré notamment sur le rôle du commissaire aux services en français, les soins de santé, l'éducation postsecondaire et le coût de la vie.

Aucun des chefs des principaux partis ne maîtrise suffisamment le français pour participer à un débat.

Le débat organisé par Radio-Canada et TFO regroupait quatre candidates :

  • Caroline Mulroney, ministre sortante des Affaires francophones et candidate du Parti progressiste-conservateur
  • France Gélinas, députée sortante du Nouveau Parti démocratique (NPD)
  • Amanda Simard, députée sortante du Parti libéral
  • Cara Des Granges, candidate du Parti vert

Seule Mme Des Granges est une nouvelle venue.

Bonjour et merci

Trois des quatre chefs de parti ont fait l'effort d'enregistrer un mot de bienvenue en français. La néo-démocrate Andrea Horwath et le libéral Steven Del Duca en ont profité pour réitérer les promesses de leur parti qui visent les francophones.

Le chef du Parti vert, Mike Schreiner, a commencé dans un français incompréhensible avant d'expliquer en anglais que son intervention démontrait bien le besoin de mieux financer l'éducation en français.

Seul le progressiste-conservateur Doug Ford s'est contenté d'un bonjour et d'un merci et a rappelé en anglais des mesures et promesses de son gouvernement, dont la refonte de la Loi sur les services en français, avant d'ajouter que les francophones étaient un des meilleurs atouts de l'Ontario.

Une université francophone dans le Nord?

La perte de programmes en français dans le Nord à cause des difficultés financières de l'Université Laurentienne (nouvelle fenêtre) a amené une réponse similaire des trois partis d'opposition : ils appuient la création d'une université francophone, un projet porté par l'Université de Sudbury (nouvelle fenêtre).

Elle répond à une question lors du débat télévisé.

Amanda Simard, candidate libérale

Photo : Radio-Canada

La libérale Amanda Simard a soutenu que le gouvernement Ford connaissait les problèmes de la Laurentienne bien avant que l'établissement se place sous la protection de la Loi (nouvelle fenêtre) sur les arrangements avec les créanciers des compagnies, mais n'a rien fait.

Vous le saviez que les programmes en français allaient être coupés, que la Loi sur les services en français n’allait pas être respectée, a-t-elle affirmé. Et on a attendu le rapport de la commissaire [aux services en français] pour le savoir. Ça aurait dû être un signal.

Pour nous, ce qui s'est passé à la Laurentienne est un désastre, a lancé la néo-démocrate France Gélinas, qui représente une circonscription du Nord de la province.

Caroline Mulroney répond à une question lors du débat des candidats.

Caroline Mulroney, candidate progressiste-conservatrice, dit que le gouvernement Ford agit.

Photo : Radio-Canada

Caroline Mulroney a expliqué que le gouvernement avait acheminé le dossier de l'Université de Sudbury à la Commission d'évaluation de la qualité de l'éducation postsecondaire, pour déterminer si elle peut être autonome.

Mme Mulroney nous dit que le processus avance, mais l'Université de Sudbury a fait une demande de financement en bonne et due forme en octobre 2021 et n'a pas reçu un sou du gouvernement provincial, a répondu Mme Gélinas.

L'indépendance du commissaire

Les trois partis d'opposition s'engagent aussi à rendre son autonomie au commissaire aux services en français s'ils forment le gouvernement.

Les progressistes-conservateurs l'ont placé sous la responsabilité du Bureau de l'ombudsman (nouvelle fenêtre). Mme Mulroney a soutenu que le commissariat avait été intégré avec succès au Bureau de l'ombudsman avec tous les pouvoirs d'enquête qu'il avait auparavant. Elle estime que la commissaire actuelle fait son travail avec intégrité et mordant.

Elle explique son point de vue lors du débat.

France Gélinas, candidate du NPD

Photo : Radio-Canada

La grosse différence entre un Bureau de l'ombudsman et un commissaire indépendant aux services en français qui est un officier indépendant de l'Assemblée législative, ce sont les pouvoirs, a fait valoir Mme Gélinas, en expliquant qu'un commissaire indépendant peut entreprendre une enquête sans avoir à attendre qu'il y ait une plainte sur le sujet.

Elle répond à une question lors du débat en français.

Cara Des Granges, candidate du Parti vert

Photo : Radio-Canada

Cara Des Granges, du Parti vert, a aussi insisté sur l'importance de l'indépendance du commissaire.

Ce qu'on a vu avec le gouvernement Ford, c'est qu'il a vraiment peur des experts, a-t-elle déclaré, notant que le commissaire à l'environnement a été aboli par le gouvernement Ford [Dianne Saxe, ancienne commissaire, est chef adjointe et candidate du Parti vert, NDLR].

Un rendez-vous qui s’implante

Le débat francophone est en train de devenir une tradition. Ça, c’est une bonne chose, a dit Carol Jolin, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario.

Ça nous permet d’avoir une lentille francophone. Je pense que c’est essentiel, estime pour sa part Michel Tremblay, directeur de la Fédération des aînés et retraités francophones.

Les candidates sont côte à côte.

Les candidates Caroline Mulroney, France Gélinas, Cara Des Granges et Amanda Simard.

Photo : Radio-Canada

Il déplore cependant ce qu'il considère comme l’absence d’une politique sur le vieillissement dans les plateformes des partis. Il ne faut pas oublier que ce n’est pas tout le monde qui est malade, souligne-t-il. Il aurait aussi aimé que les candidates prennent des engagements fermes au sujet des services en français.

Selon Carol Jolin, les questions abordées au cours du débat étaient pertinentes, notamment l’éducation postsecondaire, l’immigration, les pénuries de personnel et l’inflation. Elles permettaient aux francophones d’entendre ce que proposent les partis et de se préparer à faire un choix.

Une élection, c’est toujours une belle occasion pour faire avancer des dossiers francophones, constate également M. Jolin, parce que les partis doivent prendre position, prendre des engagements. Et, une fois que le résultat sera là, nous, on ira voir le parti qui a gagné, pis on va lui rappeler les engagements qui ont été pris.

Avec les informations de Camille Gris-Roy

Pascale Bréniel

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