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L’immigration à la rescousse des usines de la Péninsule acadienne

Travailleurs d'usine.

Des travailleurs de l'usine Bolero à Saint-Simon dans la Péninsule acadienne transforment du crabe.

Photo : Radio-Canada

RCI

Une usine de Saint-Simon, près de Caraquet dans la Péninsule acadienne, emploie depuis plusieurs années des travailleurs étrangers temporaires. Elle n’a pas le choix, car elle doit pallier un manque de main-d'œuvre locale.

La compagnie Bolero Shellfish Processing emploie des travailleurs étrangers à son usine de transformation de produits de la mer depuis maintenant cinq ans.

Mais cette année, l'entreprise de Saint-Simon a dû en embaucher une cinquantaine, soit le double de l'an passé.

Serge Haché devant une usine de transformation de produits de la mer.

Serge Haché, directeur des opérations à l'usine Bolero Shellfish Processing de Saint-Simon, dans la Péninsule acadienne.

Photo : Radio-Canada / Mario Mercier

Le directeur des opérations de l'usine, Serge Haché, mentionne que le coût de cette main-d'œuvre est absorbé par l’entreprise.

Le mythe est que le gouvernement paie ça. Mais c’est totalement faux. Les employeurs, juste avec Services Canada, c'est rendu qu’on paie 1000$ par individu. Si tu as 50 employés, c’est 50 000 $ juste pour les dossiers.
Une citation de Serge Haché, directeur des opérations chez Bolero Shellfish Processing

Il faut aussi trouver un logement à ces employés une fois arrivés au pays. Des employeurs ont fait plusieurs acquisitions de bâtiments afin de les transformer en immeuble à logement pour ces travailleurs.

Une école transformée en logements

Bolero Shellfish Processing a pour sa part pris possession de l'ancienne école de Saint-Simon. L'édifice, qui est actuellement en chantier, deviendra éventuellement un immeuble à logement.

École.

Cette ancienne école est en voie d'être transformée en logement pour les travailleurs d'usine de la Péninsule acadienne.

Photo : Radio-Canada

Il y a plusieurs usines qui se sont approprié des maisons, des bâtiments, etc. pour faire des logements parce qu’on est déjà dans une crise de logements dans la Péninsule acadienne et un peu partout en province , poursuit Serge Haché.

Ils sont responsables de payer leur loyer, continue-t-il. On ne peut pas leur facturer des loyers plus élevés que la norme. Tout est supervisé par Services Canada. Il faut les traiter comme tous les locaux aussi. On ne peut pas les payer différemment des locaux.

Une belle expérience

Ces travailleurs étrangers sont embauchés pour des périodes de travail allant de six mois à une année et proviennent pour la plupart du Mexique.

Une usine de transformation de produits de la mer.

L'usine de transformation de produits de la mer Bolero Shellfish Processing de Saint-Simon, dans la Péninsule acadienne, embauche des travailleurs étrangers depuis plusieurs années.

Photo : Radio-Canada / Mario Mercier

C’est le cas de José Luis Serna Silva, qui entreprend sa cinquième année à l’usine de Saint-Simon et qui se dit sensible à l’accueil chaleureux des gens de la région.

Partout où je vais, s'ils savent que je viens d'un autre pays, ils me disent "Oh, bienvenue!" Je vis une belle expérience ici. Pour nous, les Mexicains, c’est vraiment facile de venir travailler ici, raconte le jeune homme de 27 ans.

Dans certaines situations, les entrepreneurs doivent composer avec les aléas des services d'immigrations.

Pourtant, l’industrie des pêches a un code d’emploi qui est prioritaire dans le programme d’Immigration Canada. Mais ça prend du temps effectivement. Et on n’est pas les seuls. Il y a d’autres usines qui ont des employés qui sont au Canada et qui ne peuvent pas travailler parce qu’ils n’ont pas encore reçu l'approbation d’Immigration Canada, soutient Serge Haché, directeur des opérations chez Bolero Shellfish Processing.

L’immigration, c’est l’avenir

Souvent sollicité pour des dossiers d'immigration qui traînent en longueur, le député fédéral d'Acadie-Bathurst, Serge Cormier, assure qu’il fait tout à son pouvoir pour faciliter le processus qui est très compliqué.

Serge Cormier au quai de Shippagan.

Serge Cormier, député libéral fédéral de la circonscription d'Acadie-Bathurst, reçoit souvent des appels pour de l'aide en lien avec des dossiers d'immigration.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

On nous demande pourquoi ça prend autant de temps pour obtenir un permis de travail ou une stabilité dans la région. On aide les entreprises à naviguer dans un système d’immigration compliqué, mais on fait des efforts pour le simplifier , assure-t-il.

Le député prévient par contre qu’il faut faire attention quand une entreprise fait venir des travailleurs étrangers au pays. Néanmoins, il croit que l’avenir de certaines communautés passe par l’immigration.

Il poursuit qu’il faut que ces personnes se sentent acceptées dans les communautés à travers divers gestes d’entraide et rappeler les bons coups de l’immigration pour la survie d’entreprises de transformation de produits de la mer parmi les plus importantes de la Péninsule acadienne.

Nous avons de l’éducation à faire. Ce n’est pas vrai qu’ils viennent voler des emplois dans nos entreprises. Des facteurs comme la population vieillissante et l’assurance-emploi contribuent à la pénurie de main-d'œuvre. Sans l’immigration, nos communautés vivront peut-être des temps difficiles.
Une citation de Serge Cormier, député fédéral d'Acadie-Bathurst

Avec la pénurie de journaliers dans la région et le vieillissement de la main-d'œuvre déjà en place, l’embauche de travailleurs étrangers est cruciale à la prospérité des usines de transformation dans la Péninsule acadienne.

Avec les informations du journaliste Mario Mercier

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